Période crampon : qu'est-ce que c'est, à quel âge ?

Il ne réclame que vous et ne vous lâche pas d'une semelle ? Votre bébé est peut-être dans sa "période crampon". Les conseils de la psychiatre Anne Raynaud.

Période crampon : qu'est-ce que c'est, à quel âge ?
© 123RF / Jozef Polc

Période crampon : une phase du développement de l'enfant ?

On parle de période crampon quand on ne parvient plus à poser son bébé deux secondes sans qu'il ne se mette à pleurer. Il veut toujours rester collé à nous. Une phase normale selon la psychiatre Anne Raynaud, également directrice de l'Institut de la parentalité et auteure de "Enfant sécurisé, enfant heureux" (ed. Marabout) : "L'un des besoins fondamentaux de l'enfant pour son développement, c'est le besoin de sécurité émotionnelle, or, il passe par une grande proximité avec le parent". Et, en toute logique, l'enfant se montre davantage "crampon" avec sa figure d'attachement principale, c'est-à-dire celle qui prend le plus souvent soin de lui, le réconforte, se lève la nuit quand il a besoin. Elle constitue son repère et il s'y cramponne. Pour la psychiatre, le bébé est comme un petit avion posé sur le pont du porte-avion (son parent) et au début, il a besoin de venir souvent s'y poser pour faire le plein de sécurité, puis aller explorer, décoller du porte-avion et revenir. Puis, en grandissant le tout-petit va prendre son envol, il aura de moins en moins besoin de son porte-avion. 

Période crampon : qu'est-ce que c'est ?

Vouloir rester cramponner à son parent comme un bébé koala à sa mère, la première année, est bon pour le développement du bébé. Il en a besoin pour bien grandir, faire son plein de sécurité pour aller ensuite explorer le monde. "Cette proximité le rassure, le met en confiance et l'aide à construire sa confiance en lui et en l'autre" analyse la psychiatre. Toutefois, certains bébés, notamment les BABI (bébés à besoins intenses) ont un plus grand besoin de sécurité que les autres - et donc de proximité - alors que d'autres en ont moins besoin. "C'est une question de tempérament et de génétique" décrypte Anne Raynaud qui explique qu'en accordant à notre enfant cette proximité, on l'aide à s'épanouir et à développer ses ressources intérieures. Surtout s'il est gardé la journée en crèche ou chez la nounou, il sera rassuré de voir qu'on est disponible pour lui le reste du temps. La psy insiste également sur cette fausse croyance consistant à penser que les enfants vont devenir capricieux si on les prend trop dans les bras la première année. "Au contraire, c'est rassurant d'avoir des enfants crampons, car une fois ce besoin de sécurité émotionnelle assouvi, ils seront plus confiants, autonomes et iront explorer beaucoup plus loin". 

Période crampon : à quel âge ?

"L'enfant éprouve tout particulièrement le besoin d'être en proximité avec son parent la première année", précise le Dr. Raynaud. Cette période "crampon" survient généralement entre 3 mois et 9 mois, quand l'enfant identifie vraiment ses figures d'attachement. "C'est d'ailleurs pour cette raison qu'à 9 mois, l'enfant a peur de l'étranger, car il identifie également parfaitement les personnes qui ne sont pas ses figures d'attachement", détaille le Dr. Raynaud. Enfin, en principe, l'enfant cesse d'être collé à nous à partir du moment où il sait se déplacer seul et peut aller explorer son environnement librement.

Comment l'aider à se détacher ? 

Même si ne jamais pouvoir poser son bébé peut être épuisant quand on est une jeune maman, la directrice de l'Institut de la Parentalité déconseille de trop le repousser. La raison : l'enfant va s'autonomiser beaucoup plus vite, mais ira explorer moins loin. A l'inverse, "plus on sera là pour lui les premières années, et surtout la première, plus il se détachera facilement ensuite, car il aura pleinement confiance en lui", souligne-t-elle. Evidemment, parfois, on ne peut pas faire autrement que de le poser, pour prendre une douche par exemple. Dans ce cas, on le rassure et on explique que l'on va revenir. Petit à petit, il va comprendre que ce n'est pas parce que vous vous éloignez un instant que vous allez disparaître. On n'hésite pas non plus à le confier à l'autre figure d'attachement, car comme le précise Anne Raynaud "quand l'enfant repère sa figure d'attachement principale, il ne voit pas les autres figures d'attachement, mais si on le confie au papa, à la nounou ou aux grands-parents, il va identifier qu'il est toujours en sécurité". D'ailleurs, plus l'autre parent s'investira, s'occupera du change, du bain, du bibi, ou du réconfort, plus le tout-petit réalisera qu'il a en réalité deux porte-avions disponibles. Ses besoins seront ainsi mieux répartis et il ne se cramponnera plus uniquement à sa maman. 

Développement du bébé