C'est LE conseil n°1 pour investir efficacement, même quand on est débutant, selon un expert financier
Non, l'investissement ne passe pas uniquement par l'achat de biens immobiliers. Une méthode applicable en un clic permet de faire fructifier son argent, sans avoir à surveiller quotidiennement ses dépenses. Les conseils de Louise Girard, analyste de marchés chez XTB France.
Investir, beaucoup y pensent, peu passent réellement à l'action. Entre la peur de se tromper, l'idée qu'il faut être expert et l'attente du bon moment, le projet reste souvent en pause. Pourtant, selon Louise Girard, analyste de marchés chez XTB France, il existe une méthode concrète, accessible et bien plus simple à appliquer qu'on ne l'imagine. En effet, le premier frein, c'est souvent le timing. Beaucoup attendent, puis hésitent. D'autres voient les prix des marchés augmenter et pensent qu'il est trop tard. Résultat : rien ne se passe. Louise Girard le rappelle clairement, tenter de "timer le marché", c'est-à-dire entrer au meilleur moment, reste "un exercice particulièrement complexe, y compris pour des professionnels". En clair, même ceux dont c'est le métier ne maîtrisent pas parfaitement cet exercice.
Son conseil consiste donc à sortir de cette logique. Selon elle, il vaut mieux installer un cadre régulier plutôt que d'essayer de deviner la prochaine variation des marchés. C'est tout le principe du Dollar Cost Averaging (DCA), ou investissement programmé : placer la même somme à intervalles fixes sur un même support, plutôt que d'essayer d'acheter au moment opportun. Comment faut-il procéder ? Tout d'abord, il est recommandé de choisir une enveloppe d'investissement, comme un PEA (Plan d'Epargne en Actions) ou un compte-titres. "Le plus important est de choisir un produit aligné à ses objectifs", précise-t-elle. Le PEA offre un cadre fiscal avantageux après plusieurs années de détention, mais il est plus encadré sur les actifs éligibles. Le compte-titres est plus souple et permet d'accéder à un univers d'investissement plus large.
Ensuite, il est important de sélectionner un établissement : banque classique, banque en ligne ou plateforme spécialisée. Les banques traditionnelles misent souvent sur l'accompagnement, les banques en ligne sur des frais réduits, et les plateformes sur des outils dédiés à l'investissement. L'offre s'est d'ailleurs largement développée ces dernières années, avec des ouvertures de compte plus fluides et des tarifs compétitifs.

Vient ensuite le choix du placement. Pour un débutant, Louise Girard estime que "les ETF figurent parmi les instruments financiers les plus accessibles". Les ETF (Exchange Traded Funds) sont des fonds cotés en Bourse qui regroupent de nombreux titres dans un seul produit. Ils répliquent la performance d'un indice boursier, comme les grandes entreprises françaises (CAC 40), mondiales (MSCI World), les actions américaines (S&P 500) ou encore des obligations d'États ou d'entreprises. Concrètement, acheter un ETF permet de se positionner sur plusieurs dizaines, parfois plusieurs centaines d'entreprises en une seule opération. Cela évite de dépendre d'une seule valeur et simplifie fortement le démarrage.
Autre question centrale : combien investir chaque mois ? Là encore, l'experte casse une idée reçue. "Il n'existe pas de montant minimum universel", explique-t-elle. Certaines plateformes permettent de commencer dès 50 euros mensuels, parfois moins. Le vrai sujet n'est pas de viser haut dès le départ, mais de choisir une somme compatible avec sa réalité financière. "Il est préférable de commencer avec un montant modeste, mais tenable dans le temps, plutôt que de viser trop haut et de devoir interrompre ses versements."
Une fois le système lancé, faut-il surveiller les marchés tous les jours ? Pas du tout. L'intérêt d'un cadre automatisé est justement de "limiter les décisions impulsives face aux variations de la bourse à court terme". Inutile donc de changer de cap à chaque actualité économique. Même scénario lorsque les marchés chutent. Beaucoup de débutants ont le réflexe d'arrêter ou d'attendre. Louise Girard défend l'inverse : "Lorsqu'un investissement est programmé, il est approprié de maintenir ses versements, même en cas de baisse des marchés." Ces périodes permettent en effet d'acheter à des niveaux plus faibles et de lisser progressivement le prix d'entrée.
Côté durée, il faut aussi ajuster ses attentes. "Un horizon de 5 ans constitue un premier repère pertinent", souligne l'analyste. Sur des périodes de huit à dix ans, la méthode prend encore davantage de sens, car elle laisse le temps au capital de se construire malgré les phases de volatilité. Louise Girard conclut : "Pour quelqu'un qui veut commencer ce mois-ci, je lui recommande de mettre en place une routine d'investissement, même avec une somme modeste, et s'y tenir."