Règle de priorité à droite : cette erreur courante donne 100% tort aux conducteurs en cas de pépin

"Je suis sur la voie principale, donc je suis prioritaire": cette erreur banale commise par des milliers de conducteurs peut vous attirer des ennuis. La règle et les exceptions à connaître ou à se remémorer pour éviter les confusions.

Règle de priorité à droite : cette erreur courante donne 100% tort aux conducteurs en cas de pépin
© Gemini

C'est l'une des toutes premières règles que l'on apprend au Code de la route. La priorité à droite est bien connue et intégrée par tous les conducteurs : on cède le passage à droite, excepté en présence d'un panneau de signalisation précisant qu'on est sur une voie prioritaire, d'un panneau "Cédez le passage", d'un stop ou d'un feu rouge pour l'autre automobiliste. Pourtant, dans certaines situations, on peut vite se mettre à douter ou croire que l'on est dans notre droit en traçant son chemin... En effet, entre les petites ruelles discrètes, les impasses apparentes ou la sortie des parkings, de nombreuses situations du quotidien restent floues pour un grand nombre d'automobilistes. Pensant être sur une "voie principale", beaucoup poursuivent leur route sans ralentir, ignorant qu'ils s'exposent à un piège réglementaire particulièrement coûteux. 

L'erreur la plus fréquente consiste à juger de la priorité d'une rue à sa largeur ou à son trafic. Beaucoup d'automobilistes estiment qu'une petite rue étroite, une impasse ou une ruelle sans marquage au sol doit céder le passage à l'axe le plus fréquenté. C'est faux. L'article R415-5 du Code de la route est formel : en l'absence de panneau (Stop, Céder le passage) ou de feu tricolore, la priorité à droite s'applique absolument partout sur le réseau public goudronné. Même si la rue venant de droite ressemble à une simple ruelle de village ou à une voie résidentielle, le véhicule qui en sort est strictement prioritaire.

Il existe pourtant un cas précis où la priorité à droite ne fonctionne plus, et c'est là que la confusion s'installe. Selon l'article R415-9 du Code de la route, tout conducteur qui quitte un chemin de terre, une propriété privée, franchit un trottoir ou sort d'un parking (qu'il soit privé ou public, comme celui d'un supermarché ou une aire de stationnement) doit impérativement céder le passage aux usagers de la route principale. La frontière est parfois mince : si la rue venant de droite est une voie publique goudronnée, elle est prioritaire. S'il s'agit d'une sortie de parking sans signalisation, elle ne l'est pas. En cas de doute sur le statut de la voie, la prudence impose de ralentir.

En cas d'accrochage à une intersection sans signalisation, le conducteur risque gros. Pour les compagnies d'assurances, le non-respect d'une priorité à droite entraîne automatiquement une attribution de 100 % des torts au conducteur venant de la gauche. Aucune circonstance atténuante n'est retenue, même si le véhicule venant de droite roulait vite ou s'il s'engageait depuis une rue très peu fréquentée. Le conducteur fautif voit ainsi sa responsabilité entièrement engagée et écope d'un malus sur son contrat d'assurance.

Au-delà du sinistre automobile, le refus de priorité constitue une infraction grave au Code de la route. S'il est constaté par les forces de l'ordre, ce manquement est sanctionné par une contravention de 4ᵉ classe, soit une amende forfaitaire de 135 euros, s'accompagnant d'un retrait de 4 points sur le permis de conduire, et pouvant être assortie d'une peine complémentaire pouvant aller jusqu'à trois ans de suspension de permis. Un rappel à la règle qui prouve qu'au volant, lever le pied à chaque intersection reste la meilleure habitude à conserver.