Ni la composition ni les coutures : ce qu'une directrice de production regarde en premier pour reconnaître un bon blazer

Nul besoin de porter un blazer pour savoir s'il est de qualité : un coup d'œil suffit. Mais encore faut-il savoir quoi regarder... La directrice de la production chez Rouje nous aiguille.

Ni la composition ni les coutures : ce qu'une directrice de production regarde en premier pour reconnaître un bon blazer
© Image d'illustration / Reve.art en collaboration avec JDF

Elle est de ces pièces incontournables de toute armoire. D'été comme d'hiver, la veste blazer a tout pour plaire. Chaque année, quand viennent la mi-saison et les journées printanières, elle envahit ainsi inéluctablement les silhouettes de la modosphère. Ses fashion atouts ? Elle tient chaud quand les températures fraîches gagnent l'atmosphère, mais est suffisamment légère pour la douceur des journées printanières. Indispensable du vestiaire de la Parisienne, le blazer est donc sur toutes les filles branchées de la "ville lumière". Si certaines modeuses la préfèrent vintage, d'autres l'achètent flambant neuve chez les labels de mode prisés. Sauf que, pressées à l'idée d'être stylées, appâtées par l'esthétique au-delà de la qualité, elles se jettent parfois sur des modèles de marques de prêt-à-porter qui s'apparentent à du prêt-à-jeter. Faute d'expertise dans la couture et dans le modélisme, elles ne savent pas comment reconnaître un blazer bien coupé. Alors comment reconnaître un blazer de qualité ? 

Véritable allégorie stylistique de la Parisienne, la marque de mode Rouje, créée par Jeanne Damas en 2016, a incorporé plus d'une dizaine de blazers dans ses collections. Sa directrice de production Nadia Chalal a donc passé une grande partie de sa carrière à vérifier la qualité des blazers fabriqués dans leurs usines partenaires. Experte en la matière, elle nous livre en exclusivité tous ses conseils pour repérer un bon blazer au premier coup d'œil. 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, nul besoin de l'essayer et/ou de le porter pour savoir si ledit blazer tombe bien. Pour ce faire, il suffit d'observer "la tenue du vêtement sur cintre"... "Surtout pour un blazer c'est un très bon exemple." Ainsi, si le blazer est mal coupé, cela se verra immédiatement. 

Mais s'il est important de regarder l'ensemble, il n'y a qu'un détail sur lequel s'attarder en premier : la manche.

La directrice de la production chez Rouje le martèle : "Une manche, c'est le premier truc qu'il faut regarder sur un blazer." Lors de ses visites de contrôle qualité dans les usines de fabrication, Nadia Chalal regarde toujours "si la manche est bien montée". "Une usine qui sait faire le col et une belle tête de manche, avec la vraie belle manche, coudée, sur cintre, on a envie d'aller prendre la veste", explique-t-elle. Le second élément à observer est donc le col. 

Autre fausse croyance à démanteler : l'étiquette de composition n'est pas le premier élément à regarder. En effet, pour cette pièce vestimentaire qui mise tout sur la structure, c'est surtout le montage qui fait la différence. Nadia Chalal l'explique de la façon suivante : "Il y a des compos qui ne sont pas très flatteuses, mais le montage est très beau. Par contre, un mauvais montage, on le voit tout de suite." 

Loin de nous encourager à consommer des matériaux moins bien sourcés, elle explique seulement que cet élément ne suffit pas à juger de la qualité de cette pièce. C'est bien noté.