Merci, 10 ans de concept store éclairé

En 2009, dans le Haut Marais parisien ouvraient les portes d'un magasin d'un genre à part. Merci, le concept store à la touche artisanale-chic, fête une décennie de bazar cool, de sélections de goût et de bienfaisance. La recette du succès. 

Merci, 10 ans de concept store éclairé
© Merci

En 10 ans, le 111 boulevard Beaumarchais est passé d'adresse perdue entre les revendeurs de matériel photographique à adresse de choix pour se perdre. En 2009, alors que Colette et le 10 Cosmo Como à Milan avaient entérinés la formule du "concept store", Bernard et Marie-France Cohen, fondateurs de la marque pour enfant Bonpoint se lancent dans l'aventure. Aux antipodes de la quête de hype et d'exclusivité de sa cousine de la rue Saint-Honoré, Merci se présente comme un grand bric-à-brac convivial, mêlant mode, décoration, restauration, beauté, vintage et neuf. Dix ans après son installation et après être passée aux mains du clan Gerbi (fondateur de Gérard Darel), la boutique à tiroir se maintient dans le top des destinations shopping des guides touristiques comme des habitants du quartier devenu branché grâce à lui.

Une adresse hors du commun

Nichée dans l'ancien atelier de l'éditeur de tapisserie Pierre Frey, Merci jouit d'un volume grandiose. Mais cet espace baigné de lumière ne s'offre qu'en récompense à la curiosité du passant : de l'extérieur, le magasin ne dévoile rien. Sans vitrine, qu'est-ce qui pousse à pénétrer dans la coure ? Sans doute la promesse de ce qu'on y trouve : un hybride entre une caverne d'Ali Baba et un lieu de vie à explorer. En plus de la coupole et des multiples niveaux du magasin, le Used Book Café (le seul à s'offrir à la rue), la Cantine du potager et le Cinéma Café sont autant de recoins où s'arrêter un temps pour vivre l'expérience Merci.

Car il y a toujours quelque chose à y vivre. Le merchandising, que l'on nomme ici "mise en scène", est revu chaque jour par la responsable de la scénographie. Comme autour du lin pour l'édition anniversaire, du rose, de l'artisanat de Madagascar à venir, les expositions thématiques s'admirent comme se consomment. Fière de dévoiler ses dessous, l'enseigne les monte et démonte aux yeux du public, aux heures d'ouverture. Il n'est pas rare qu'un produit manque à l'appel de la scénographie car il a été tout de suite acheté. La mascotte de l'enseigne, une Fiat 500, devenue star des réseaux sociaux, se métamorphose au gré des thèmes abordés. En cuisine, on invite des chefs d'ailleurs pour des résidences. Il y a tant de fourmillement que Merci a décidé d'ouvrir son "appartement", au 109 de la même rue, pour y accueillir toujours plus d’événements.  

Merci, c'est "du feeling"

Le mouvement permanent, c'est ce qui garantit la singularité de Merci. Les créateurs qui sont vendus dans le magasins sont tous choisis "au coup de cœur". En rayon, on retrouve le luxe épuré de Forte Forte comme les lunettes pop Izipizi. Pour chacune des pièces, le stock est volontairement maigre, ce qui permet à l'enseigne de varier au maximum sa proposition, mais également de créer le désir. Si l'exclusivité n'est pas une quête absolue pour Merci, cette faible profondeur de stock pousse indéniablement à l'achat. Du fait main, un parti-pris créatif, un côté artisanal, voila ce qu'ont en commun, du plus accessible au plus onéreux, les produits que l'on déniche dans les rayons. Des pièces vintage chinées avec goût s'ajoutent aux créateurs et ont vocation à être de plus en plus présentes, par intérêt pour la mode durable. Enfin, pour compléter cette offre est venue s'ajouter une ligne de vêtements, tote bags ultra désirables et montres maison que l'équipe créative s'amuse à étoffer à l'envie. De quoi être certain de ne jamais repartir de Merci les mains vides. 

Merci bien

Quand Bernard et Marie-France Cohen créent Merci en 2009, le projet va au-delà du simple commerce. Doublé d'un "fond de donation", le magasin s'engage à verser une partie de ses bénéfices tous les ans pour la bonne cause. Amoureux de Madagascar, le couple se lie à l'association Abc Domino dès l'année suivante pour y mener des projets. Après son rachat en 2013 par la famille Gerbi, Merci persiste et signe pour cet engagement caritatif. A l'heure de souffler sa dixième bougie, le magasin qui a permis la construction entre autres d'une dizaine d'écoles renouvelle ses vœux. Mistaotra, une vente aux enchères de poupées conçues par les créateurs amis de Merci a permis au mois de mars de récolter les fonds nécessaires au financement d'une cantine et de son approvisionnement pour un an. Prochain rendez-vous de cette année anniversaire, l'exposition d'une ligne Merci fabriquée à Madagascar et de créateurs malgaches. Une raison de plus, s'il en fallait, pour filer boulevard Beaumarchais. 

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