Après des montres à 50 000 €, cette marque de luxe prépare un modèle à 400 € avec Swatch
La rumeur qui court depuis plusieurs semaines a évidemment cassé l'internet, et promet de casser le marché une fois la montre commercialisée.
Elles symbolisent le rêve d'une vie pour les passionnés d'horlogerie. Ces maisons de luxe établies sur plusieurs siècles ont imaginé des modèles iconiques qui se sont imposés dans l'imaginaire collectif comme de véritables trésors de savoir-faire. Parmi les noms connus qu'on ne présente plus : Audemars Piguet, Jaeger-LeCoultre, Patek Philippe. Leur prix stratosphérique, reflet d'une qualité hors pair et d'une rareté extrême, leur confère d'emblée une désirabilité qui donne envie de mettre la main dessus (et le poignet dessous). En posséder relève du doux rêve pour ces amateurs de la première heure. Bonne nouvelle pour ces passionnés au petit budget : l'une de ces maisons historiques a décidé de s'ouvrir à l'accessible, en collaborant avec un homologue à prix riquiqui : Swatch. Le 16 mai, les deux griffes proposeront donc une montre inédite au grand public.
Experts comme profanes en la matière jasent déjà sur cette collab' mystère. Cœur de la querelle : le fossé entre les deux univers et surtout, le fossé entre le positionnement prix des deux labels. Car si Swatch commercialise des modèles autour de 120 à 150 €, il faut multiplier ce chiffre par 150 pour acquérir une montre griffée Audemars Piguet.
Nommée "Royal Pop", cette appellation reprend le nom des modèles signature des deux marques : "Royal Oak" pour la première et "Pop Swatch" pour la seconde. Côté prix, les experts estiment qu'elle pourrait coûter plus cher que la précédente "MoonSwatch", soit environ 400 € (20 Minutes Suisse).
Outre les spéculations sur les formes prises par cette collaboration, les sceptiques s'interrogaient sur sa cohérence. Car comment une marque aussi accessible que Swatch peut-elle créer une montre aux côtés d'une maison qui vend les siennes à 50 000 € en moyenne ? Côté produit d'abord, les deux marques n'ont pas grand chose à voir, si ce n'est le cœur de métier. Swatch utilise des matériaux accessibles comme le silicone pour ses bracelets et affiche des couleurs pop et des dessins ludiques à en crever la rétine, tandis que Audemars Piguet a recours à des matières nobles telles que l'or, le cuir d'alligator, et fait plutôt dans le minimalisme esthétique. Côté business, on ne peut pas dire qu'il s'agisse d'une synergie industrielle puisque les deux labels ne font pas partie du même groupe.
Mais ce partenariat surprise fait sens quand on se penche sur ce qui fait l'ADN des deux maisons : l'innovation. C'est dans l'essence même de Swatch de provoquer le marché de l'horlogerie. Dans les 70's, face à la montée des montres à quartz asiatiques, son fondateur passe à l'offensive et propose des montres-bracelet à bas prix, avec moins de composants et un montage automatisé dans un marché de l'excellence suisse qui fonctionne jadis sur un temps plus lent. Audemars Piguet, quant à elle, est la 1ère maison à avoir intégré l'acier et le côté sportif à une montre de luxe.
Swatch a également déjà secoué le monde de la haute horlogerie en s'associant avec Omega il y a 4 ans. Un succès financier qui a sûrement impulsé cette nouvelle collaboration disruptive. Alors rendez-vous ce samedi pour découvrir ce modèle qui fait déjà beaucoup de bruit (et de files d'attente).