Les parents nés dans les années 80-90 possèdent un atout unique pour éduquer leurs enfants selon la science

On a longtemps pensé que c'était un défaut, mais une étude a prouvé que cette habitude des Millenials serait finalement leur meilleur avantage en matière d'éducation parentale.

Les parents nés dans les années 80-90 possèdent un atout unique pour éduquer leurs enfants selon la science
©  jolopes

Chaque génération a ses propres règles en matière d'éducation parentale. Si certains principes traversent le temps, d'autres méthodes jugées "à l'ancienne" finissent par disparaître. D'ailleurs, ces différences peuvent parfois créer des conflits en famille, quand les jeunes parents se heurtent aux conseils (ou critiques) des grands-parents, car chacun pense savoir mieux faire. Devenir papa ou maman pour la première fois est un passage profondément angoissant, surtout pour cette nouvelle génération de parents qui navigue dans l'ère compliquée des écrans et des réseaux sociaux. Les Millenials, ces enfants nés dans les années 80-90 qui sont désormais trentenaires ou quadragénaires, découvrent ainsi les difficultés liées à l'éducation parentale dans un monde où leurs moindres faits et gestes sont scrutés de partout. 

Mais, on vous rassure : si vous faites partie de cette génération, vous possédez un avantage invisible... qui a pourtant longtemps été considéré comme une faiblesse ou un défaut. Et c'est la science qui le dit. Une étude menée par des chercheurs à l'Université de Clemson, aux États-Unis, a prouvé que les parents des années 80-90 sont capables de développer des liens plus profonds et de réduire les conflits avec leurs enfants grâce à un passe-temps bien précis de leur jeunesse. Le secret réside là où on ne l'attendait pas : dans les jeux vidéos.

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Eh oui, cette génération biberonnée à la NES ou à la Gameboy s'est formée à l'école de la patience, où les sauvegardes automatiques et autres tutos pour découvrir comment finir le jeu n'existaient pas. Résultat, quand on perdait, il fallait tout recommencer à zéro. Mais outre cette mentalité selon laquelle l'effort finit toujours par payer, qui est déjà un avantage éducatif en soi, l'atout principal de ces parents réside dans leur propre passé de gamers. Ils sont ainsi la première génération ayant grandi avec une manette dans les mains, ce qui leur permet de "mieux comprendre l'engagement de leurs enfants dans les mondes virtuels, réduisant ainsi les conflits générationnels liés au temps d'écran". Contrairement aux générations précédentes, les Millenials ne perçoivent pas le jeu vidéo comme une simple distraction chronophage, mais bien comme une "activité de loisir familière et légitime". L'étude démonte ainsi le stéréotype selon lequel les jeux vidéos isolent les enfants ou les ados du monde réel qui les entourent : au contraire, ils "peuvent affecter positivement les relations familiales en renforçant les liens et en augmentant la compréhension mutuelle entre les générations".

En jouant à la console avec leurs enfants, les parents créent une toute nouvelle dynamique qu'on ne retrouve pas (ou peu) avec les autres activités partagées : une sorte de "démocratie familiale", dans laquelle les rôles s'inversent. Car même en étant des gamers accomplis depuis plus de 30 ans, les parents restent souvent moins habiles que leurs enfants sur les jeux modernes. C'est alors l'occasion pour les petits de devenir les experts, "et d'enseigner de nouvelles compétences à leurs parents, ce qui renforce leur confiance en eux et crée un apprentissage réciproque".

Ainsi, une partie de Mario Kart devient "un outil relationnel majeur" pour aider les parents à "susciter et encourager les conversations avec leurs enfants". On discute stratégie, concentration, voire gestion de la monnaie virtuelle, tout en partageant un moment agréable en famille. D'ailleurs, selon le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), l'âge moyen des joueurs en France se situe à 40 ans. Et près de 8 gamers sur 10 disent jouer avec leurs enfants : un chiffre qui prouve que la console est devenue un véritable vecteur de lien social. Bien sûr, il convient de respecter les indications d'âge et de poser des règles claires concernant le temps d'écran, mais à l'heure où la question des écrans reste centrale dans le débat public, le "co-gaming" entre générations apparaît donc comme un début de solution : plus la peine de culpabiliser si vous êtes adepte des jeux vidéos, c'est peut-être justement votre super-pouvoir parental.