Cette Dijonnaise de 21 ans vend des pierres précieuses à 14 000 € grâce à une idée née en maison de retraite

Tout dans son parcours interpelle : les débuts, le salaire, la manière de faire. Car son rêve de carrière germe alors qu'elle travaille en maison de retraite. À 21 ans et avec seulement 1 an d'expérience, elle gagne jusqu'à 11 000 euros par mois. Son métier ? Vendre des pierres précieuses... mais pas comme on le croit. Témoignage.

Cette Dijonnaise de 21 ans vend des pierres précieuses à 14 000 € grâce à une idée née en maison de retraite
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Les générations d'antan la pensent arrogante, fainéante, à toujours vouloir le beurre et l'argent du beurre inlassablement, sans fournir les heures de labeur nécessaires. Cependant, la gen Z n'a pas fini de nous surprendre. À 21 ans, Clara (@thegemaura) fait partie des acteurs disruptifs d'un secteur du luxe réputé conservateur : la haute joaillerie. Une histoire de mode pas comme les autres. Rencontre.

Gemmologue "depuis même pas 1 an", la jeune femme gagne sa vie en cherchant et en revendant des pierres précieuses. Atypique, sa façon de faire hérisse le poil de certains puristes. Une technique clivante qui porte toutefois ses fruits : son salaire tourne autour d'"au moins 5000 € par mois", alors qu'elle est junior. Le plus gros touché en 1 an d'activité ? "11 000 et quelques". "Ce qui est fou, c'est que j'avais commencé en décembre et mon plus gros mois a été le mois de février suivant", nous confie-t-elle. 

Rien ne la prédestinait à ce parcours de vie. Fille de parents "tous les deux médecins", Clara voulait à l'origine "faire quelque chose dans le médical, en rapport avec les personnes âgées" pour qui elle a "toujours eu une attache particulière." Sa vocation pour la pierre, elle va donc la trouver… en maison de retraite. Elle constate qu'"on ne voit plus trop de bijoux sur les seniors", que les "bracelets ou pendentifs d'appel pour la sécurité ne sont pas très beaux". Son envie d'y remédier la poussera à se former au design et à la gemmologie pour imaginer ses propres créations.

Des mines aux marchés, elle parcourt la planète à la recherche des plus belles pierres pour ensuite les vendre sur internet. Aujourd'hui, Clara dégage un revenu mensuel 3 fois supérieur au SMIC. Dans une ère où "peu de gens font confiance à ce métier sur internet, au fait d'acheter des pierres précieuses en ligne", celle qui a grandi à Dijon réussit avec brio à les écouler via ses réseaux. La clé de son succès ? Des sessions de "live selling, de ventes en live sur Instagram" qui durent "au moins 2h30 voire 4h" ; histoire de "captiver l'auditoire" et d'instaurer une relation de confiance. "Il faut leur laisser le temps", explique-t-elle.

"Parfois ils vont se dire 'je n'ai pas envie d'acheter tout de suite, je veux voir ce qu'elle va me proposer. Une fois qu'elle aura tout montré, je vais revenir sur une pierre qui m'a plu, reposer des questions, lui demander de la remontrer, et pourquoi pas l'acheter.'" Accompagnée d'un propriétaire dont elle a analysé les pierres, Clara joue les intermédiaires et les présente une-à-une face caméra - comme le téléshopping d'antan mais via réseau social. Résultat : elle vend une pierre "entre 2 000 et 6 000 $." La transaction la plus chère conclue à ce jour ? "Une spinelle Mahenge, vendue 16 000 $" (soit 14 000 €).  

Une manière de fonctionner qui casse les codes du Vieux Continent et de la France - marché qui lui fait encore de la résistance. "Je travaille avec peu de personnes en Europe. La majorité de mes clients vient des États-Unis."

"En hexagone, les gens ont tellement confiance au joaillier de leur ville qu'ils ne vont pas forcément acheter une pierre en ligne." Mais la jeune femme n'a pas dit son dernier mot : "Mon but, plus tard, c'est de toucher l'Europe."