Lycées, cinémas, sports collectifs... tout ce qui change à partir du 22 juin en France

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"Lycées, cinémas, sports collectifs... tout ce qui change à partir du 22 juin en France"

Le déconfinement du printemps 2020 s'homogénéise ce 22 juin avec la reprise obligatoire de l'école, la réouverture des cinémas, des casinos et autre infrastructure publique. Dernières infos sur l'étape 3 du déconfinement.

[Mis à jour le 22 juin à 17h07] À partir du 22 juin, la France entame une nouvelle phase du déconfinement, en autorisant de nombreuses infrastructures publiques et culturelles à reprendre leur activité. Comme annoncé par Emmanuel Macron lors de son allocution du 14 juin, les Français vont "pouvoir retrouver le plaisir d'être ensemble, de reprendre pleinement le travail, mais aussi de [se] divertir, de [se] cultiver". Retour sur les évolutions à prendre en compte à partir de ce 22 juin :

Retour en classe obligatoire pour les collégiens et lycéens

Après presque quatre mois de cours à distance et de bataille entre parents et professeurs, l'école redevient obligatoire pour tous les élèves. Les règles de distanciation physique sont abolies dans les écoles maternelles et la distance d'un mètre sera conservée dans les écoles élémentaires et les collèges entre les élèves de différentes classes ou différents groupes.

Pour les lycées, qui ont déjà entamé une rentrée progressive dans les départements verts, la règle s'applique désormais partout. En indiquant que les lycées professionnels avaient déjà rouvert, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a précisé que les lycées généraux peuvent rouvrir avec "une grande marge de manœuvre pour les proviseurs (…) Les élèves peuvent être accueillis (…) avoir des cours en petit groupe".

Dans les crèches, le nombre de places réglementé pour accueillir des enfants est levé.

Les cinémas rouvrent partout en France

Étape particulièrement attendue pour le secteur, les salles de cinéma rouvrent leurs portes avec de nouvelles mesures sanitaires. Selon un guide publié par la Fédération nationale des cinémas français, le port du masque est recommandé dans les couloirs, mais pas dans les salles ; des distributeurs de gel hydro-alcoolique sont disponibles à l'entrée des salles ; les surfaces de contact telles que les rampes d'escalier et les toilettes sont nettoyées et désinfectées deux fois par jour au minimum. 
Mais Franck Riester rassure : "On peut s’asseoir ensemble quand on est dans le même groupe social, c'est-à-dire si on est des amis et on vient au cinéma ou au théâtre ensemble".

La jauge de remplissage de 50% des sièges pourra également être dépassée, a annoncé le 21 juin le ministre de la Culture.

Les casinos accueillent de nouveau les joueurs.

Les exploitants de casino avaient déjà rouvert leurs portes pour les seuls jeux électroniques. C'est désormais l'ensemble des salles de jeux qui rouvrent "dans le respect des règles sanitaires strictes", a souligné le communiqué du Conseil de défense et sécurité nationale réuni le 19 juin par Emmanuel Macron.

Feu vert aux centres de vacances 

Les centres ou colonie de vacances peuvent de nouveau accueillir de jeunes vacanciers dès ce 22 juin, dans tous les départements. Pour autant, ces réouvertures doivent s'organiser dans le "respect de la distanciation sociale et des gestes barrières", ce qui implique que de nombreux établissements devront limiter le nombre de pensionnaires et de jeunes participants aux activités de groupe.

Les sports collectifs de nouveau autorisés

Alors que les sportifs de plein air avaient pu reprendre leur activité dès le 11 mai, les sports collectifs étaient encore interdits jusqu'à ce 22 juin. Ils peuvent désormais reprendre, en plein air ou couverts, dès que les gestionnaires ou propriétaires des équipements sportifs "sont prêts", a précisé le ministère des Sports. Seuls exclus, les sports de combat restent interdits à ce stade, sauf pour la pratique de haut niveau.

Les frontières des pays européens rouvrent

Depuis le 21 juin, l'Espagne a rejoint la liste des pays qui ont rouvert leurs frontières aux voyageurs en provenant de l'Union européenne. L'Italie avait sauté le pas la première en ouvrant ses frontières le 3 juin, suivie de la Croatie et de la Pologne les 11 et 13 juin. Deux jours plus tard, l'Allemagne, la Belgique, la France et la Grèce ont levé leurs restrictions de voyage pour les ressortissants de l'Union, en les remplaçant par des recommandations individuelles.

En revanche, d'autres pays comme l'Autriche, la République tchèque, la Hongrie, la Bulgarie, la Slovaquie ou le Danemark ont choisi de n'ouvrir leurs frontières qu'aux voyageurs des pays frontaliers.

Les prochaines étapes du déconfinement à venir

La prochaine étape du déconfinement est prévue pour le 11 juillet, date à laquelle les stades et hippodromes pourront rouvrir. Les croisières fluviales devraient également être autorisées pour "les navires dont la capacité ne dépasse pas une limite fixée par arrêté ministériel", a précisé le cabinet d'Édouard Philippe.

La réouverture des foires, salons, boîtes de nuit et université doit en revanche être évaluée pour le mois de septembre, "sous réserve d'une nouvelle évaluation de la situation épidémiologique".

Les grands bouleversements du 2 juin

Depuis plus d'un mois, la France vit son grand déconfinement. Si le 2 juin, les Français ont retrouvé d'avantage de libertés avec une "phase deux" plus laxiste, de nombreux secteurs étaient encore contraints.Le 14 juin, le président de la République Emmanuel Macron s'est exprimé sur l'avenir et à annoncé plusieurs mesures, traçant les grandes lignes de la fin des règles établies pour le confinement. 

Dès le 15 juin : 

- le territoire est désormais tout vert, à l’exception de Mayotte et de la Guyane, où le virus circule encore activement.

- La reprise du travail va reprendre plus intensément

 - Tous les bars, restaurants et cafés rouvrent, y compris en Ile-de-France 

- Les visites dans les maisons de retraites sont autorisées 

- Le second tour des élections municipales est confirmé et aura donc lieu le 28 juin, comme prévu par le gouvernement depuis déjà quelques semaines.

- L'attestation employeur nécessaire pour emprunter les transports en commun aux heures de pointe en région parisienne ne devrait plus être nécessaire dès le 16 juin. Si Emmanuel Macron n'a pas évoqué cette mesure, le préfet de la région l'a annoncé lundi 15 juin. L'attestation nécessaire pour les déplacements de plus de 100 km a été supprimée pour sa part le mardi 2 juin. 

- Les déplacements dans les pays de l'Union européenne sont désormais autorisés.

- A partir du 22 juin, les crèches, les écoles et les collèges rouvriront de manière obligatoire pour tous les élèves, dans des "conditions normales". Les lycées ne sont pas concernés et poursuivent une reprise progressive. 

Dès le 1er juillet,"nous pourrons nous rendre dans les Etats hors d'Europe, où l'épidémie sera maîtrisée", annonce le président de la République. 

L'accélération du déconfinement depuis le 2 juin

Depuis le 2 juin, le gouvernement français a mis fin aux restrictions de déplacement et de consommation mises en place depuis le 16 mars.

Se déplacer à plus de 100 km

Mardi 2 juin met fin à la restriction des 100 km. Il est désormais possible de voyager en France et de se rendre à plus de 100km de chez-soi, en zone verte comme en zone orange.

Toutefois, les vols au départ ou à destination de la Corse et des départements et régions d'Outre-mer, restent  interdits sauf en cas de "motif impérieux d'ordre personnel ou familial". 

Prendre les transports en commun "normalement"

Les transports en commun retrouvent petit à petit leur fonctionnement normal. La SNCF, qui assurera "100% de son offre" à partir de la  "mi-juin" a annoncé que la restriction d'un siège sur deux occupé est levée dès le 2 juin. La règle du masque de protection imposé à "toute personne de onze ans ou plus" dans les moyens de transports publics est toujours en vigueur. En Ile-de-France, l'attestation de déplacement dans les transports en commun aux heures de pointe reste également obligatoire "au moins jusqu'au 22 juin". 

Profiter des bars et restaurants dans les zones vertes

Dès mardi 2 juin, les habitants de zone verte peuvent réinvestir les les bars, cafés et restaurants. Toutefois, il faut respecter des règles sanitaires très strictes: dix personnes maximum par table, un mètre au minimum entre chaque groupe, et consommation debout interdite pour les bars. 

Si les restaurateurs en zone orange ne sont toujours pas autorisé à accueillir la clientèle dans l'enceinte de leurs établissements, ils peuvent rouvrir leurs terrasses jusqu'à 22h ! A Paris, les bars, cafés et restaurants peuvent bénéficier d'un prolongement de leur terrasse sur l'espace public, les trottoirs, les places de stationnement ainsi que quelques rues fermées à la circulation

Dépenser 38 euros avec les titres restaurants

Pour soutenir les établissements en grande difficulté, le plafond des titres restaurant est élevé de 19 à 38 euros dès le 2 juin. Ils peuvent désormais aussi être utilisé les week-ends et jours fériés. 

Aller dans les jardins publics

Après de nombreuses discussions, les parcs et jardins rouvrent leurs grilles à compter du mardi 2 juin sur tout le territoire. Toutefois, il y a des "contraintes spécifiques dans les zones de vigilance orange", a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe, comme la limitation de regroupements à 10 personnes. 

Se rendre à la plage/près des lacs

Depuis le 11 mai, quelques plages avaient rouvert à la demande de préfets et d'habitants impatients de retrouver le bon air marin. À partir du 2 juin, l'ensemble des plages et des lacs du territoire français sont de nouveau accessibles aux Français, avec pique-nique et bronzette autorisés.

Visiter des monuments et des musées

La réouverture des musées et monuments nationaux est actée pour le 2 juin. En pratique, elle devrait être étalée sur un mois et demi en fonction des infrastructures. Si le château de Versailles rouvre ses portes le 6 juin, le musée d'Orsay ne prévoit pas d'accueillir des touristes avant le 23 juin. Idem pour le Centre Pompidou qui espère une réouverture pour le 1er juillet, et le musée du Louvre qui devrait ouvrir ses portes le 6 juillet. Les petits musées, eux, peuvent accueillir des visiteurs depuis le 11 mai.

Se rendre dans des salles de sport

Même si les sports collectifs restent interdits, il est possible à partir du 2 juin de pratiquer une activité sportive dans un endroit clos. Les salles de sport et les piscines peuvent de nouveau accueillir les adeptes, mais uniquement dans les territoires classés en zone verte. En revanche, les vestiaires et les douches ne sont pas toujours accessibles aux visiteurs.

Se rendre au théâtre ou à un spectacle

Dans les zones classées en vert, les salles de spectacle et les théâtres peuvent de nouveau accueillir le public. Un soulagement pour le secteur culturel, à l'agonie depuis la mi-mars. Les cinémas doivent en revanche attendre le 22 juin pour rouvrir leurs salles.

Se marier

À partir du 2 juin, les mariages peuvent être célébrés dans les mairies et lieux de cultes, en restant " extrêmement attentif à la distanciation physique et aux règles de densité ", a précisé Édouard Philippe le 28 mai. Toutefois, aucune indication n'a été faite sur l'organisation de rassemblement après les cérémonies.


Faire une réservation dans les hôtels

À partir du 2 juin, les campings rouvrent en France et les hôtels fermés pour des raisons économiques ou sanitaires depuis mars peuvent entrevoir une saison touristique avec des clients. Les colonies de vacances devront attendre la troisième phase du déconfinement pour accueillir les pensionnaires, à partir du 22 juin.

Télécharger l'application StopCovid

L'application développée à la demande du gouvernement est disponible au téléchargement dès le 2 juin à 12h. Basée sur l'outil Bluetooth (reconnaissance d'autres appareils à distances), le logiciel permet à son utilisateur d'être informé de possibles contacts avec des personnes qui ont contracté le Covid, et le cas échéant, de retracer le parcours de rencontre des personnes contaminées.

L'état revoit ses comptes sur le chômage partiel

À partir du 1er juin, l'Etat ne prendra plus en charge la totalité du chômage partiel. Les entreprises devront en payer 15 % de l'indemnisation des employés. Si l'employeur sera désormais rémunéré 60 % du salaire brut, contre 70 % auparavant, les salariés, eux, continueront à percevoir la totalité de leur salaire. "La mesure permet d'encourager la reprise d'activité dans les secteurs qui ne subissent plus de contraintes à la reprise, tout en préservant les secteurs qui demeurent fermés ou très impactés par les mesures sanitaires, et en garantissant le même niveau d'indemnisation pour salariés", a déclaré le ministère du Travail. Invité sur BFM TV le 25 mai, Bruno Le Maire a expliqué que pour les secteurs dont l'activité n'est pas encore repartie, tel que celui de la restauration, "l'intégralité du chômage partiel serait maintenue".

Immobilier : baisse des ventes, hausse des prix

À la fin avril, selon le baromètre LPI-SeLoger, les prix des logements ont continué d'augmenter, notamment au sein des grandes villes puisqu'ils "n'ont reculé que dans 5 % des villes de plus de 100 000 habitants", lit-on. Le nombre de compromis de ventes a tout de même baissé de 47, 9 %.

Prix de l'essence

Si le prix du carburant avait logiquement baissé pendant le confinement, la tendance est repartie à la hausse dès le déconfinement. Selon les chiffres du ministère dévoilés le 25 mai, le prix a augmenté de 1,90 centime d'euro le litre en une semaine. Le prix d'un litre de diesel est d'environ 1,1768 euro. Quant à l'essence SP98, coûte, son prix est de 1,3224 euro le litre, soit une hausse de 2,23 centimes d'euro sur une semaine.

Municipales : quand auront-elles lieu ?

Edouard Philippe a dévoilé la date du second tour des élections municipales, depuis l'hôtel de Matignon. Elles auront finalement lieu le 28 juin. "Cette décision est réversible (...) Nous aurons comme le recommande le conseil scientifique une clause de revoyure, elle interviendra sans doute dans deux semaines", a-t-il toutefois ajouté.
Le conseil scientifique avait annoncé qu'il ne s'opposait pas à ce scénario, selon BFM TV. Toutefois, il a précisé que des règles sanitaires très strictes devraient être respectées pendant la campagne et lors du vote.

Le port du masque est, par exemple, extrêmement recommandé et les appels en visioconférence doivent être préférés aux déplacements, les jours de campagne.

Quant aux personnes âgées, le conseil scientifique insiste : elles ne doivent pas effectuer le dépouillement ni tenir les bureaux de vote.

La situation des Français se détériore-t-elle ?

Environ 24 % des Français jugent que la situation se détériore depuis le déconfinement, selon les résultats de l'enquête hebdomadaire YouGov réalisée pour Le HuffPost. Si 57 % des citoyens considèrent toutefois que la situation s'améliore, ils sont beaucoup moins nombreux à le penser par rapport à la semaine précédente (67%). Les Français sont-ils de plus en plus pessimistes à mesure que le déconfinement se poursuit ?

Plusieurs députés, dont certains sont membres du parti LREM, se sont agacés du flou qui persiste quant à la situation du secteur de la restauration, des métiers du tourisme et de la culture, qui sont "toujours au point mort". À l'Assemblée nationale, le député Les Républicains, Julien Aubert a souligné : "L'urgence est pourtant là". Olivier Marleix, son collègue, a déploré : "La majorité des employeurs n'ont plus de trésorerie".

Les Français, frileux du déconfinement… 

Depuis le 11 mai, un certain nombre de restrictions concernant les déplacements, les rassemblements (limités à 10 personnes en public), ou la pratique d'activité ont été levées. Pour autant, les Français n'ont pas l'air d'avoir profité de cet assouplissement.
Selon un sondage réalisé Odoxa Dentsu-Consulting, 65% des Français ne sortent pas plus que pendant le confinement. 69% d'entre eux ne sont pas retournés au travail et 65% des sondés n'ont pas rencontré leur famille ou leurs amis.

Une majorité de personnes interrogées (72%) ne se sent "ni plus ni moins heureux que pendant le confinement", une réponse qui traduit le fait que la majorité n'a pas mal vécu le confinement selon Céline Bracq, directrice générale d'Odoxa.

...désavouent leurs dirigeants

Pour autant, les Français ne sont satisfaits ni de l'action du gouvernement, ni du comportement de leurs concitoyens. Selon d'autres résultats communiqués par le même organisme pour France Info, les deux tiers des sondés estiment que le gouvernement n'a pas été à la hauteur de la situation.
C'est également le cas en Espagne, alors que les citoyens allemands ou britanniques plébiscitent les décisions de l'exécutif.
61% des Français interrogés estiment que la population s'est mal comportée pendant cette période, un jugement plus critique que le reste des Européens.

Des vacances en France

"Les Français pourront partir en vacances en France au mois de juillet et au mois d'août", a assuré jeudi 14 mai à midi le Premier ministre, sous réserve toutefois "de possibles restrictions très localisées" en fonction de l'évolution de l'épidémie de coronavirus."Quand je dis en France, c'est évidemment en métropole, dans l'Hexagone et en Outre-mer., a-t-il précisé.
"Les Français peuvent prendre leurs réservations", a encouragé le chef du gouvernement, soulignant: "les acteurs du tourisme, de l'hôtellerie, se sont engagés à faire en sorte qu'ils soient intégralement remboursés dans l'hypothèse où l'évolution de l'épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances".
"Le gouvernement souhaite que les cafés et restaurants puissent rouvrir le 2 juin dans les zones vertes" , a annoncé Edouard Philippe. Pour les zones rouge, une date de réouverture sera annoncée dans la semaine du 25 mai.

La SNCF ouvrira ce vendredi 15 mai les réservations pour cet été et précise que tous les billets seront échangeables et remboursables. La SNCF attend le 2 juin pour savoir si la limite d'une place sur deux dans les trains sera assouplie, et pour fixer le nombre total de TGV qui circuleront.

Rassemblements à plus de 10 personnes autorisés dans le cadre privé

Vous pensiez les grandes réunions de famille, les dîners et fêtes avec tous vos amis impossibles jusqu'à nouvel ordre ?
C'était le cas depuis la présentation du Plan de Déconfinement par le Premier ministre Edouard Philippe le 28 avril.
Cette interdiction générale des rassemblements de plus de dix personnes figure sur la fiche "organisation de la vie quotidienne" disponible sur le site du gouvernement. Mais le Conseil constitutionnel a précisé dans deux décrets publiés lundi 11 et mardi 12 mai au Journal Officiel : "Les mesures relatives aux établissements recevant du public et aux lieux de réunion […] ne s'étendent pas aux locaux à usage d'habitation".
Les rassemblements de plus de dix personnes sont donc interdits dans l'espace public: "sur la voie publiques et les territoires de la Républiques", mais pas dans les lieux privés: appartements et maisons.
Prohibés dans la rue, les espaces verts, parcs, jardins, le long des berges, autour des plans d'eau, sur les plages… les rassemblements de plus de 10 personnes sont possibles chez les particuliers. Le ministère de l'Intérieur l'a confirmé mercredi 13 mai.

Cela signifie-t-il que vous pouvez organiser une méga fiesta dans votre salon ou votre studio de 18m2 ? 

Conformément à ce qui est inscrit dans le décret, "les mesures d'hygiène (distance physique d'au moins un mètre entre deux personnes, lavage de main…) doivent être appliquées en tout lieu et toute circonstance, y compris dans les lieux privés".

Difficile pour les forces de l'ordre de sanctionner une proximité des corps et individus. Les contrôles sont restreints puisque le domicile est protégé par la loi. La Police ne peut entrer chez vous qu'avec votre accord, l'autorisation d'un juge, ou en cas de flagrance d'un crime ou d'un délit (et non d'une contravention).

Beauvau en appelle donc "au civisme et à la responsabilité des Français" face au coronavirus et déconseille les regroupements massifs dans de petites surfaces.

Justificatif de domicile obligatoire pour tout déplacement

Vous n'avez plus besoin d'attestation pour sortir de chez vous à moins de 100km de votre domicile, sauf lorsque vous prenez les transports en commun en Île-de-France. Mais saviez-vous que vous deviez avoir votre justificatif de domicile sur vous même si vous ne dépassez pas les 100 km ? "Sans justificatif de domicile, comment les personnes contrôlées pourraient-elles expliquer leur provenance ? (...) Rien de surprenant finalement, mais c'est certain, il risque d'y avoir des oublis", a expliqué une source policière à LCI. Si vous n'avez pas votre justificatif de domicile sur vous, vous risquez une amende de 135 euros...

Christophe Castaner avait d'ailleurs précisé, le 7 mai, que "une attestation d'assurance, un chéquier, une pièce d'identité, un justificatif d'assurance de la voiture, une facture", étaient valables.

Les mesures de déconfinement validées

Le Conseil constitutionnel a validé lundi 11 mai la loi prorogeant jusqu'au 10 juillet l'état d'urgence sanitaire et organisant le déconfinement.
Le gouvernement attendait cette décision pour promulguer la loi qui n'a pas pu entrer en vigueur dans les temps,  Devant ce vide juridique, l'exécutif a "fait appel au sens de la responsabilité des Français".

Cette décision permet de prendre immédiatement les mesures complémentaires pour mettre en œuvre l'interdiction de se déplacer au-delà de 100 km et la nécessité d'une attestation dans les transports en commun aux heures de pointe en région parisienne.
Toutefois, nouveau camouflet pour l'exécutif, l'Institution a rejeté des éléments liés à l'isolement des malades et au "traçage" de leurs contacts.

"Concernant les traitements de données à caractère personnel de nature médicale aux fins de traçage", le Conseil constitutionnel a décidé "deux censures partielles" afin de limiter les personnes pouvant accéder à ces données et pour qu'un juge des libertés puisse effectuer un "contrôle" si le malade doit rester plus de 12 heures isolé.

Respect de la vie privée et nouvelles mesures en vigueur

En ce qui concerne les mesures de quarantaine et d'isolement, les Sages ont considéré comme mesures "privatives de liberté" celle consistant en "un isolement complet, lequel implique une interdiction de 'toute sortie'" ou celle qui impose "à l'intéressé de demeurer à son domicile ou dans son lieu d'hébergement pendant une plage horaire de plus de douze heures par jour". 

Il a donc censuré ces mesures, estimant qu'elles n'étaient pas accompagnées de garanties "quant aux obligations pouvant être imposées aux personnes y étant soumises, à leur durée maximale et au contrôle de ces mesures par le juge judiciaire".
À propos du recueil et du traitement des données destinées au "traçage" des personnes malades et de celles ayant été en contact avec ces dernières, le Conseil constitutionnel a "censuré, comme méconnaissant le droit au respect de la vie privée" une mesure qui prévoit que "les organismes qui assurent l'accompagnement social", tels que les centres communaux d'action sociale (CCAS), pourront recueillir ces données.

Pour ce qui est des autres mesures du déconfinement, elles sont entrées en vigueur dès lundi matin puisqu'un décret temporaire a été publié au Journal officiel. Il s'agit de :

la fin des limitations des sorties du domicile,
l'obligation du port du masque dans les transports en commun,
la réouverture des commerces à condition du respect des gestes barrières,
la limitation à 10 personnes des rassemblements dans les lieux publics. 

Un autre décret, celui sur le traçage, sera pris dans " les prochains jours ", a indiqué l'Élysée.

Vous pouvez payer jusqu'à 50 euros sans contact

Depuis ce lundi 11 mai 2020, premier jour du déconfinement en France, le plafond de paiement par carte bancaire sans contact est porté à 50 euros. C'est un moyen de faire vos courses et achats sans toucher le terminal de paiement et donc de respecter au mieux les gestes barrière.

"Reconfinement en urgence"

"Un reconfinement en urgence doit être anticipé", a prévenu lundi Jean Castex. Dans un rapport de 68 pages rendu le 11 mai, le haut-fonctionnaire chargé de coordonner le déconfinement a rappelé qu'en l'absence de vaccin ou solution curative, les Français restent extrêmement vulnérables au Covid-19. Il insiste sur le niveau de vigilance très élevé qui doit être conservé pendant cette première phase du déconfinement.

"La possibilité d'une réversibilité des mesures doit ainsi toujours pouvoir être offerte et l'éventualité d'un reconfinement en urgence doit rester dans les esprits et être anticipée par les pouvoirs publics", exhorte-t-il.
Jean Castex souhaite également que les "préfets [puissent] rétablir localement des limitations" à tout moment, et que le gouvernement planifie d'ores et déjà "des dispositifs d'accompagnement sociaux et économiques de la nature de ceux mis en place durant la période de confinement", ainsi que "mieux prévenir les risques psychosociaux du confinement, aujourd'hui mieux connus".

Contrôles et sanctions

Le ministre de l'Intérieur a affirmé dimanche 10 mai faire "le pari de l'intelligence et de la compréhension" des Français et "confiance au discernement des forces de l'ordre" lors de l'émission Questions politiques de France Inter/France Info/Le Monde/ France Télévisions.
Le Premier flic de France a insisté sur "la conscience et le bon sens des citoyens" en vue de la "levée du confinement" qui débute lundi.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye a précisé ce 10 mai sur BFM TV "La confiance n'exclut pas le contrôle, mais les Français ne sont pas des enfants, ils ont aussi la même volonté que n'importe qui de se protéger soi-même pour protéger les autres (...) Je crois que nous pouvons faire confiance (aux Français) et ne pas être systématiquement dans l'infantilisation, des pères Fouettard", a-t-elle insisté.

Retour au travail... angoisse et masque

Selon un sondage Deskeo, en pleine période d'incertitudes, 8 Français sur 10 (79%) sont inquiets à l'idée de retourner au bureau. Un sentiment davantage partagé par les femmes (83%), encore plus soucieuses que leurs homologues masculins (74%).

Les Français sont bien loin d'avoir choisi la date de leur retour au bureau. En effet, plus de 43% des personnes interrogées ignorent encore quand elles retourneront sur le lieu de travail.

A noter : 31% des Français refuseront de porter un masque au bureau selon le premier opérateur de bureaux flexibles en France.

Fin du télétravail ? 

Une autre enquête menée par la plateforme d'interaction en temps réel Sparkup sur les conséquences du travail à distance montre que:

55% des Français sont heureux de retourner travailler le 11 mai

60 % affirment que le confinement a changé la vision de leur métier

71,4% des salariés estiment que les réunions sont plus efficaces en présentiel qu'à distance

Les trois quarts des sondés aimeraient obtenir plus de jours de télétravail qu'avant la crise

Mobilité et des Franciliens et nombres de pas

WeWard et Emerton Data ont réalisé une étude inédite sur les déplacements qui montre qu'une large partie de la population française a progressivement repris une activité quasinormale au fil de la période de confinement et fournit des résultats éclairants sur la mobilité des Français.
Si le confinement a divisé par 8 la proportion des trajets quotidiens de plus de 10 kilomètres, les déplacements de moins de 100 mètres ont été multiplié par 2.
Le pourcentage d'individus confinés dans un rayon de moins de 100 mètres a fortement augmenté, passant de 33% à 67% fin mars puis à 57% en avril. Cependant, les trajets piétons de proximité ont retrouvé leur niveau d'avant confinement, autour de 5500 pas/jour.
L'annonce des mesures de confinement a généré un nombre important de déplacements interdépartementaux, avec 20% des individus concernés. Paris est le principal foyer de départ et Lyon le principal lieu d'accueil.

Prise de poids en confinement

Déplacements limités, diminution de l'activité physique, changement des habitudes alimentaires, anxiété, grignotage... Les Français confinés ont pris du poidsEn moyenne, ils ont gagné 2,5 kg depuis le 27 mars, révèle une enquête de l'Ifop pour le site Darwin Nutrition.
D'autres sédentaires n'ont pas grossi, au contraire : 29 % des personnes interrogées déclarent avoir maigri pendant cette période, notamment ceux vivant seuls (33 %) et ayant pu faire du sport tous les jours (43 %).
Si la préparation des repas a constitué l'activité principale de ce temps d'assignation à la maison, "confiné" ne rime pas avec égalité et parité ! 71 % des femmes confinées estiment que cette tâche leur incombe en cuisine !

Les vacances d'été seront perturbées

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères chargé du Tourisme, a déclaré sur Franceinfo, ce mercredi 6 mai : Le déplacement à plusieurs milliers de kilomètres est exclu. Le tourisme va reprendre par cercles concentriques, c'est-à-dire que le premier moteur de cette reprise touristique sera le tourisme national. Ce sera les Français qui iront à la redécouverte de nos terroirs, de nos territoires, de notre patrimoine".
Les plages "sont fermées jusqu'au 2 juin, parce que ce sont de véritables aimants".
"Dans les départements verts, l'accès à la nature sera possible, alors que, dans les départements rouges, il y aura beaucoup plus de précautions".
"Nous étions tenus par un rayon d'un km. On l'élargit à 100 km. C'est une première possibilité de souffler, de s'oxygéner, parce que le moment que nous avons vécu collectivement, il faut le dire, est un peu traumatique"

En juillet-août , "il y aura un besoin profond de faire un break, de changer de rythme et de changer de cadre. Maintenant, ça va se faire sûrement différemment de ce que l'on faisait les années précédentes. Vous savez, en 1936, les congés payés, c'était une conquête sociale. En 2020, ces vacances seront une conquête sanitaire.

Chômage partiel et télétravail

La ministre du Travail a précisé, au micro d'Europe 1, que les salariés de "l'ensemble des secteurs où l'activité ne pourra pas reprendre" après le 11 mai pourraient encore bénéficier du chômage partiel. Et de détailler : "Tous ceux qui sont encore frappés d'interdiction administrative pour des raisons de santé publique, je pense à l'hôtellerie-restauration mais aussi à l'événementiel, (...) vont continuer à bénéficier du chômage partiel à taux plein le temps qu'il faudra et en fonction évidemment de la date où on pourra les rouvrir.

Quant aux entreprises dont l'activité pourra reprendre, elles pourront tout de même continuer à toucher les indemnités pendant les premières semaines de la reprise. "On va accompagner ce retour au travail par du chômage partiel mais dont le remboursement aux entreprises sera légèrement diminué progressivement", a-t-elle expliqué.

Actuellement, 11, 7 millions de Français bénéficient du chômage partiel.

Quelques jours plus tôt, la ministre du Travail avait également assuré sur franceinfo qu'il était "raisonnable de dire qu'un télétravail massif aura lieu au moins jusqu'à l'été" alors que la France entamera son déconfinement partiel à partir du 11 mai. 
"On ne va pas travailler comme avant pour un moment (...) Je crois qu'il y a aujourd'hui cinq millions de Français qui travaillent en télétravail, a-t-elle affirmé. Certains le faisaient déjà un peu et le font maintenant beaucoup et pour beaucoup, c'est aussi une expérience nouvelle. Mais, dans le contexte du déconfinement progressif que nous faisons, c'est très important qu'au maximum possible, ceux qui télétravaillent continuent à télétravailler parce que ça évite d'être trop nombreux sur le lieu de travail." Cela va désaturer les transports et permettre un déconfinement plus serein et plus progressif.

Mardi, les parlementaires ont adopté à l'unanimité un amendement PS pour que les femmes victimes de violences conjugales ne puissent pas être placées en quarantaine ou à l'isolement avec leur conjoint violent.


Masques chirurgicaux : prix et vente en supermarché

Le prix des masques en papier à usage unique de type chirurgical sera plafonné". Leur prix ne pourra pas dépasser 95 centimes d'euros", a annoncé la secrétaire d'État auprès du ministère de l'Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher sur RTL en précisant que "des contrôles et des enquêtes seront lancés sur le prix des masques en tissu". 
La veille, sur BFM Business, elle déclarait : "Dès le 4 mai, il sera possible d'acheter des masques grand public en supermarché",
Ces masques non-sanitaires, en tissu, lavables et réutilisables, avec des propriétés de filtration garanties seront commercialisés entre deux et cinq euros.
À partir du 11 mai, toutes les enseignes de grande distribution: Auchan, Aldi, Carrefour, Colruyt, Cora, Groupe Casino, Intermarché, Leclerc, Lidl, Netto, Match, et Système U... devraient être en mesure de vendre des masques grand public, a assuré la secrétaire d'État. 

Brigades sanitaires ou "anges gardiens"  

Une initiative doivent aider à limiter la propagation du coronavirus après le 11 mai : les "brigades de cas contacts". Leur rôle ? Vérifier que l'entourage d'une personne qui a effectivement été contaminée au Covid-19 (et doit donc être placée en isolement) a bien été testé.

Pour ce faire, ces brigades devront interroger la personne atteinte du coronavirus afin de déterminer avec qui elle a été en contact les jours précédents.

Dès lors, elles contacteront tous ceux qui ont été susceptibles de croiser le malade et vérifieront que ces personnes respectent bien les consignes et les gestes barrières. Il sera même possible de les exhorter à se faire tester "en leur indiquant à quel endroit ils doivent se rendre", a précisé Edouard Philipe. Elles devront ensuite "vérifier que ces tests ont bien eu lieu".

Plus de 30 000 personnes pourraient être mobilisées pour composer ces brigades de cas contacts, conformément aux recommandations du Conseil scientifique, dans le rapport remis au gouvernement le 20 avril. Parmi eux, des soignants, mais aussi des employés de centres départementaux ou des membres d'association.

Un guide pratique pour encadrer les actions et la marge de manœuvre de cette brigade est en cours d'élaboration.

Motifs de déplacements "impérieux" : quels cas sont valables ?

Des vacances d'été seront-elles possibles ?


Moral des ménages au plus bas

L'indice de confiance des ménages en France a subi en avril une chute historique, après la mise en place des mesures de confinement pour lutter contre le coronavirus, a indiqué mardi l'Insee.

Le solde d'opinion sur le niveau de vie futur en France a connu la plus forte baisse jamais enregistrée sur un mois, un niveau "jamais atteint depuis la création de cet indicateur en 1972".

Les craintes des ménages concernant l'évolution du chômage ont augmenté "très fortement en avril".

Sans surprise, la proportion de ménages estimant qu'il est opportun de faire des achats importants a chuté "lourdement", soit une perte de 43 points pour atteindre son plus-bas historique.

En avril, les ménages ont aussi été plus nombreux qu'en mars à redouter que les prix augmentent au cours des douze prochains mois, a souligné l'Insee.
 

Plus de 3 millions d'arrêts de travail

L'épidémie de coronavirus a justifié environ 3,2 millions d'arrêts de travail, pour les personnes malades ou "vulnérables", mais surtout pour celles devant garder leurs enfants durant le confinement, selon des chiffres transmis par l'Assurance maladie à l'AFP.
Quelque 600.000 arrêts maladie ont été prescrits par des médecins à des malades du Covid-19.
Pour les "personnes dites vulnérables" (malades chroniques, femmes enceintes), l'Assurance maladie a reçu en un mois 400.000 demandes d'arrêts de travail "dérogatoires", auxquelles elle a donné droit "dans près de 8 cas sur 10" et ce sont 2,3 millions d'arrêts pour garde d'enfant qui ont délivrés à la demande des employeurs depuis les premières fermetures d'écoles début mars.

Déficit de la Sécurité sociale : niveau abyssal de 41 milliards d'euros

Le coronavirus va faire exploser le déficit de la Sécurité sociale à plus de 41 milliards d'euros, "du jamais-vu" même au plus fort de la crise financière, a prévenu mercredi le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin.

Très loin des 1,9 milliard de déficit atteints fin 2019, la Sécu se retrouve avec 8 milliards de dépenses nouvelles (achats de masques, primes aux soignants, arrêts pour gardes d'enfants...), mais surtout avec 31 milliards de recettes en moins (cotisations, CSG, TVA...).

L'Etat met sur la table un plan d'aide massif de 110 milliards d'euros, voté jeudi dans la nuit par le Sénat. Députés et sénateurs se réuniront jeudi en commission mixte paritaire afin de s'accorder sur un texte commun.

Le secteur automobile redémarre doucement après plus d'un mois de pause: Renault a annoncé la reprise de sa production en France, au lendemain d'une réouverture d'usine chez Toyota. Chez PSA, le chômage partiel se poursuivra après la fin avril.