Oubliez l'éducation bienveillante : un psy change notre regard sur les parents qui crient

Quel parent n'a jamais perdu son calme face à des enfants qui n'écoutent pas ? Et si ce comportement est très commun, beaucoup finissent par culpabiliser d'avoir haussé la voix. Mais un thérapeute rassure : tous les cris ne se valent pas, et ne font pas forcément de vous un mauvais parent.

Oubliez l'éducation bienveillante : un psy change notre regard sur les parents qui crient
© milkos

Les méthodes parentales évoluent avec les générations, et chacune croit savoir mieux faire que la précédente. Bien sûr, si de nombreuses pratiques d'antan sont aujourd'hui proscrites (avec raison), la sempiternelle et inatteignable quête du "parent parfait" exerce une pression énorme sur celles et ceux qui doivent éduquer de petits êtres humains. Et surtout depuis l'arrivée dans le vocabulaire éducatif de l'expression "parentalité bienveillante". Deux mots qui sont devenus une philosophie de vie pour certains, ou qui ont créé une véritable aversion pour d'autres : car quel parent est capable de garder son sang-froid en toutes circonstances, et de ne jamais se fâcher ou hausser le ton ? 

Si la méthode de l'éducation positive part évidemment d'une bonne intention, elle peut aussi avoir l'effet inverse pour ceux qui ne parviennent pas (ou ne souhaitent pas) à la mettre en place. Cet effet qui pousse à se poser la question : suis-je une mauvaise mère, ou un mauvais père, si je crie parfois sur mes enfants ? Mais le fait est que l'immense majorité des parents ont une patience qui a ses limites, notamment quand leurs enfants font des bêtises, se mettent en danger, défient l'autorité, ou refusent tout simplement d'obéir... même après leur avoir répété 15 fois un ordre. En réalité, il existe différents types de cris parentaux, et tous ne relèvent pas d'une éducation toxique. 

Crier sur les enfants n'a rien d'anormal, mais tout dépend de la raison derrière. ©  zinkevych

C'est ce qu'explique Michael Vallejo, thérapeute pour enfants, dans le magazine américain Purewow. Il y a d'un côté les cris de réaction, et de l'autre les cris d'intimidation. Et rassurez-vous, les premiers sont tout à fait normaux : "C'est le parent qui a demandé cinq fois, qui est en retard et qui, finalement, hausse le ton. C'est motivé par la frustration et le sentiment d'être dépassé, pas par l'intention de blesser." En effet, selon l'expert, ces réactions impulsives ne risquent pas de créer des séquelles à long terme sur l'enfant ou sur la relation.

A l'inverse, les cris qui visent à contrôler ou à faire peur à l'enfant sont quant à eux néfastes, pouvant entraîner des dommages émotionnels durables. Par chance, "les enfants font généralement la différence", assure le psychologue. Concrètement, les petits sont capables de reconnaître lorsque l'on crie par rapport à une situation précise, ou lorsque l'on crie pour les menacer (même s'il s'agit d'une punition qu'on ne compte pas mettre à exécution) ou encore les rabaisser (en disant qu'il est un "méchant garçon" par exemple). 

En somme, Michael Vallejo apporte un nouveau regard sur les cris : ceux du quotidien ne sont pas toxiques, et pas la peine de se flageller pour avoir haussé le ton. Voilà un discours qui devrait (enfin) déculpabiliser les parents dont la patience est souvent mise à rude épreuve. Vos enfants ne vous en tiendront pas rigueur... et les psys non plus !