On les croise partout, en ville comme en périphérie, fixés au bitume à l'aide de clous métalliques. Leur nom technique ? Les tubes pneumatiques. Derrière cette technologie toute simple se cache un outil précieux pour les collectivités locales, qui s'en servent pour scruter la circulation rue par rue. À Brest, la métropole installe environ 200 compteurs mobiles chaque année, chacun restant en place pendant sept jours maximum pour garantir des données bien fraîches.

Le principe est d'une simplicité redoutable. "Ça réagit à chaque passage de roue de véhicule, ça entraîne une pression sur le capteur pneumatique du compteur", explique Florian Boschet, ingénieur au service mobilité de la métropole brestoise, au micro de TF1. "Ça nous permet de connaître le nombre de véhicules qui passent sur cette voie, les véhicules légers, les poids lourds, mais également les vitesses pratiquées. "

Et c'est là que beaucoup d'automobilistes se crispent : si ces câbles enregistrent la vitesse, ne servent-ils pas à verbaliser en douce ? Que l'on se rassure, ces tubes ne sont pas des radars déguisés. Chris Miller, porte-parole de Transport Victoria en Australie, est catégorique auprès du média Drive : "Il n'y a absolument aucune chance qu'ils soient utilisés pour verbaliser des excès de vitesse." Selon lui, l'objectif est uniquement de "comprendre le comportement des usagers sur un certain tronçon de route, y a-t-il des excès de vitesse ou les gens roulent-ils en dessous de la limite autorisée ?"

Les informations récoltées permettent ensuite aux autorités de justifier des travaux, d'installer un dos-d'âne, de rallonger la durée d'un feu rouge ou de repenser un carrefour. "On a toujours besoin de compter, notamment dans le cadre du développement de transports en commun qui arrivent, mais également de nouveaux plans de circulation, avec forcément des nouvelles habitudes qui vont être prises", précise Florian Boschet. Ces tuyaux aident aussi à limiter le trafic dans les zones résidentielles, quand les riverains se plaignent de la pollution ou s'inquiètent pour les enfants du quartier.

Bonne nouvelle pour les curieux : dans plusieurs villes françaises comme Brest, Lille ou Marseille, les données collectées sont accessibles gratuitement en ligne. Si vous apercevez ces tubes près de chez vous, il y a de fortes chances que votre rue soit dans le viseur des autorités : projet d'aménagement, plaintes des riverains ou soupçon sur ces petites rues de quartier qu'on emprunte pour éviter les bouchons. Aucun PV ne tombera dans votre boîte aux lettres… mais votre raccourci favori, lui, a du souci à se faire.