Non, la bataille de Verdun ne disparaît pas des programmes scolaires !

Une polémique liée à la disparition de la bataille de Verdun dans les programmes d'histoire est démentie par le ministre de l'Education. On fait le point sur les véritables changements de la rentrée 2019.

Non, la bataille de Verdun ne disparaît pas des programmes scolaires !
© UGO AMEZ SIPA

La publication d'un article de l'Est Républicain publié samedi 23 mars, précisant que "la bataille de Verdun n'apparaît plus dans les nouveaux programmes de lycée annoncés pour la rentrée 2019", fait l'objet de vives polémiques. Le journal annonçait que les lycéens étudieraient à la place la bataille de la Somme "jugée plus internationale". De quoi susciter l'indignation des politiques, historiens et professeurs. "Évincer la bataille Verdun des manuels scolaires: un choix qui offense la mémoire des poilus et des taxis de la Marne !", a déclaré Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. Face à cette polémique, le ministre de l'Education a rapidement démenti l'absence dans les programmes scolaires de cette bataille de la Première Guerre mondiale. "La bataille de Verdun sera évidemment étudiée en première. Elle n'était pas dans les précédents programmes. Les nouveaux sont plus détaillés et chronologiques. Avec une partie sur la guerre de position. Verdun, déjà étudié en troisième, est indissociable de la bataille de la Somme" a réagi Jean-Michel Blanquer sur Twitter. Thibaut Poirot, professeur d'histoire-géographie explique à son tour que si la bataille de Verdun ne figure pas dans le programme d'histoire de première générale comme c'est le cas de la bataille de la Somme de 1916, cela ne signifie pas pour autant qu'elle ne sera pas traitée par les enseignants. "Non, Verdun ne disparaît pas du programme d'histoire au lycée. Pour une bonne raison: la bataille n'y était déjà pas. La bataille de la Somme était déjà au cœur de l'ancien programme de première", précise-t-il sur Twitter. "La Première Guerre mondiale est donc bien étudiée à la fois en primaire, puis en classe de troisième (cycle 4), puis en première", ajoute-t-il.

Pour autant, le projet de loi "Pour une école de la confiance", porté par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, et adopté le 19 février dernier par l'Assemblée nationale prévoit bien de nombreux changements pour la rentrée scolaire 2019. Parmi les grandes propositions : l'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire à 3 ans au lieu de 6 ans, la mise en place d'une instance d'évaluation, ou encore le renforcement des expérimentations... Quelles seront les nouvelles mesures qui entreront en vigueur en septembre prochain ? On fait le point sur les changements qui attendent les écoliers, les collégiens et les lycéens dès la rentrée 2019.

Drapeau français et Marseillaise

Les députés ont adopté un amendement d'Eric Ciotti (député LR) qui prévoit de rendre obligatoire la présence du drapeau tricolore bleu, blanc rouge, et du drapeau européen dans les salles de classe ainsi que les paroles du refrain de l'hymne national. "Je me félicite du vote de mon amendement rendant obligatoire le drapeau français dans chaque classe de chaque école de France. Les valeurs et symboles de la République appartiennent à tous les Français, ils doivent pouvoir se les approprier dés le plus jeune âge" avait-il déclaré. Cette nouvelle mesure pourrait donc être appliquée "dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degré, publics ou privés sous contrat", précise le texte.

L'école obligatoire dès l'âge de 3 ans

A la rentrée 2019, l'âge de l'instruction obligatoire sera abaissé à trois ans (au lieu de 6 ans actuellement) afin d'offrir à tous les élèves les mêmes chances de réussir leur scolarité. Ainsi, l'entrée à l'école maternelle sera la première rentrée des classes de tous les enfants. Ainsi, l'article 2 du projet de loi sur l'école de la confiance prévoit l'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire à trois ans. Mais cette nouvelle mesure ne devrait concerner que 26 000 enfants environ, puisque près de 97 % des petits de 3 ans sont déjà scolarisés. En proposant cette nouvelle mesure, le gouvernement souhaite également réduire les inégalités. Néanmoins, les collectivités ne sont pas favorables à de telles dispositions puisqu'elles seront contraintes de financer les écoles maternelles privées sous contrat, tandis que la droite critique "la liberté de choix des parents". 

Une scolarité sans harcèlement

Un amendement proposé par le MoDem a été adopté le 12 février par l'Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi "pour une école de la confiance". "Le droit à une scolarité sans harcèlement comme un principe du droit à l'Éducation" devrait rassurer nombre d'associations et d'élèves victimes de ce fléau chaque année. Des sanctions disciplinaires devront être fixées ensuite par décret en Conseil d'État, mais certaines ont d'ores et déjà été annoncées comme l'obligation pour un élève harceleur de suivre un stage de sensibilisation sur le harcèlement scolaire. "Déclarer dans le code de l'Éducation le droit de chaque élève de ne pas être exposé au harcèlement scolaire (...) permet d'envoyer un signal fort", a déclaré Erwan Balanant (MoDem), député du Finistère. "Dorénavant ce droit pourra être mieux expliqué aux enfants, notamment dans les campagnes de sensibilisation et de prévention (...) pour les inciter à ne plus tolérer certains comportements", a-t-il ajouté.

Expérimenter les rythmes scolaires

Dans son projet de loi "pour une école de la confiance", Jean-Michel Blanquer propose aux établissements scolaires qui le souhaitent, d'expérimenter de nouveaux horaires au cours de la journée. Comme au Royaume-Uni ou en Allemagne par exemple, les cours classiques pourraient donc avoir lieu le matin, et l'après-midi pourrait être consacré à la culture et au sport. Cette expérimentation pourra débuter dès la rentrée 2019 pour les écoles, collèges et lycées volontaires, qui pourront aussi tester de nouvelles procédures d'orientation pour les jeunes. Néanmoins, les parents qui sont opposés à cette proposition pourront faire une demande de dérogation. 

Le devoir d'exemplarité des enseignants

Le premier article du projet de loi précise "que la qualité du service public de l'éducation dépend de la cohésion de la communauté éducative". Jean-Michel Blanquer souhaite que tous les professionnels de l’éducation fassent preuve d'exemplarité et rappelle leur devoir de réserve envers l'institution. Est-ce une manière de leur suggérer de faire profil bas lorsque des professeurs expriment leur colère sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas récemment avec les hashtags #PasdeVague ou encore le mouvement des Stylos rouges ? C'est en tout cas ce que craignent les enseignants qui refusent de se sentir "muselés" ou de voir leur liberté d'expression restreinte pour donner l'exemple.

De nouvelles formations pour les professeurs

Les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation (Inspé) vont remplacer les actuels Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et les Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espe) qui forment les enseignants. Selon le ministère de l'Education, les formations initiales présentaient des inégalités d'une région à l'autre. En outre, ce seront désormais les ministres de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur qui nommeront les directeurs de ces instituts, jusqu'à présent élus localement. Enfin, les surveillants qui préparent un concours pour le métier d'enseignant seront invités à faire cours avec les professeurs et pourront désormais être recrutés pendant trois ans.

Et aussi : des cours à 9h au lieu de 8h au lycée ?

Suite à la demande de Valérie Pécresse, les cours pourraient démarrer une heure plus tard au lycée. Le gouvernement s'est montré favorable à une expérimentation en Ile-de-France pour la rentrée 2019. Selon une étude américaine, cette heure supplémentaire, bénéfique pour le sommeil des ados, permettrait aux élèves moins fatigués d'être plus attentifs en classe. Ces derniers obtiendraient de meilleurs résultats scolaires, et les retards ainsi que l'absentéisme seraient diminués. 

Les transports en commun gratuits à Paris

Dans une interview accordée au journal Libération, la maire de Paris a annoncé, dans le cadre du rapport sur la mobilité du Grand Paris, que les transports en commun seraient gratuits pour les enfants en Ile-de-France. Qui est concerné ? A partir du 1er septembre 2019, le Pass Navigo sera offert aux Parisiens handicapés âgés de moins de 20 ans, les collégiens et les lycéens parisiens pourront se faire rembourser leur abonnement de 50% et les petits parisiens âgés de 4 à 11 ans pourront voyager gratuitement dans la capitale. Pour Anne Hidalgo, ces nouvelles mesures sont "en phase avec les deux grands enjeux de notre temps: la transition écologique et la réduction des inégalités", a-t-elle déclaré au quotidien.

Un nouveau baccalauréat

La réforme du bac entraîne de nombreux changements pour les lycéens. Concrètement, le baccalauréat va évoluer de manière à mieux préparer les élèves à leur orientation et favoriser leur réussite dans l'enseignement supérieur. Il contiendra uniquement quatre matières obligatoires (trois épreuves écrites et un oral), avec l'introduction d'un contrôle continu tout au long de l'année qui comptera pour 40% de la note finale. Même si ce nouveau bac ne sera appliqué qu'en 2021, les élèves de seconde sont les premiers concernés, puisque ce sont eux qui passeront cette nouvelle version du bac. En septembre 2018, ces derniers ont passé un test de positionnement pour évaluer leur niveau en français et mathématiques. Enfin, les collégiens qui font leur rentrée des classes en seconde bénéficient d'un accompagnement personnalisé et de 54 heures consacrées à leur orientation, pour mieux les aider à choisir la filière professionnelle qui leur convient. 

Le baccalauréat 2021 © Ministère de l'Education

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