SNCF, Ouigo : réserver au mauvais moment peut faire tripler le prix du billet
Les prix font parfois plus que tripler : un Paris-Marseille peut aussi bien coûter 20 euros que plus de 120 euros, selon le moment de la réservation.
Réserver un billet de train demande parfois un vrai sens du timing. Beaucoup de voyageurs ouvrent l'application SNCF Connect avec une idée précise de leur budget, puis passent finalement plusieurs minutes à comparer les horaires et à changer de gare afin d'obtenir le meilleur prix. En effet, les tarifs des TGV et des Ouigo fluctuent en permanence, il y a donc un moment précis à éviter pour effectuer ses achats et un autre à privilégier, comme l'explique 60 Millions de consommateurs.
Depuis plus de trente ans, la SNCF utilise un système de "tarification dynamique". Le principe est le même que dans l'aérien : les prix évoluent selon la demande et le remplissage des trains. Quand les réservations s'accélèrent, les tarifs augmentent. Quand un train attire moins de voyageurs, les prix restent plus accessibles. Sur son site, la SNCF explique elle-même que ses prix "varient en fonction du taux de remplissage" des trains. La compagnie explique que cette méthode permet ainsi de remplir les trains plus efficacement.

Dans les faits, cette logique rend les tarifs beaucoup moins lisibles pour les clients. Selon les informations publiées par la SNCF et relayées par 60 Millions de consommateurs, un Paris-Quimper en seconde classe peut démarrer autour de 20,50 euros avant de grimper jusqu'à 120 euros. Même constat sur un Paris-Marseille : les billets Ouigo commencent à 19 euros, mais peuvent atteindre 109 euros. En TGV InOui, le même trajet dépasse parfois les 140 euros. Ouigo n'échappe donc plus vraiment à la hausse générale des prix. La marque low cost de la SNCF continue d'attirer avec ses billets à petits tarifs au lancement des ventes, mais ces places partent très rapidement sur les lignes les plus demandées.
Selon les chiffres de l'Autorité de régulation des transports relayés par la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), le prix moyen d'un billet Ouigo est passé de 21 euros à 34,70 euros entre 2016 et 2024. Et surtout, le tarif affiché au départ ne correspond pas toujours au prix final payé par le voyageur. Sur le site officiel de Ouigo, les conditions tarifaires précisent que les bagages supplémentaires, le choix du siège ou certaines modifications de billet sont facturés en supplément. Par ailleurs, les billets les moins chers ne sont ni remboursables ni annulables. Résultat, un trajet annoncé à 19 euros peut finalement coûter beaucoup plus cher après l'ajout des options.
Toutefois, il y a des périodes lors desquelles les tarifs s'envolent presque systématiquement, soit juste avant les vacances scolaires, lors des grands départs, les vendredis et dimanches très chargés, ou quelques jours avant le voyage. À ce moment-là, les trains sont quasiment pleins et les derniers billets disponibles deviennent beaucoup plus chers. Sur certaines lignes, le prix peut alors être multiplié par deux, voire par trois.
Face à cette situation, les voyageurs cherchent donc des solutions pour limiter la facture. SNCF Connect propose par exemple une fonction "Alerte petits prix" qui permet d'être averti lorsqu'un billet devient moins cher sur un trajet donné. Beaucoup de voyageurs essayent aussi de réserver dès l'ouverture des ventes, plusieurs mois avant le départ, car les premiers billets mis en ligne sont généralement les moins chers. Les départs en milieu de semaine, tôt le matin ou en pleine journée affichent aussi des tarifs plus bas que les trains très demandés. Enfin, d'autres voyageurs privilégient les TER ou les Intercités, généralement moins coûteux grâce au soutien financier des régions.