Cet animal sauvage pourrait devenir notre prochain compagnon préféré, selon une étude

Après les chiens, chats et autres furets, des chercheurs ont découvert qu'une nouvelle espèce sauvage était en plein processus de domestication. Elle pourrait, un jour, devenir un animal de compagnie comme un autre.

Cet animal sauvage pourrait devenir notre prochain compagnon préféré, selon une étude
© serezniy

Voilà des siècles, même des millénaires, que les chiens et les chats ont délaissé leur état sauvage pour devenir nos meilleurs amis à fourrure, désormais gâtés comme de véritables enfants à base de câlins quotidiens, de croquettes bio et de jouets hors de prix. Mais le cercle de nos animaux domestiques s'est élargi ces dernières années avec l'arrivée des fameux "NAC", ces nouveaux animaux de compagnie tels que les rats, furets, perruches ou encore serpents. Et bientôt, une nouvelle espèce improbable pourrait bien s'ajouter à la liste. 

Fin 2025, une étude publiée dans la revue scientifique Frontiers of Zoology démontre qu'un animal sauvage est en train de vivre un processus d'auto-domestication similaire à celui qu'ont connu les loups avant de devenir des chiens. Pourtant, à première vue, ce petit resquilleur réputé pour son tempérament de filou et ses bêtises nocturnes n'a absolument rien d'un camarade du quotidien. On le surnomme même "trash panda", tant il aime s'attaquer à nos poubelles... Vous l'aurez peut-être compris : il s'agit du raton laveur. 

La professeure de biologie Raffaela Lesch, avec l'aide de ses étudiants de l'Université de l'Arkansas, a étudié à la fois l'évolution physique et comportementale des ratons laveurs présents en ville pour les comparer à leurs congénères de la campagne. Le but ? Découvrir si cette espèce présente des marqueurs du "syndrome de domestication". Et la réponse est oui.

D'abord, l'étude montre que les individus habitués à côtoyer l'homme, en milieu urbain, ont des museaux significativement plus courts que leurs cousins ruraux, l'un des premiers signes du processus de domestication. Une caractéristique physique que l'on a déjà pu remarquer chez les chiens par exemple, qui ont des museaux plus courts que les loups. 

Rois des poubelles, les ratons laveurs ont aussi fait évoluer leur comportement pour s'adapter à l'homme. C'est le principe de la sélection naturelle, ou presque : les animaux les moins peureux et menaçants envers les humains sont les mieux lotis. "Les déchets sont le véritable déclencheur. Les animaux adorent nos poubelles, c'est une source de nourriture facile. Tout ce qu'ils ont à faire, c'est tolérer notre présence, ne pas se montrer agressifs, et ils peuvent se régaler", explique la Dre Raffaela Lesch.  

Quoi qu'il en soit, la domestication du raton laveur n'est pas pour tout de suite : c'est un processus qui prend de nombreuses années, possiblement des milliers, mais qui semble bel et bien en marche... qu'on le veuille ou non. "La domestication est souvent perçue à tort comme une sélection artificielle, entièrement orchestrée par l'homme. [...] Les animaux doivent s'adapter à l'intervention humaine : la prudence et la vigilance sont nécessaires, mais surtout, seuls les animaux dont les réactions de fuite (ou de combat) sont atténuées réussissent le mieux. Cela fait des premières étapes du processus de domestication un processus de sélection naturelle pure", note ainsi l'étude. Attention toutefois, cette étude n'est pas une invitation à adopter un raton laveur. Bien au contraire. Pour l'instant, et bien qu'on les voit parfois agir en animaux de compagnie sur les réseaux sociaux, ces animaux restent sauvages et imprévisibles. 

Et il faut savoir aussi que la loi française interdit formellement d'adopter un raton laveur. Depuis 2018, il est en effet inscrit sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union Européenne. Cette liste recense toutes les espèces animales et végétales introduites par l'homme hors de leur territoire d'origine, et qui représentent une menace pour la biodiversité locale. Venu d'Amérique du Nord, le Procyon lotor (de son vrai nom) accapare "une part trop importante des ressources dont les autres espèces ont besoin pour survivre". En détenir un est passible de 3 ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende, sauf s'il a été adopté avant l'interdiction officielle.