Ce nouvel outil des banques bloque les arnaques avant même qu'elles ne se produisent

À compter de mai 2026, tous les établissements bancaires auront accès à un nouveau dispositif pour repérer les escroqueries et protéger au mieux leurs clients des prélèvements frauduleux.

Ce nouvel outil des banques bloque les arnaques avant même qu'elles ne se produisent
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Les arnaques bancaires menacent plus que jamais les consommateurs français. Selon l'enquête du gouvernement sur la cybermalveillance en 2025, certaines escroqueries ont bondi de façon phénoménale en l'espace d'un an. Les fraudes au virement, qui passent donc par un faux ordre de virement ou encore par un détournement de RIB, ont augmenté de 196 %. L'arnaque au faux conseiller bancaire, pourtant bien connue des particuliers, a grimpé de 159 %, quand les fraudes à la carte bancaire ont elles aussi connu une hausse de 96 %. 

Nous avons beau redoubler de vigilance, ces chiffres alarmants prouvent l'urgence de la situation : c'est pourquoi le gouvernement a décidé de mettre un nouvel outil à disposition des établissements bancaires, pour tenter de stopper le problème à la source. Chaque année, 280 000 comptes bancaires sont concernés par des prélèvements frauduleux, pour un préjudice moyen de 450 euros, selon la Banque de France. Mais une nouvelle loi, votée en novembre dernier, va permettre aux banques d'éviter un grand nombre de ces arnaques avant même qu'elles ne se produisent. 

Les banques pourront détecter les fraudes avant qu'elles ne se produisent ©  pitinan

Dès ce mois de mai, tous les établissements bancaires auront accès à un nouvel outil, déployé à échelle nationale par la Banque de France : le Fichier national des comptes à risque de fraude (FNC-RF). Il s'agit d'un document qui recense les comptes déjà impliqués dans une fraude. Concrètement, après avoir reçu un ordre de virement, votre banque pourra vérifier l'IBAN du destinataire dans ce fichier avant d'accepter de verser les fonds. Et si le compte figure dans la liste, une alerte se déclenche : la banque pourra alors stopper le transfert d'argent avant qu'il ne soit trop tard, et prévenir la victime du risque. 

Comme l'indique le ministère de l'Économie, ce sont les banques elles-mêmes qui seront chargées de "partager leurs informations et recenser les coordonnées bancaires des comptes identifiés comme suspects" dans le fichier national, permettant aux autres banques d'en avoir connaissance. Car jusqu'ici, chaque établissement gérait le problème individuellement : un compte frauduleux pouvait être repéré et bloqué par l'un, mais continuer à opérer des transactions dans une autre banque... qui n'était donc pas au courant.

Désormais, grâce à ce registre centralisé, les arnaqueurs auront plus de mal à se cacher, et le "chacun pour soi" n'aura plus lieu d'être. Par ailleurs, l'Urssaf aura également accès au FNC-RF pour repérer et signaler les fraudes aux cotisations sociales. La nouvelle loi prévoit aussi de "renforcer l'efficacité du fichier national des chèques irréguliers (FNCI)" : les banques pourront désormais vérifier la régularité d'un chèque avant de l'encaisser, tandis que l'établissement émetteur sera obligé de "signaler les coordonnées bancaires du tireur en cas de rejet du chèque pour falsification ou contrefaçon".

Bien sûr, ces nouveaux outils ne doivent pas remplacer la vigilance des consommateurs. Car on le sait, les cybercriminels trouveront toujours de nouveaux moyens de déjouer les systèmes de sécurité. Si un prélèvement suspect passe malgré tout entre les mailles du filet, vous disposez d'un délai de 13 mois pour le contester auprès de votre banque. Plusieurs recours sont possibles pour tenter de récupérer les fonds, notamment en portant plainte et en conservant bien toutes les preuves de l'escroquerie.