Mère et fille vendaient leurs bijoux sur les marchés et vide-greniers d'Aquitaine, leur marque à 45 millions d'euros est partout
Elle est portée par les femmes du quotidien comme par le gratin : Mélanie Laurent, Amel Bent, Tiphaine Auzière ont ainsi toutes craqué pour ce label néo-aquitain. Accompagnée de sa mère, la femme d'affaires a pourtant commencé l'aventure sans le vouloir, ni même y croire. En exclusivité pour le Journal des Femmes, elle partage son histoire.
À l'heure où l'entrepreneuriat est le Saint Graal d'une génération en quête de réussite sociale affichée sur Instagram, elle avait lancé sa maison de bijoux depuis plusieurs années déjà, sans jamais en faire tout un plat. Elle en aurait pourtant tous les droits : l'entrepreneure a réussi l'exploit de passer de 150 000 à 45 M € de chiffre d'affaires. Discrète malgré une réussite qui pourrait monter à la tête, elle en a parcouru du chemin depuis ses années universitaires : sa marque est aujourd'hui leader dans son univers selon Kolsquare.
Tout commence dans sa chambre d'ado. Passionnée de bijoux mais avec peu de sous pour assouvir son bon goût, Amaya fait dans la débrouille. "J'aimais acheter des bijoux mais je n'avais pas d'argent. Donc, je les ai fabriqués surtout pour moi au début. J'ai commencé à bricoler des choses et les vendre à côté ; chez les voisins, sur la plage. C'était juste un hobby qui faisait un peu d'argent de poche." Une passion qu'elle n'envisage pas de transformer en business, loin de là. Ce qu'elle veut, c'est "faire du droit, être juge". Mais au fil des rencontres-clés, son petit atelier de fortune se transforme en l'immense marque l'Atelier d'Amaya. Près de 80 boutiques à son compteur, et un futur tout aussi prometteur avec Londres dans le viseur.

Le cœur de cette aventure qui perdure ? L'humain. Les copines qui se muent en supportrices ; les clientes des débuts qui ouvrent leur carnet d'adresses pour faire connaître la jeune griffe. "Quand j'étais étudiante, j'ai mes copines qui ont commencé à me dire 'on va faire des ventes privées pour voir ce que ça donne'. Je fabriquais ça le week-end et ça a bien marché. De vente privée à vente privée, j'avais toujours une autre personne à faire, une nouvelle vente."
Novice dans la vente itinérante, elle passe aux marchés et aux vide-greniers. Si elle n'explose pas les chiffres, ils la font connaître auprès de prospects. "J'ai commencé à faire les marchés et vide-greniers du Cap Ferret et d'Hossegor. Une fois, je n'ai rien vendu. Sauf à une dame." Mais il suffit de LA bonne personne pour tout changer : "elle m'a fait une vente et m'a ouvert tout son carnet d'adresses." Le bouche-à-oreille agrandit sa clientèle et les ouvertures de boutiques s'enchaînent à la pelle. "Pendant mes études, j'ai ouvert une petite boutique en 2009 qui faisait atelier. Après, ça ne s'est jamais arrêté. Une boutique par an au début, même plus… Jusqu'en 2019, on en avait 8."
Sa maman rejoint l'aventure 6 mois après les prémisses. "Elle a toujours été manuelle. Elle adorait coudre. Elle fabriquait les pochettes." La personnalisation des bijoux étant au cœur de l'ADN, "c'est ma maman qui gravait à la main" au début.
Une success story mère-fille qui s'écrit aujourd'hui en famille. Du haut de leurs 8, 7 et 4 ans ½, les enfants d'Amaya partagent souvent leur avis : "Ils m'ont donné des idées. Ils étaient en magasin la semaine dernière et ils m'ont dit 'il faudrait mettre ta photo un peu, des vidéos, expliquer la marque.' Ils m'ont fait rire."
La suite ? "D'ici 2-3 ans, on aimerait bien l'Espagne ou l'Italie." Et toujours cette envie "que chaque femme puisse s'y retrouver. Peu importe qu'elle soit grande, petite."