+475% en 3 ans : ce marché de la seconde main rapporte plus que tous les autres et personne n'y pense
Ce segment du vêtement vintage progresse plus vite que la seconde main elle-même.
Côté vêtements, si la seconde main atteint des sommets sans jamais plafonner (+127% en 2026 selon le World Economic Forum), il y a un secteur qui semble croître plus fort que les autres, qu'importe la temporalité. Il rapporte constamment à ses vendeurs et son succès ne dépend ni des tendances du moment, ni des saisons, ni des caprices de la météo. Preuve en est : il s'est hissé au cœur de toutes les conversations numériques, avec une hausse de 475% en 3 ans rien qu'en France. Pourtant, les fans de mode n'y pensent pas spontanément quand on leur parle de vintage... excepté les parents. Vous l'aurez compris, il s'agit de la mode enfant.
Eloïse, Vintie depuis 10 ans, vend à la fois des vêtements adultes et enfants sur la plateforme balte. Cet engouement, elle le constate même à sa petite échelle : "Parmi tout ce que je vends, il n'y a que les vêtements de ma fille qui partent." La jeune maman achète et revend depuis la naissance de la fillette.
Comme tous les parents, c'est pour des raisons financières qu'elle a dû s'y mettre. "Je me suis tournée vers la seconde main enfant parce que le tarif des vêtements neufs est beaucoup trop cher." Aujourd'hui, elle n'achète quasiment plus que par ce circuit : "En termes de répartition, j'estime que les vêtements d'occasion représentent 80% de ma consommation et les neufs, 20%." Brocantes, foyers ruraux, plateformes de revente, ressourceries : Eloïse ne manque pas de ressources, c'est le cas de le dire.
"Je revends ensuite les vêtements qui ne vont plus à ma fille sur ces plateformes, ce qui me permet de récupérer des sous et de racheter encore d'autres vêtements adaptés à sa taille." Un autre point mis en lumière par Eloïse, et qui explique l'immense succès du marché vintage kids. Touché par un caractère plus éphémère encore que la mode femme ou homme, le textile enfant doit composer avec la croissance desdits marmots. Un vêtement y a donc une durée de vie plus courte que chez les adultes : "Comme les enfants grandissent vite, c'est de l'argent qui est jeté par les fenêtres", regrette Eloïse. "Tu achètes des vêtements à 30-50 € pour seulement un ou deux usages, ce n'est pas rentable." D'où sa préférence pour le vintage, qui lui permet de trouver des pièces à 2 € à peine.
Une pratique qui porte tellement ses fruits qu'elle conquiert même les plus sceptiques. Aujourd'hui conquise, Eloïse faisait hier partie des frileux : "Au début, je n'étais pas super emballée par la seconde main enfant. Puis quand j'ai commencé à acheter pour préparer l'arrivée de ma fille, j'ai vu les prix et ça m'a vite refroidi."
Flairant le bon filon, des marques de prêt-à-porter comme Petit Bateau ou encore Kiabi se sont mis à proposer leur propre service de vêtements d'occasion. Evidemment, le monde de la seconde main enfant va bien au-delà des chiffons : jouets, équipement de puériculture... tout se revend. Mais ça, c'est une histoire que d'autres spécialistes vous narront.