Covid université : l'un des plus gros clusters dans une école de commerce à Nantes

Selon l'ARS des Pays de la Loire, une école de commerce de Nantes fait partie de l'un des plus gros clusters observé en France. "Au total, 1013 tests ont été passés, 212 étudiants sont positifs depuis la rentrée, avec un taux de positivité de 24,1%"

Covid université : l'un des plus gros clusters dans une école de commerce à Nantes
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[Mise à jour du 9 octobre à 11h09]. L'école de commerce Audencia, située à Nantes, fait partie de l'un des plus gros clusters de France depuis le début de l'épidémie de Covid-19. "Au total, 1013 tests ont été passés, 212 étudiants sont positifs depuis la rentrée, avec un taux de positivité de 24,1% dans cette école" précise dans un communiqué du 8 octobre l'Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire. "Les premiers cas ont été observés début septembre. À la mi-septembre, il y a eu des soirées festives, entraînant une transmission plus importante chez les première et deuxième années" explique Patricia Salomon, directrice de l'ARS. Les cours ont été suivis à distance pour 1500 étudiants de première et deuxième années. "La reprise des cours en présentiel sera autorisée avec port du masque, si possible chirurgical, à partir du mardi 13 octobre au matin" ajoute l'ARS.

A l'université, une jauge à 50% dans les zones d'alerte

Fini les amphithéâtres bondés ! Le gouvernement a tranché et demande aux universités qui se trouvent dans une zone d'alerte renforcée ou maximale de réduire le nombre d'étudiants qu'elles accueillent dans leurs locaux. Concrètement depuis ce mardi 6 octobre, les salles de cours, les cantines et bibliothèques ne peuvent plus dépasser plus de 50% "de leur capacité nominale". Ces mesures sont mises en place au moins pour une durée de 15 jours et s'appliquent en zone d'alerte renforcée (Bordeaux, Lille, Toulouse, Montpellier, Rennes, Rouen, Nice, Lyon, Saint-Etienne, Grenoble), et dans une zone d'alerte maximale soit la métropole d'Aix-Marseille, Paris, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. Dans les faits, peu de changement pour certains établissements scolaires, puisque les universités ont d'ores et déjà privilégié les cours à distance, en réservant le présentiel aux étudiants en fracture numérique ou en situation de handicap. Par ailleurs, cette réduction du nombre d'étudiants ne s'applique pas aux écoles, collèges et lycées. "On constate des choses très différentes à l'université et au lycée. Le plus important, c'est ce qui se passe en dehors de l'établissement, et il se trouve que la vie étudiante a été plus contaminante", a déclaré Jean-Michel Blanquer sur France 2 ce mardi.

Soirées étudiantes, colocation en cause ?

En effet, depuis la rentrée universitaire, les établissements d'enseignement supérieur sont particulièrement touchés. En cause notamment : le mode de vie étudiant. Friands de colocation, de soirées étudiantes, ils passent en outre, bon nombre de leurs journées à suivre leurs cours dans des amphithéâtres bondés. Résultat, une dizaine de clusters ont déjà émergé dans les universités françaises. A Montpellier, par exemple, 60 élèves (sur les 200 élèves que compte la promotion) ont été infectés suite à un week-end d'intégration. A la faculté de médecine de Rennes également, une quarantaine de cas de covid-19 a été détectée. Idem à Toulouse, où près de 130 étudiants de l'école d'ingénieur, l'INSA, ont été testés positifs au coronavirus peu de temps après la rentrée. "La jeunesse paie le prix fort de la crise sanitaire", regrettait Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, lors de sa conférence de presse de rentrée organisée ce 15 septembre 2020. Pour le gouvernement, si les étudiants sont de plus en plus nombreux à être infectés par le covid-19, c'est à cause de leurs rassemblements festifs nombreux, comme les week-ends d'intégration et les soirées étudiantes. Résultat, ils sont désormais interdits dans plusieurs villes de France.

Quelles règles à l'université ?

Outre le port obligatoire du masque dans les établissements scolaires, les responsables ont reçu une circulaire les informant de nouvelles consignes à mettre en place. Celles-ci varieront localement en fonction de l'évolution de la situation. Ainsi, les établissements n'ayant pas de cas signalés de covid-19, peuvent organiser leurs journées normalement, même si bien sûr la distanciation physique et le port du masque restent obligatoires. Autre possibilité, un emploi du temps partagé entre des cours en présentiel et des cours à distance. En cas de cluster, une fermeture totale de l'établissement sera de mise avec 100 % des cours en distanciel.

Les facs, libres d'instaurer leur propre protocole sanitaire ?

D'ailleurs, comme la souligné la ministre de l'Enseignement supérieur, "ce sont les chefs d'établissements qui prennent les décisions".  Ainsi, par souci de distanciation sociale, il a été décidé à l'université de Nantes, que les élèves laissent un siège libre entre eux. Dans d'autres universités, les cours ont d'ores et déjà été répartis une semaine sur deux entre présentiel et cours à distance. L'Etat va d'ailleurs débloquer 35 millions d'euros pour aider les établissements à la conception de cours en ligne.