Quels sont les parents qui pourraient obtenir un prêt de 100 000 euros à taux zéro ?
Une proposition de loi doit bientôt être examinée à l'Assemblée nationale, visant à créer un prêt à taux zéro destiné spécialement aux familles.
Quand on devient parent, le problème se pose presque systématiquement : il va falloir déménager, ou agrandir la maison quand c'est possible, pour pouvoir accueillir ce petit être qui vient compléter la famille. Qu'il s'agisse d'un premier bébé ou d'une fratrie qui s'agrandit, la question du logement est un frein pour beaucoup de Français qui envisagent d'avoir un enfant : selon une étude Odoxa parue début 2026, un jeune sur cinq renonce à la parentalité pour cette raison. Il faut dire qu'avec les prix de l'immobilier et la tension grandissante entre l'offre et la demande sur le marché, sans parler de la "hausse inéluctable" des taux d'intérêt qui s'annonce selon les économistes, l'accès à la propriété est un rêve de plus en plus inatteignable pour beaucoup de Français, et notamment les jeunes parents.
Pour aider les familles, mais aussi pour tenter de "relancer la natalité", une députée propose une solution : permettre aux parents de contracter un prêt à taux zéro (PTZ), d'un montant allant jusqu'à 100 000 euros, pour acheter ou agrandir leur logement à l'arrivée d'un enfant. Ce projet de loi, déposé par Constance de Pélichy (députée Liot du Loiret) a été adopté dans un premier temps par la commission des finances de l'Assemblée nationale, puis devra être examiné en séance publique à l'automne 2026. Mais qui pourra obtenir ce coup de pouce ? Quelles sont les conditions pour y accéder ? Quelles sont ses limites ?
Le texte prévoit que ce prêt à taux zéro spécial familles soit accessible "sans condition de revenus". Tous les parents pourraient donc y avoir droit, indépendamment de leur situation financière, "dès la déclaration de grossesse jusqu'aux cinq ans de l'enfant". Quelques subtilités sont toutefois prévues : il ne pourra financer qu'une partie de l'achat ou des travaux, entre 20 et 50 % du coût total, et ne pourra pas "excéder le montant du ou des autres prêts, d'une durée au moins égale à deux ans, concourant au financement de la même opération".
Concrètement, pour un couple qui souhaite acheter une maison à 200 000 euros par exemple, le montant du prêt devra obligatoirement se situer entre 40 000 euros (le minimum de 20 %) et 100 000 euros (le maximum de 50 %). S'ils financent le reste avec un second prêt, celui-ci devra être de 100 000 euros maximum. En revanche, si leur prêt bancaire classique n'est que de 80 000 euros, ce PTZ spécial sera automatiquement plafonné à 80 000 euros lui aussi.
Par ailleurs, ce PTZ destiné aux familles serait distinct du PTZ primo-accédants déjà existant – qui pourra être "mobilisé en complément pour le financement d'une même opération", de même que pour l'éco-PTZ – mais "dérogerait aux dispositions applicables au PTZ primo-accédants", sauf une : le logement devra être la résidence principale, et ne pourra pas être mis en location durant les six ans suivant le versement du prêt. Les paramètres précis seront fixés par décret en Conseil d'État, si la loi venait à être adoptée définitivement. En attendant, cette proposition apparaît comme une lueur d'espoir, un coup de pouce qui permettrait aux futurs et jeunes parents de se concentrer sur l'essentiel : accueillir leur enfant dans un nid douillet, sans l'angoisse du budget immobilier.