Gucci en mode eighties : ça c'est Palace !

Il a fallut que la mode italienne s'en empare pour que le Palace redevienne l'un des hauts lieux de la mode, le temps d'une soirée. Découvrez le défilé parisien extravagant de Gucci pour sa collection printemps-été 2019.

Gucci en mode eighties : ça c'est Palace !
© Imaxtree.com

Alessandro Michele a su rendre un vibrant hommage à la France durant toute l'année 2018 à travers son travail de directeur artistique au sein de la maison italienne Gucci. Une jolie dédicace qui s'est déroulée en trois parties. Après un premier chapitre avec sa campagne pré-fall 2018, célébrant les 50 ans de mai 68, après un second volet avec un défilé croisière 2019, ayant pris place à Arles en mai dernier, c'est au Palace que s'est achevé ce périple avec la présentation de sa collection printemps-été 2019. Le 21 septembre 2018, cet amoureux de l'Hexagone a donc bouclé la boucle de son triptyque, lors de la première journée de la fashion week parisienne, déracinant ainsi le show Gucci, habituellement milanais, et créant l’événement. Décryptage.

Gucci au Palace

Ce n'est pas par hasard qu'Alessandro Michele, fervent adorateur des années 80 et de la mode excentrique, a choisi le Palace pour son premier défilé Gucci en France. Cet ancien night club mythique était le haut lieu des nuits parisiennes de toute la jet set dès 1978 et jusqu'à sa fermeture au début des années 90. Andy Warhol, Grace Jones, Jean-Paul Goude, Amanda Lear, Serge Gainsbourg et Bambou, le couple d'artistes Pierre et Gilles, le mannequin Jerry Hall, mais aussi Jean Paul Gaultier, Karl Lagerfeld et son compagnon de l'époque Jacques de Bacher, Claude Montana, Jean-Charles de Castelbajac ou encore Loulou de la Falaise, Yves Saint Laurent et Pierre Berger... la crème artistique du moment et la communauté gay trendy s'y réunissaient pour des soirées déjantées où tous les excès étaient permis. Autant dire que la mode a eu une place de choix au Palace pendant plus de 10 ans. Entre les serveurs habillés par Mugler, les habitués excentriques vêtus de sequins, strass et épaulettes XXL, et les nombreux couturiers en vogue de l'époque qui s'y croisaient, le 8, rue du Faubourg-Montmartre avait d'avantage des allures de podium de défilé que de boîte de nuit. Gaultier l'avait d'ailleurs choisi comme thème principal de son show haute couture printemps-été 2016.
Bien que devenu théâtre depuis 2008, Le Palace s'est tout naturellement imposé au directeur artistique de Gucci qui a vu en lui le lieu idéal pour présenter sa collection aux accents rétro, extravagante, colorée et festive.

Jane Birkin en guest chez Gucci

Pas de bande son pré-enregistrée au défilé Gucci printemps-été 2019. C'est à l'une des chanteuses iconiques des années 80, Jane Birkin, que le designer a fait appel pour interpréter l'un de ses tubes de l'époque, un titre datant de 1983 aussi sublime que terriblement mélancolique écrit par Serge Gainsbourg juste après la rupture du couple mythique : Baby alone in Babylon. Cette chanson parle de la fin tragique d'une jeune femme s'étant perdue dans sa quête de paillettes et de rêve américain, sur une mélodie sombre issue d'une composition de Brahms (troisième mouvement de la troisième symphonie). Tout un (émouvant) programme, surtout murmuré par la voix fragile et chevrotante de Birkin.
35 ans plus tard, la chanteuse nous donne des frissons et le charme opère. Dans ce temple des strass et de la fête, associée au défilé d'un dressing totalement fantasque, cette chanson rééquilibre habilement les choses. Un vrai bon choix inattendu et finalement plus efficace qu'un son new wave, aussi pop et joyeux que les vêtements d'Alessandro Michele, auquel on pouvait s'attendre avec un tel thème.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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La collection Gucci printemps-été 2019

C'est une collection très haute en couleurs, comme nous a habitué Michele depuis son arrivée chez Gucci, que nous a présenté le créateur cet automne à Paris. Les personnages récurrents de la griffe italienne depuis quelques saisons déjà, à la fois très intello rétro, colorés et aux looks totalement exubérants, sont de retour dans un défilé toujours excentrique. Un défilé également mixte où les hommes portent des pantalons larges rose et du vernis à ongles puisque, comme à l’accoutumé, chez Gucci on gomme les genres autant que possible.
Diadèmes à strass toujours plus hauts, tissu lamé, sequins, plumes, perles, breloques, bijoux oversize en accumulation et superposition : nous sommes bien chez Gucci, nous sommes bien au Palace ! L'ADN de la marque et celui du lieu de défilé se mêlent dans une collection très color block misant sur une palette forte faite de rose fuchsia, de turquoise, de vert fluo, de jaune poussin, de violet électrique, de lilas, de bleu roi ou encore de rouge vermillon. Adeptes du style minimaliste et des couleurs nude, passez votre chemin ! Du côté des tissus, Gucci fait la part belle aux imprimés avec des motifs pop fraises ou le très tendance imprimé animalier (pythons et léopards sont de sortie !). Évidement on retrouve les éternelles rayures rouges et vertes de la griffe, du jacquard, du brocart... bref, tout ce qui constitue l'essence-même du dressing Gucci. 
Une chose est sûre, la femme Gucci de l'été prochain aura de quoi briller en soirée avec un look résolument 80's qui lui permettra de ne pas passer inaperçue. Tantôt en pantalon palazzo rétro, tantôt en robe nuisette sexy, elle sera la reine de la fête. Mais quand elle voudra illuminer le dance floor, elle portera évidement sa robe longue couverte de petits miroirs, ses toilettes en soie aux décolletés plongeants et habillera sa tête d'une tiare ultra bling et kitsch ou d'un fédora à très larges bords. Comme Loulou de la Falaise, elle arborera le col lavallière et les larges épaulettes avec une élégance rare, comme Jerry Hall, elle se vêtira légèrement de tissu métallisé doré et, comme Grace Jones, elle ne quittera pas son très couvrant masque solaire noir pour garder le mystère et cacher ses larges cernes et rentrant chez elle au petit matin. 1978-2018 : 40 ans après, la femme Palace reste un concept, un style de vie et de mode finalement indémodable.
Enfin, comme toujours, Alessandro Michele a placé ça et là dans sa collection des pièces incongrues qui apportent un peu d'humour à l'ensemble. On a adoré, entre autre, le tailleur veste-jupe bleu floqué du message "Deux-pièces pour la Côte d'Azur", le sac 3D en tête de Mickey, célébrant comme il se doit les 90 ans de la souris Disney, mais surtout le cache-sexe d'homme coquille saint-jacques ! Le futur must-have de 2019 ?
Encore une performance réussie pour la marque de luxe Gucci qui fidélise chaque saison des aficionados d'une mode qui se réinvente en sortant de son carcan, mais surtout de grands nostalgiques des décennies 70 et 80 qui voient en Michele le gourou d'un style et d'une culture vintage.
 


 

Gucci en mode eighties : ça c'est Palace !
Gucci en mode eighties : ça c'est Palace !

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