Le vrai levier pour économiser sur son crédit immobilier n'est pas le taux (et presque personne ne le fait)

Quand on signe un crédit immobilier, toute l'attention se porte sur le taux négocié avec la banque. Pourtant, une autre ligne du contrat peut faire grimper la facture de plusieurs milliers d'euros et la plupart des emprunteurs passent complètement à côté.

Le vrai levier pour économiser sur son crédit immobilier n'est pas le taux (et presque personne ne le fait)
© wutwhan / 123RF

Pendant des semaines, les futurs propriétaires comparent les offres, surveillent les taux et essaient d'obtenir la meilleure mensualité possible. Pour Alexis Godard, directeur général d'Exell Crédit, cette erreur est presque systématique. "Les emprunteurs se focalisent presque exclusivement sur le taux du crédit," nous explique-t-ilEn effet, dans un marché où les taux ont fortement augmenté, toute l'attention se concentre désormais sur ce chiffre : 3 %, 3,5 %, parfois davantage. Les comparateurs, les courtiers et les banques jouent tous sur ce terrain-là. Résultat, les emprunteurs considèrent que l'essentiel de la négociation se résume à quelques dixièmes de points gagnés sur leur crédit.

Toutefois, cette obsession à obtenir le taux le plus bas masque parfois des économies bien plus importantes ailleurs. En mettant un autre élément dans la balance, "l'enjeu financier est souvent plus important qu'un léger gain sur le taux d'intérêt", détaille Alexis Godard au Journal des Femmes. Selon lui, beaucoup de particuliers raisonnent uniquement en fonction de leur mensualité finale sans regarder le coût global réel du prêt sur 20 ou 25 ans. Dans les faits, en activant ce levier sur la durée totale du crédit, "nous voyons régulièrement des économies de plusieurs dizaines de milliers d'euros", confie le professionnel.

Cet élément largement négligé, c'est l'assurance emprunteur. Obligatoire pour décrocher un crédit immobilier, elle reste reléguée au second plan dans la plupart des dossiers. "C'est pourtant un poste de dépenses qui peut représenter jusqu'à un tiers du coût du crédit", rappelle Alexis Godard. Le paradoxe, c'est que cette ligne du contrat est souvent abordée en toute fin de parcours, lorsque les acheteurs veulent boucler leur financement rapidement. Résultat, peu d'entre eux prennent réellement le temps de comparer les offres ou d'en mesurer l'impact sur le coût total du crédit.

Il cite d'ailleurs le cas récent d'un financement de 410 000 euros. Avec l'assurance emprunteur proposée au départ par la banque, les clients devaient payer 140 euros par mois en plus de leur mensualité de crédit, ce qui représentait au total 42 000 euros sur toute la durée du prêt. Après étude de leur profil et mise en concurrence des contrats, une autre assurance offrant un niveau de couverture équivalent a été retenue. La cotisation mensuelle est alors tombée à 83 euros. Résultat : le coût total de l'assurance a été réduit à 29 000 euros, soit 13 000 euros économisés sur le coût global du financement.

À noter que, beaucoup imaginent encore que certaines lignes du contrat sont figées. En réalité, la réglementation a récemment changé et laisse davantage de liberté aux clients. Comme le précise le professionnel : "La loi a évolué à plusieurs reprises pour offrir dorénavant la possibilité de changer à tout moment pendant la durée de vie du crédit." L'occasion de refaire un point sur son contrat et de jeter un œil à cette ligne bien précise.