Verbalisation dans le métro : ce que gagne un contrôleur RATP chaque fois qu'il met une amende

Les agents de la RATP reçoivent une prime pour chaque verbalisation, ce qui peut conduire à certains abus.

Verbalisation dans le métro : ce que gagne un contrôleur RATP chaque fois qu'il met une amende
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Les contrôleurs du métro sont-ils trop zélés ? C'est la question que se posent un grand nombre de Parisiens et de touristes, qui ont déjà réglé une amende lors d'un trajet dans la capitale. Bien sûr, il y a ceux qui n'ont pas de titre de transport, mais il existe aussi tout un tas de subtilités inconnues du grand public... et les agents RATP sont connus pour être intransigeants. Par exemple, certains ont été verbalisés car leur nom n'était pas suffisamment visible sur la carte de transport, ou parce qu'ils transportaient une plante volumineuse dans le métro, ou encore pour n'avoir pas validé leur pass Navigo... alors même que les portiques étaient hors service. 

Cette sévérité des agents RATP s'explique très simplement : ils touchent des primes en fonction du nombre de leurs verbalisations. Plus précisément, ils gagnent un pourcentage sur chaque amende qui a été acquittée immédiatement sur place. Résultat, certains contrôleurs sélectionnent les lieux touristiques où les contrevenants ont plus de chances de payer tout de suite plutôt que d'attendre pour contester. "Nous avons des agents qui sont chasseurs de primes. Plus ils en font, et plus ils sont récompensés. La hiérarchie incite les chefs d'équipe à faire en sorte qu'ils ramènent le plus de quittances", explique un agent, enregistré à son insu, dans le 20 heures de France 2.

Certains contrôleurs choisissent les stations les plus touristiques ©  arenaphotouk

Les documents internes de la RATP l'inscrivent d'ailleurs noir sur blanc : "Lorsqu'un voyageur en infraction régularise sa situation immédiatement, l'agent concerné perçoit une prime égale à 10 % du montant de cette indemnité forfaitaire". Avec des amendes allant de 15 à 150 euros, et parfois plus de 30 verbalisations par jour et par agent, la somme peut vite grimper en fin de mois.

Dans les bus et tramways, le système est différent : les contrôleurs ne touchent pas des primes pour chaque amende, mais une prime fixe à la fin de l'année si les objectifs ont été atteints, explique de son côté Le Parisien. Ce qui limite les dérives par rapport aux agents du métro et du RER, bien que la RATP assure auditer chaque année les primes versées aux agents pour éviter les abus. Malgré tout, les contestations ont augmenté de 50 % en trois ans, preuve du mécontentement grandissant des voyageurs face à ces amendes parfois injustes

D'ailleurs, pour les non Franciliens qui ont remarqué ce même excès de zèle chez les contrôleurs de la SNCF, vous ne rêvez pas : eux aussi sont payés à la contravention. Toujours selon Le Parisien, les agents perçoivent en général 4 % sur une amende lorsque le voyageur s'est signalé de lui-même, et 10 % lorsque l'amende est délivrée lors d'un contrôle. Et si les agents obtiennent plus de 30 euros de commission sur le mois, ils obtiennent alors une prime supplémentaire dite "de perception". De quoi donner envie, à une partie du moins, de gonfler son salaire.