Des millions de Français l'ont utilisé pendant 40 ans, mais ce service gratuit disparaît du pays - les premières régions touchées
"Avec le temps, avec le temps va tout s'en va"... Et ce service gratuit, prisé des Français depuis plusieurs décennies, n'y échappe pas. Depuis juin 2026, il disparaît peu à peu du territoire. Voici les premières régions concernées.
Un problème mis en lumière depuis l'année dernière. En juillet 2025, la sonnette d'alarme avait ainsi été tirée par l'association Le Relais pour alerter le gouvernement français. Cette année, les premiers effets de la crise de la collecte textile se font finalement sentir dans toute la France - à commencer par l'ouest. Le vendredi 5 juin 2026, la communauté des communes du Mont des avaloirs, en Mayenne dans le Pays de la Loire, a ainsi annoncé la fin définitive de la collecte de vêtements sur son territoire (Ouest-France). Même histoire pour le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie Agglomération (Commequiers, Coëx, L'Aiguillon sur Vie, Landevieille, Le Fenouiller, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Saint-Hilaire-de-Riez) et les zones du Morbihan et de centre Bretagne (Baud, Camors, Melrand, Pluméliau, Plumelin...) (Actu.fr).
Là où les discussions de l'an dernier restaient au stade théorique, fictif, presque irréaliste, 2026 aura donc enclenché la vitesse supérieure et fait d'elles une réalité. Cela fait suite à l'annonce de l'association créée en 1984, qui a expliqué devoir réduire de 15 000 tonnes la collecte de textiles, linge de maison et chaussures à partir du 1er juin. Environ 60 emplois d'insertion seront également supprimés.
En France, Le Relais existe depuis 40 ans. Cependant, malgré cette longévité, son avenir est donc remis en question depuis plusieurs années : son modèle économique n'est plus rentable, car en inadéquation avec les pratiques actuelles de consommation de vêtements. Les spécialistes se demandent même si ce service n'est pas voué à définitivement mourir. En effet, à l'heure actuelle, Le Relais n'arrive plus à être rentable. Comment l'expliquer ?
L'association se finance en fait de plusieurs façons. D'un côté, elle vend à d'autres marchés (Afrique, Europe de l'Est) la partie de vêtements qu'elle n'est pas parvenue à recycler. Le souci, c'est que la concurrence est plus intense et qu'il lui est plus difficile de liquider ses non recyclés.
En cause : la Chine, qui inonde le marché avec de la seconde main moins chère que la nôtre, mais aussi la recrudescence des pièces en circulation et des pièces déposées : nos confrères des Echos parlent d'une augmentation de 50% par rapport à 2020, avec 3,5 milliards de pièces qui circulaient en 2024 ; et de 289 000 tonnes de dépôts en 2024 contre 268 000 l'année précédente. Le Relais est ainsi forcé de vendre à perte en bradant ses balles de vêtements.
De plus, les gens préfèrent vendre eux-mêmes leurs habits dormants sur des plateformes comme Vinted : Le Relais ne récolte donc plus que les miettes - des pièces peu qualitatives dont il est difficile de tirer un bénéfice.
D'un autre côté, Le Relais survit également grâce à des aides de l'Etat, qui lui donne une compensation financière à chaque tonne de vêtement trié. Or, cette aide n'est plus suffisante pour payer ses charges : elle s'élève aujourd'hui à 156 euros ; quand l'association en réclame 304 pour continuer à bien fonctionner…