Ces prénoms féminins phares des années 2000 sont délaissés par les parents depuis 5 ans
Selon l'Insee, une vingtaine de prénoms féminins autrefois incontournables subissent un net recul dans les maternités. Décryptage d'un changement de génération.
Si certains prénoms classiques traversent les siècles sans prendre une ride, à l'image des indémodables Emma, Louise ou Alice qui restent encore dans le Top 10, d'autres connaissent un destin beaucoup plus éphémère. Les modes vont et viennent, propulsant parfois un style de prénoms au sommet pendant une décennie ou deux avant de les faire basculer dans l'oubli, victimes d'un effet de lassitude bien connu des sociologues.
Dans les cours de récréation, chaque génération possède ainsi sa propre identité. Pour les enfants nés durant les années 90 et 2000, quelques prénoms féminins bien précis résonnaient absolument partout, portés par une immense vague de popularité. Pourtant, l'heure de gloire de ces anciennes références incontournables des registres de naissance est bel et bien révolue. Bien qu'ils continuent d'être choisis par certains parents, ces prénoms ont entamé une baisse constante depuis quelques années. À partir des données de l'Insee, nous avons ainsi établi le classement des 20 prénoms de fille selon leur pourcentage d'évolution entre 2019 et 2024, en se basant sur tous ceux qui ont dépassé le cap symbolique des 100 naissances en 2024.
Le verdict est sans appel, et c'est le prénom Manon qui enregistre la plus forte diminution. Autrefois omniprésent, il a subi une baisse historique de 73 %, s'effondrant de 1 943 naissances en 2019 à seulement 520 en 2024. Les petites Mila sont également de moins en moins nombreuses : le prénom a perdu 66 % de ses attributions en passant de 2 685 à 910 naissances. Même sort pour Lilou, avec une chute de 62 % et seulement 320 bébés nés en 2024. Même les piliers des maternités des années 2000 comme Inès (avec -61 %, soit à peine 1 080 naissances contre 2 773 cinq ans plus tôt) et Anaïs (avec -58 %, tombant à 430 naissances) voient leurs courbes s'effondrer.
Même constat du côté des prénoms qui finissent en "a", que l'on croyait pourtant éternels et dont certains sont toujours très tendances en France. Outre Mila, d'autres prénoms comme Léana, Sarah, Clara, ou encore Louna, voient leur popularité divisée par deux en un temps record, même s'ils restent tout de même attribués par de nombreux parents. La chute est un peu moins brutale, mais tout aussi présente pour Alicia, Elsa, Elisa, Mélina ou encore Célia, qui semblent presque en voie de disparition. En revanche, s'ils restent au-dessus de la barre symbolique des 1 000 naissances, deux emblèmes de la Gen Z reculent considérablement : Chloé et Léa, qui enregistrent respectivement 52 et 51 % de baisse depuis 2019. C'est aussi bientôt la fin des Océane, Mathilde ou Clémence dans les cours de récré.
Ce déclin massif marque la fin d'un cycle et laisse le champ libre à de toutes nouvelles tendances. À mesure que ces anciens géants s'effacent des maternités françaises, de nouveaux prénoms jusqu'alors très peu répandus ou totalement confidentiels commencent à s'installer durablement dans le cœur des futurs parents. Des outsiders qui s'apprêtent à bousculer les classements de la décennie et à envahir, dès demain, les salles de classe.