Une avocate nous avertit : cette arnaque est la pire de toutes, il est "difficile de prouver qu'on est victime"
Se faire voler de l'argent par un escroc est traumatisant. Mais ne pas réussir à prouver qu'on en est victime est encore plus difficile à vivre, d'autant qu'on a parfois peu de chance de récupérer la somme dérobée.
Les arnaques sont de plus en plus sophistiquées et certains escrocs manipulent les nouvelles technologies à la perfection pour mieux tromper leurs vicitmes. Après les arnaques aux faux conseillers bancaire, la fraude aux péages ou livraisons de colis, ou encore le détournement de QR Codes, les escrocs montrent une fois de plus qu'ils n'ont aucun mal ou presque à subtiliser de l'argent aux Français. Il leur suffit d'ailleurs de quelques informations simples comme le nom, le prénom, un numéro de téléphone, un mail ou la date de naissance pour se faire passer pour la personne qu'ils veulent arnaquer. "Certains types de fraudes fonctionnent à partir de ces seules données de vérification minimum sur vous", nous précise Maître Aubane Malvezin, avocate au Barreau d'Aix-en-Provence en droit de la consommation et droit bancaire.
En 2023, le journaliste Thibaut Martinez-Delcayrou en a fait les frais. Dans son livre qu'il y a consacré Les Caméléons: enquête sur l'arnaque aux faux conseillers bancaires, il raconte les rouages de ces arnaques bancaires après avoir enquêté auprès de la brigade financière. "Les banques ne sont pas assez au point sur les actions de fraudes, les opérateurs permettent toujours d'appeler avec le numéro des banques et l'État ferme actuellement les yeux sur ce qui est la plus grosse escroquerie jamais perpétrée en France" avait-il confié sur le plateau de BFMTV. Mais selon lui, la fraude au conseiller bancaire risque vite de devenir "has been". En effet, une nouvelle arnaque redoutable fait de nombreuses victimes : le SIM Swapping.
"Ca nous vient tout droit des Etats-Unis et c'est sans doute la pire arnaque", estime notre avocate. Et pour cause : "avec vos simples informations personnelles telles que votre nom et numéro de téléphone, un fraudeur peut identifier votre opérateur téléphonique, le contacter à votre place et commander une nouvelle carte SIM en duplication de la votre", explique-t-elle. "On ne va pas se rendre compte de ce qu'il se passe, vous n'aurez simplement plus de réseau téléphonique pendant un temps et tout ce qui va partir de votre carte SIM va pouvoir être réalisé à votre insu par le fraudeur". D'autres process permettent aux escrocs de recueillir un code que l'on vient de renseigner sur notre écran de téléphone, "grâce à un matériel sophistiqué et bien que vous mainteniez ne jamais avoir donné votre code ni transmis de votre plein gré au fraudeur, la banque va refuser de vous rembourser estimant que l'opération n'aurait pu avoir lieu sans votre accord". C'est en ce sens que cette arnaque fait peur à de nombreuses personnes, car il est tout simplement difficile de prouver l'usurpation dont on est victime.
"La justice est genée face à ce type de fraude, car meme si on est de bonne foi, comment le juge peut-il se faire son opinion sur le fait qu'il y ait ou non une négligence grave" interroge Maître Aubane Malvezin. "Il faut que la justice soit exigente sur la charge de la preuve qui pèse exclusivement sur la banque concernant sa bonne application de l'authentification renforcée sur l'opération de paiement contestée ET de la négligence grave qu'elle impute à son client victime", conclut-elle.
Merci à Maître Aubane Malvezin, avocate en droit de la consommation et droit bancaire, partenaire et Vice-Présidente de l'association aixoise de défense des droits des consommateurs QUE CHOISIR ENSEMBLE.