Voilà pourquoi les chats ont un accès de folie après être allés à la litière
Un chat qui court partout après avoir fait ses besoins n'a pas soudainement perdu la raison. Il y a une explication scientifique et biologique derrière ce moment d'excitation qui nous paraît si étrange.
Tout propriétaire de chat a déjà assisté à cette scène déroutante : votre chat fait ses besoins dans sa litière, les enfouit minutieusement, avant de partir à toute vitesse. S'ensuit alors un moment d'énergie débordante dans toute la maison. Il devient hyperactif, court partout, saute sur les meubles... face à des maîtres consternés qui se demandent ce qui peut bien lui prendre. On croirait presque qu'il a vu un esprit ou qu'il a soudainement perdu la tête ! Pourtant, il y a une vraie explication scientifique derrière ces accès de folie, appelés "zoomies" ou "périodes d'activité frénétique aléatoire".
Pendant longtemps, les comportementalistes ont pensé qu'il s'agissait uniquement d'un héritage de leurs ancêtres sauvages. Dans la nature, l'odeur des excréments attire les prédateurs et trahit donc la position de l'animal. Enterrer ses déjections est une première étape, mais fuir la "zone de danger" le plus vite possible est une question de survie. Ce sprint fulgurant serait donc une technique pour brouiller les pistes, mais pas seulement. La véritable raison de cette course effrénée est en réalité d'ordre biologique.
Cela peut prêter à sourire, mais les chats vivent une forme "d'euphorie du caca"... tout comme nous. Le terme de "poo-phoria" a été popularisé par le gastro-entérologue américain Anish Sheth, coauteur du livre What's Your Poo Telling You ?. Bien que décrite chez l'humain, les vétérinaires s'accordent à dire que les chats ressentent eux aussi cette euphorie post-selles. "Nous savons que la défécation stimule le nerf vague, ce qui peut procurer une sensation de soulagement. Selon le tempérament du chat, cela peut entraîner de l'excitation et des accès de folie. On observe le même phénomène chez les chiens", explique ainsi Elizabeth Stelow, vétérinaire et responsable du service comportemental à l'Université de Californie, auprès de PetMD.
En effet, tout provient du nerf pneumogastrique (ou nerf vague), qui relie le cerveau au système digestif. Le passage des selles dans le côlon stimule ce nerf, entraînant une baisse temporaire de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle, suivie d'une libération d'endorphines, communément appelée l'hormone du bonheur. Ce n'est donc ni de la peur ni de la folie, mais un véritable "shoot" de bien-être qui donne au chat cette irrépressible envie de courir partout ! Et à cette extase neurologique s'ajoute aussi une explication beaucoup plus terre à terre : le soulagement d'être littéralement "allégé". Après s'être délesté, le chat se sent physiquement libre et plein d'énergie.
Si ce comportement naturel est généralement le signe d'un chat heureux et en bonne santé, certains signes doivent toutefois alerter. Si votre chat fuit avant même d'avoir fini ses besoins, ou si ces "zoomies" s'accompagnent de miaulements plaintifs, c'est peut-être un indicateur. Dans ce cas, cela peut signifier une tentative d'échapper à la douleur, comme une infection urinaire ou de la constipation par exemple. Un petit contrôle chez le vétérinaire s'impose alors pour s'assurer que ces sprints post-litière restent de purs moments d'allégresse !