Stress des examens : l'attitude à bannir pour éviter de refiler votre angoisse à votre enfant

Le stress est à son comble pour les lycéens. Et, sans s'en rendre compte, certains parents ajoutent une pression supplémentaire. Une experte en éducation révèle le comportement numéro un à éviter.

Stress des examens : l'attitude à bannir pour éviter de refiler votre angoisse à votre enfant
©  jackf / 123RF

Le compte à rebours est lancé. Entre les épreuves du brevet, du baccalauréat ou les examens de fin d'année dans l'enseignement supérieur, le mois de juin se transforme en marathon pour les élèves. Les fiches de révision s'empilent, les calendriers se remplissent et les discussions autour des échéances prennent parfois beaucoup de place. Dans ce contexte, les parents cherchent naturellement à soutenir leurs enfants. Pourtant, certaines attitudes, même guidées par les meilleures intentions, peuvent produire l'effet inverse.

Caroline Maitrot, fondatrice de Nomad Education, une application dédiée au soutien scolaire, constate régulièrement ce phénomène chez les adolescents qu'elle accompagne. Pour elle, un indice permet de comprendre qu'un élève subit une pression qui dépasse le simple cadre scolaire. "Le signe le plus révélateur, c'est lorsque l'élève ne parle plus de l'examen lui-même mais de la réaction de ses parents. Il ne dit pas : 'J'ai peur de rater', mais plutôt : 'Je n'ai pas envie de les décevoir'. L'enjeu se déplace alors de la performance scolaire vers la validation familiale." L'examen cesse alors d'être uniquement un objectif personnel. Il devient aussi une manière de répondre à des attentes familiales.

Très concrètement, si elle devait demander aux parents d'arrêter une seule chose avant les examens, la spécialiste répond sans hésiter : "Arrêter de transformer l'examen en sujet central de la vie familiale. Plus on parle d'une échéance comme si elle était décisive, plus elle prend de place dans l'esprit de l'enfant." Pour elle, c'est à partir de ce moment-là que l'intérêt porté aux révisions bascule progressivement vers une forme de pression. Effectivement, certains parents veulent aider à tout prix et finissent par prendre une place trop importante dans l'organisation du travail de leur enfant. "Beaucoup de parents cherchent à optimiser les révisions, organisent le planning, rappellent ce qu'il reste à faire. Pourtant, à l'adolescence, la réussite passe aussi par l'apprentissage de l'autonomie. On aide davantage un jeune en lui laissant piloter sa préparation qu'en essayant de le faire à sa place", rappelle Caroline Maitrot. 

Les questions répétitives peuvent aussi être problématiques. "Tu es prêt ?", "Tu as bien révisé ?", "Tu es sûr que tu n'oublies rien ?" Ces phrases rassurent les adultes, mais elles ne sont pas toujours reçues de cette façon. "Souvent, l'enfant entend une évaluation permanente. Même lorsque la question part d'une bonne intention, elle peut être perçue comme une source de stress supplémentaire." Les adolescents savent généralement très bien ce qu'ils ont à faire. Ils connaissent les dates, les programmes et les enjeux. Les rappels incessants ne changent pas leur niveau de préparation. En revanche, ils peuvent renforcer l'impression d'être observés ou jugés.

Pour soutenir efficacement un adolescent, Caroline Maitrot recommande de déplacer le centre de la conversation. "Demander 'Comment tu te sens ?' est souvent plus utile que demander 'Combien de chapitres tu as révisés ?' Le soutien émotionnel a généralement plus d'impact que le suivi académique dans les derniers jours." Les élèves ont aussi besoin de parler d'autre chose, de conserver des moments ordinaires et de souffler entre deux séances de travail.