L'accès à l'IVG, menacé par le confinement ?

De nombreuses associations craignent que les mesures de restrictions imposées par le confinement rendent l'accès à l'avortement plus difficile. Un amendement récemment déposé pour allonger les délais de pratique de la procédure a été rejeté par le gouvernement.

L'accès à l'IVG, menacé par le confinement ?
© Photographee.eu

La période est également chargée pour les Planning familiaux. Alors que de nouvelles mesures ont été précisées par le Premier ministre pour limiter davantage les déplacements des Français, les associations de droits de femmes ont alerté le gouvernement sur un recul potentiel du droit à l'avortement en raison du report de certaines opérations et de l'impossibilité pour certaines femmes de se rendre à l'hôpital.

Les IVG, empêchées par la crise sanitaire du Covid-19

Indisponibilité des médecins, peur de la contagion dans les hôpitaux, manque de matériel dans les établissements... De nombreux facteurs de la crise sanitaire actuelle peuvent être des éléments dissuasifs pour les jeunes filles et femmes qui souhaitent interrompre une grossesse. Selon plusieurs associations regroupées, l'accès à l'IVG est gêné par "la fermeture des créneaux de bloc opératoire" et le manque de protection pour le personnel d'accueil et soignant. Pour Danielle Gaudry, gynécologue et militante au Planning familial, l'ensemble du "système de santé est réorganisé. Or, une IVG, ça ne peut pas attendre". 

"Certains établissements hospitaliers et certains centres de planification n'assurent plus leurs missions dans ce domaine" se sont indignés la Cadac, le Planning Familial et de nombreuses associations féministes dans un communiqué conjoint. 

Pour tenter de trouver une solution, la sénatrice PS Laurence Rossignol avait déposé un amendement dans le cadre de la loi d'urgence sanitaire pour allonger les délais de recours à l'IVG, informe Le Figaro. Mais ce dernier a été rejeté par le Sénat.

"La continuité des interruptions de grossesse doit être assurée", rassure le gouvernement

Lundi 23, le gouvernement a tenté de rassurer les associations et les personnes qui pourraient souhaiter la procédure. "Les interruptions de grossesse sont considérées comme des interventions urgentes par le ministère des Solidarités et de la Santé. Leur continuité doit être assurée", ont déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran et la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa.

Pour vérifier la bonne marche de ces services, le communiqué indique que des points réguliers seront fait par "les services de l'État" avec "les soignants et le tissu associatif", et que le gouvernement "s'assurera de la bonne disponibilité" de la contraception d'urgence, disponible sans ordonnance.