Leur père n'y croyait pas : ces sœurs toulousaines ont transformé une passion familiale désuète en une marque de bijoux à 2,5 M€
Si les belles histoires font vendre, elles partent souvent de faits réels. Spottée sur Adriana Karembeu, Nolwenn Leroy ou encore Emily in Paris, cette marque de bijoux ultra populaire nous raconte la sienne. Un projet si inattendu que même leur père n'y croyait pas au début. Rencontre.
Derrière une marque se cache souvent une idée profondément humaine, une histoire de vie qui sort de l'ordinaire, un tendre récit de famille auquel chacun s'identifie. Fondée en 2011 dans la ville rose, cette maison de bijoux française en fait d'ailleurs partie. Créée par 2 sœurs toulousaines, elle a su se faire une place de choix dans le cœur des modeurs des États-Unis au Japon, passant de 200 000 € de chiffre d'affaires à 2,5 M à l'heure actuelle. Une histoire qui débute "un peu par hasard", confient-elles. Même leur père n'aurait pas misé un sou au début, alors que l'idée découle de sa passion devenue profession. "Il nous suivait dans ce projet sans trop y croire", explique Nadia, l'aînée. En exclusivité pour le Journal des Femmes, les franco-thaïlandaises content leur success story.
Âgées de 26 et 24 ans, Nadia et Nancy traînent dans l'atelier de leur père quand l'idée de la marque Nach germe en elles. "Depuis plus de 50 ans", il fait des miniatures en porcelaine "que nos grand-mères collectionnaient dans les vitrines, en forme d'animaux." Ce jour-là, la visite de routine des frangines prend une tout autre dimension. Parmi toutes les figurines, l'une va se révéler à elles et faire naître la maison toulousaine.
"Il y avait un léopard magnifique. On lui a dit 'fais-nous deux trous pour qu'on puisse le monter en collier'. Donc on le porte pendant plusieurs mois, et les gens nous disent 'c'est super beau ce que vous avez, c'est du jamais vu, c'est original.' On s'est dit 'mais ça fait 50 fois qu'on nous dit ça, il y a quelque chose à faire'", se remémore Nadia.
Les bijoux Nach prennent alors vie. Ultra vitaminés, inspirés de la faune et de la flore thaïlandaises - terre de leurs ancêtres maternels - ils sont faits par des artisans pendant "120 heures en moyenne".
Le moment où tout explose ? Le salon Bijohrca à Paris, en 2011. Faute de budget, elles prennent "le plus petit stand, 4m2." "Notre objectif, c'était uniquement de rentabiliser le stand." Elles feront bien plus. "C'était la folie. Du monde dans tous les sens, tellement qu'on a dû appeler les copines en renfort pour nous aider." Le scepticisme du père s'estompe alors : "À ce moment-là, il s'est rendu compte que ce n'était pas juste un loisir."

Une histoire qui s'écrit en famille, à 8 mains : car si le papa veille au grain depuis les premiers instants, maman n'est jamais très loin : "Elle travaille avec nous quotidiennement. Elle a ce côté manuel comme Nancy. Elle s'occupe beaucoup de ce qui est montage des bijoux. Elle adore ça."
Dans une porcelaine à l'imaginaire éphémère, dont la beauté réside dans la fragile délicatesse, le bijou Nach, émotionnel, devient éternel dans le cœur de celles qui le portent. Comme un animal de compagnie qui les aide à traverser la vie, elles tiennent à le garder, même quand il est cassé.
"Une cliente avait cassé l'oreille de son chat. Elle disait au SAV, 'je vous en prie, ne changez pas mon chat. C'est mon petit chat. Il faut juste me réparer le bout d'oreille.' Elles sont vraiment attachées à leur petit animal de compagnie", raconte Nancy. Dans une ère où l'hyper jetable règne en maître, Nach se dresse comme un écosystème à part, préservé des ravages humains, dans un espace temps qui lui appartient.