Les enfants qui mentent dès l'âge de 2 ans développent tous cette compétence cognitive

Dès 2 ans, certains enfants racontent de drôles d'histoires. Un gâteau disparu ? "C'est le dinosaure qui l'a mangé." Un jouet cassé ? "Ce n'est pas moi". Ces petits mensonges révèlent surtout une étape importante dans le développement du cerveau des tout-petits.

Les enfants qui mentent dès l'âge de 2 ans développent tous cette compétence cognitive
©  yunafoto / 123RF

Si vous avez déjà vécu avec un enfant de 2 ans, vous avez sûrement déjà entendu une excuse sortie de nulle part. Le feutre sur le mur ? Il paraît que c'est quelqu'un d'autre. Les miettes de biscuit sur la table ? Un oiseau est passé par là. Et quand on demande "qui a fait ça ?", certains enfants répondent avec un sérieux impressionnant. Pourtant, ces petits mensonges ne sont pas forcément un signe de mauvaise foi. Ils montrent surtout que l'enfant commence à comprendre comment fonctionnent les échanges avec les autres. Et c'est plutôt bon signe.

En effet, les recherches du Dr Kang Lee, professeur de psychologie appliquée et de développement humain à l'Université de Toronto, montrent que le mensonge apparaît très tôt. Certains enfants commencent à mentir dès l'âge de 2 ans. Le phénomène devient ensuite de plus en plus fréquent en grandissant : vers 3 ans, beaucoup d'enfants utilisent déjà ce comportement dans certaines situations, et à 4 ans, la majorité l'a expérimenté. Dans la plupart des cas, ces mensonges servent des objectifs très simples. L'enfant veut éviter une remarque après une bêtise, obtenir quelque chose qu'il souhaite ou attirer l'attention. Il ne cherche pas forcément à manipuler son entourage comme un adulte pourrait le faire. Il teste surtout les réactions des personnes autour de lui.

Il faut aussi se rappeler qu'à cet âge, les enfants vivent encore beaucoup dans l'imaginaire. Ils peuvent raconter qu'un jouet leur a parlé, qu'un animal invisible les accompagne ou qu'une histoire inventée s'est réellement passée. La limite entre la réalité et la fiction se construit progressivement. C'est pour cela qu'un enfant qui affirme avec conviction qu'il n'a pas touché au chocolat alors qu'il en a partout autour de la bouche ne doit pas forcément inquiéter ses parents. Il apprend, il expérimente et il observe ce qui fonctionne ou non. En bref, il développe ce qu'on appelle la théorie de l'esprit. Elle correspond à la capacité à comprendre que les autres ont leurs propres pensées, leurs propres connaissances et leurs propres croyances.

Les chercheurs expliquent aussi qu'en mentant, ils apprennent à contrôler certains éléments de leur comportement. Garder une histoire cohérente, surveiller leur visage ou éviter de se trahir demande un vrai travail mental. Un enfant qui invente une réponse doit donc mobiliser plusieurs capacités en même temps. Cette faculté joue ensuite un rôle essentiel dans les relations sociales. Elle aide l'enfant à mieux comprendre les émotions des autres, à communiquer plus facilement et à anticiper les réactions de son entourage.

Alors oui, entendre un petit "c'est pas moi" devant une bêtise peut parfois faire lever les yeux au ciel. Mais ces premiers mensonges racontent qu'un enfant apprend progressivement comment fonctionne le monde autour de lui. Évidemment, l'objectif des parents reste de lui transmettre l'importance de l'honnêteté, tout en comprenant que ces petites inventions font partie du chemin.