Le cerveau des hommes rétrécit à ce moment précis de leur vie

Constamment en évolution lors de l'enfance et de l'adolescence, le cerveau évolue peu ensuite à l'âge adulte, sauf à une période clé durant laquelle les hommes perdent jusqu'à 1% de matière grise !

Le cerveau des hommes rétrécit à ce moment précis de leur vie
© Peshkova-123RF

Objet de nombreuses études, le cerveau humain pèse environ 400 grammes à la naissance. Sa taille double durant la première année et vers l'âge d'un an, le cerveau d'un enfant atteint déjà les 2/3 de la taille d'un cerveau adulte. Entre 2 et 3 ans, il représente approximativement 80 % de celui d'un adulte, mais il est deux fois plus actif. Quinze ans environ sont ensuite nécessaires pour que le cerveau atteigne sa taille adulte.  Avant le passage au 3ᵉ âge, il conserve ensuite la même taille pendant l'âge adulte ou presque !

Les scientifiques avaient, en effet, déjà remarqué que le cerveau des futures mamans perdait de la matière grise durant la grossesse. Mais elles ne sont pas les seules ! Les hommes sont aussi concernés quand ils deviennent pères. Une étude menée par Darby Saxbe, professeur de psychologie à l'Université de Californie du Sud et publiée en avril dernier, a en effet révélé que le cerveau des hommes rétrécissait quand ils devenaient pères : ils perdent ainsi 1% de leur matière grise à cette période de leur vie, mais de façon moins importante que les femmes.

Cette baisse de la matière grise n'est cependant pas associée à une perte de la fonction cérébrale ou un déclin cognitif, insistent ses auteurs.  Le cerveau changerait en fait pour s'adapter à la parentalité : selon les chercheurs, des connexions neuronales dans le cerveau disparaîtraient pour le rendre plus efficace. Plus empathiques et plus vigilants, les jeunes pères auraient alors plus de facilités pour détecter les problèmes liés à leur enfant et les résoudre.

Des changements encore plus notables chez les pères très investis dans l'éducation de leurs enfants ou qui s'inquiéteraient beaucoup pour eux. Cependant, ces évolutions ne sont pas toujours positives selon les auteurs de l'étude. Ils ont en effet découvert que les pères qui perdaient le plus de matière grise étaient également plus susceptibles de faire preuve d'anxiété, de développer une dépression ou d'avoir un sommeil de mauvaise qualité.

Mais les auteurs de l'étude tiennent à modérer leurs propos. " Il s''agit d'une étude préliminaire portant sur de petits échantillons de parents (…) Nous avons vraiment besoin d'amplifier les études sur le cerveau parental afin de mieux comprendre sa plasticité au cours de cette étape peu étudiée de la vie" a indiqué Darby Saxbe au HuffPost. Ces modifications ne sont pas les seules quand les hommes deviennent pères. Ainsi, ceux qui sont les plus investis voient leur niveau de testostérone diminuer et leur taux prolactine, une hormone impliquée dans la production de lait, et d'ocytocine, qualifiée d'hormone de l'attachement, augmenter !