D'un accident de chantier à une marque de sacs adorée de la royauté : à 38 ans, cette Drômoise a tout quitté pour se lancer

"J'ai commencé en me disant 'on verra où ça me mène'"... Aujourd'hui, cette Drômoise est à la tête d'une maison de maroquinerie qui génère près de 500 000 € de chiffre d'affaires à l'année. Made in France à Romans-sur-Isère, elle a même conquis plusieurs figures de la royauté.

D'un accident de chantier à une marque de sacs adorée de la royauté : à 38 ans, cette Drômoise a tout quitté pour se lancer
© STUDIO196.FR-2022

Il n'y a pas que les contes de fées qui font rêver. Certaines histoires vraies peuvent inspirer des générations entières et même gagner les individus les plus désenchantés. Celle de Tine Collard a d'ailleurs fait l'objet de plusieurs articles dans le monde entier.

"Bourguignonne de naissance", cette Drômoise de 45 ans a tout plaqué pour se lancer dans sa folle aventure mode. Avec 5000 € en poche, elle a réussi à transformer son projet en véritable mine d'or : sa marque génère un chiffre d'affaires de 500 000 € annuels. Une prospérité financière qui résulte d'un "effet célébrité" : au fil des années, les stars issues des quatre coins du monde ont porté ses créations, contribuant à leur désirabilité. Parmi elles, Elodie Gossuin et Rania de Jordanie. En exclusivité pour le Journal des Femmes, la fondatrice se confie.

Tine le reconnaît ; son "parcours atypique" peut interloquer. Aujourd'hui à la tête de Nodie's, maison de sacs adorée de la royauté, la femme d'affaires a fait ses premières armes loin de l'univers maroquinier.

"Je n'avais pas de diplôme, j'ai commencé de zéro", confie-t-elle. Titulaire d'un brevet d'Art dans la céramique, elle devient ensuite carreleur mosaïste sur les chantiers. "C'était ça son avenir", jusqu'à ce qu'un accident ne fasse tout voler en éclats. À 27 ans, Tine se retrouve ainsi sur le carreau - retour à la case départ. Pendant 3 ans, elle sera animatrice d'atelier pour une enseigne de loisirs créatifs… jusqu'au jour où elle tombe sur une annonce qui sonne comme une deuxième chance. Elle quitte alors son CDI pour une formation en maroquinerie de 3 semaines, sans filet de sécurité et avec une seule certitude : "l'envie d'apprendre." Elle y restera finalement 9 ans. 

Là-bas, elle passe par tous les métiers d'expertise du cuir. C'est en remarquant que nombre de cuirs non utilisés sont voués à la destruction qu'elle va se questionner sur "la revalorisation des matières, l'upcycling" et imaginer Nodie's. "Avec ce que j'ai entre les mains, ce savoir-faire, la connaissance des cuirs, 'comment m'en servir pour rendre le luxe accessible et l'élégance abordable et responsable ?'" 

Une aventure humaine de A à Z. Son mari Thibaut, qui la soutient sur la partie digitale depuis le début, est aujourd'hui son associé. D'anciennes collègues maroquinières, rencontrées chez le sous-traitant qui l'a formée, rejoignent ses équipes quelques années plus tard. En 2024, plus de 200 inconnus unissent leurs forces dans une cagnotte Ulule pour donner 26 000 € à la marque - cagnotte qui figure dans le top 10 de la plateforme encore à l'heure actuelle.

Consécration ultime : suite à un post LinkedInNodie's partage les difficultés propres à une jeune marque, le personal shopper de Rania de Jordanie en profite pour établir un contact. "Il nous suivait depuis un certain temps. Quand il a vu la publication, il a envoyé un message nous expliquant qu'il voulait nous donner un coup de pouce, que nos designs étaient très beaux, qu'il connaissait bien les goûts de la reine et qu'il avait envie de lui présenter la marque." C'est ainsi que Rania de Jordanie portera leur sac iconique en mars 2025. Elle exhibera un autre modèle 11 mois plus tard.

D'une production de 50 sacs par mois, Nodie's passe rapidement à 55 par semaine. Une croissance qui n'entrave en rien la qualité de ses pièces : la fabrication se fait à Romans-sur-Isère par 6 maroquinières, toujours avec cette volonté de valoriser le savoir-faire français.