Journée internationale des filles : date et plan d'actions en faveur des adolescentes

Mise en place en 2011 par l'Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale des filles, qui se déroule chaque année le 11 octobre, vise à reconnaître les difficultés et les inégalités dont souffrent les jeunes filles et adolescentes à travers le monde.

Journée internationale des filles : date et plan d'actions en faveur des adolescentes
© Rermrat Kaewpukdee/123RF

Chaque année, 12 millions de filles de moins de 18 ans sont mariées et 130 millions de filles dans le monde ne sont toujours pas scolarisées1. Crée à l'initiative de Plan International, une organisation non gouvernementale (ONG) qui œuvre pour faire progresser les droits des enfants et l'égalité entre les filles et les garçons, la Journée internationale (des droits) de la fille est née d'un constat : les filles dans le monde, et en particulier dans les pays en développement, sont les premières victimes d'inégalités, d'exclusion, de discriminations et d'abus. Déscolarisation, excision, exploitation, mariages forcés et grossesses précoces… ces violations des droits des enfants sont subies par des millions de filles dans le monde et constituent de nombreux freins à leur éducation et leur émancipation. Il était donc nécessaire d'agir pour transformer la vie de millions de filles victimes d'inégalités et de discriminations dans le monde afin de leur permettre de sortir de la pauvreté et de devenir des femmes libres.

Quelle est la date de la Journée internationale des filles ?

Parce que les filles font face à des difficultés différentes de celles rencontrées par leurs aînées et que faire valoir les droits des femmes adultes commence par faire valoir ceux des filles, la création d'une journée de mobilisation spécifiquement dédiée aux droits de filles, et distincte de la Journée internationale des femmes célébrée le 8 mars, était nécessaire. En 2012, l'ONU reconnaît officiellement le 11 octobre comme étant la Journée internationale des (droits) de la fille. Cette journée constitue un temps fort pour faire entendre la voix des filles et se mobiliser pour leurs droits trop souvent bafoués à travers le monde. Tous les États membres des Nations unies, les organismes qui y sont rattachés, les organisations internationales, la société civile, sont invités à célébrer la Journée internationale de la fille et à sensibiliser l'opinion à la situation des filles partout dans le monde.

Chaque année, une ville est désignée pour être la capitale mondiale pour les droits des filles, un honneur reçu notamment par Paris en 2017, ainsi qu'un thème choisi par l'Organisation des Nations unies. En 2020, pour sa 9e édition, la Journée internationale des filles avait pour thème "Ma voix, l'égalité pour notre avenir". Alors que les adolescentes du monde entier affirment leurs capacités à faire bouger les lignes, l'édition 2020 s'est concentrée sur leurs demandes, à savoir :

  • mener une vie débarrassée de la violence fondée sur le genre, des pratiques néfastes et du VIH ;
  • apprendre de nouvelles compétences pour aborder l'avenir qu'elles choisissent ;
  • prendre la tête d'une génération d'activistes qui accélèrent le changement social.

Quel est le programme d'actions de la Journée internationale des filles ?

A travers la Journée internationale de la fille, c'est tout un programme d'actions qui est déployé avec pour objectif de promouvoir l'autonomisation des filles, d'investir dans leur éducation, de faire respecter leurs droits humains en sensibilisant l'opinion quant aux inégalités et aux violences dont elles sont victimes.

Afin de lutter contre les inégalités de genre, l'ONG Plan international rappelle le rôle essentiel des garçons et des hommes dans ce combat contre les discriminations dont sont victimes les filles et les femmes. Ainsi l'ONG les implique dans toutes ses actions en faveur des droits et de l'éducation des filles et les invite à rejoindre le mouvement mondial pour obtenir l'égalité entre les filles et les garçons.

Fille d'aujourd'hui, femme de demain

Si, selon le rapport de l'UNICEF, de Plan International et d'ONU Femmes2, la condition des jeunes filles dans le monde s'est considérablement améliorée depuis 25 ans, il reste encore de nombreux points sur lesquels des améliorations sont possibles et nécessaires, notamment sur l'éducation, les violences sexuelles et sur l'accès à la santé.

L'alphabétisation, une compétence de base nécessaire à l'épanouissement personnel et à la citoyenneté active, a certes augmenté au niveau mondial chez les jeunes, mais un écart entre les sexes persiste, et cela au détriment des filles. Les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans représentent aujourd'hui 56 % de la population mondiale de jeunes analphabètes, contre 61 % en 19953.

Une fille sur 20 âgées de 15 à 19 ans, soit environ 13 millions, a subi des rapports sexuels forcés au cours de sa vie4, ce qui constitue l'une des formes les plus violentes d'abus sexuels dont peuvent être victimes les femmes et les filles. Si les pratiques telles que le mariage des enfants et les mutilations génitales ont diminué au cours des 25 dernières années, des millions de filles dans le monde subissent encore beaucoup trop des mariages précoces, des mutilations génitales et des abus sexuels.

Aujourd'hui encore, les filles ont du mal à bénéficier des services de santé et des informations dont elles ont besoin pour se protéger contre les infections sexuellement transmissibles ou les grossesses non désirées. Et trop peu d'entre elles reçoivent l'alimentation appropriée dont elles ont besoin pour vivre longtemps et en bonne santé.

On estime qu'en 2021, quelque 435 millions de femmes et de filles dans le monde (soit 13 % de la population féminine) lutteront pour survivre avec moins de 1,90 dollar par jour, dont 47 millions qui basculeront dans une extrême pauvreté monétaire causée par la crise du COVID-195.

1 Selon l'ONG Plan International

2,3,4 Rapport A New Era for Girls: Taking stock on 25 years of progress (Une nouvelle ère pour les filles : Retour sur 25 ans de progrès) publié par L'UNICEF, Plan International et ONU-Femmes en mars 2020.

5 Selon les Nations Unies