La théorie du "masque à oxygène" : tous les parents devraient l'appliquer lors d'une séparation selon une coach en coparentalité

En cas de divorce, les parents cherchent avant tout à préserver les enfants. Vanessa Seve, ancienne avocate devenue coach en coparentalité, nous révèle que la clé réside pourtant dans une autre approche, pour mieux les guider à travers cette période de transition.

La théorie du "masque à oxygène" : tous les parents devraient l'appliquer lors d'une séparation selon une coach en coparentalité
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Une séparation est, par essence, une période de chamboulement, où tous les repères s'effondrent. Face à ce séisme, beaucoup de parents tentent de faire bonne figure devant les enfants, pour les préserver, et se concentrent sur la logistique pour mettre en place cette nouvelle vie de parent solo. Trouver un nouvel appartement, gérer le quotidien, le travail... "Il faut accepter qu'il s'agit d'une phase chaotique, mais je vois aussi beaucoup d'injonctions liées à cette période de divorce : "il faut se séparer intelligemement", "bien s'entendre avec l'autre parent", mais en réalité, c'est beaucoup plus complexe que ça", nous explique Vanessa Seve, ancienne avocate familiale, devenue coach en coparentalité. 

De plus, les enfants sont de "véritables éponges" : ils ressentent tout et captent les moindres émotions de leurs parents. Ainsi, faire semblant ne fait que démultiplier leur anxiété. Pour les aider à traverser cette crise, il est indispensable de rétablir une communication transparente, adaptée à leur âge et de leur expliquer les choses simplement, à chaque étape. Selon la spécialiste, les parents ont d'ailleurs tendance à tous faire la même erreur en voulant préserver leurs enfants à tout prix.

"La principale erreur des parents qui se séparent est de ne pas se recentrer sur soi et s'oublier", nous explique Vanessa Seve, qui a elle-même traversé cette épreuve en tant que maman. "Moi je me suis totalement oubliée, je me suis concentrée sur l'organisation, sur mon fils, mais ça ne règle pas la vraie problématique du deuil de la vie de famille", nous confie-t-elle. La première erreur est donc de vivre les choses seul. L'experte conseille plutôt de verbaliser avec des mots simples : "Tu vois je suis un peu triste mais c'est normal, ça va aller… ", afin de dédramatiser la situation et "d'outiller l'enfant".

Pour faire comprendre l'urgence de prendre soin de soi, Vanessa Seve utilise une métaphore aéronautique bien connue mais essentielle : la théorie du "masque pour secourir son enfant dans l'avion". En effet, en cas de dépressurisation dans une cabine, les consignes de sécurité sont strictes : il faut impérativement enfiler son propre masque à oxygène avant de tenter d'ajuster celui de son enfant. Si vous vous évanouissez par manque d'air, vous ne serez d'aucun secours pour lui. Dans le cadre d'un divorce, le principe est exactement le même : "Comment rester un parent stable quand c'est pour nous-mêmes chaotique ? (...) Ma responsabilité, ça va commencer par moi", martèle la coach. Si le parent ne prend pas le temps de respirer et de guérir, son épuisement et sa détresse finiront inévitablement par déborder sur l'enfant.

Reprendre de l'oxygène demande des actions concrètes et progressives pour vider son sac mental et émotionnel. Elle invite les parents à accepter l'aide extérieure et à s'accorder de vrais moments pour eux, même courts : "demander à nos parents de prendre les enfants pour s'aérer, aller marcher une heure, se poser à une terrasse de café, se détendre et se ressourcer. Prendre une décision pour soi, pour son bien-être, et après on se rend compte des bienfaits : nos prises de décisions vont être plus fluides", recommande-t-elle.

Côté organisation, Vanessa Seve suggère de compartimenter les chantiers de la séparation pour ne pas être submergé : "Une fois que le logement est géré, après, on pourra s'occuper du reste, de l'administratif et du divorce. On ne peut pas tout faire en même temps, il y a plein de marches à monter". Pour se décharger au quotidien, elle conseille deux outils : un journal intime pour "déverser émotionnellement" et une feuille d'objectifs pour planifier la logistique. 

Enfin, l'experte rappelle nous jonglons constamment entre quatre rôles (parent, couple, professionnel, et individu), et qu'il est impossible de tous les mener de front à 100 %. La séparation force à rééquilibrer la balance : en prenant soin de la femme (ou de l'homme) que l'on est, on redevient un parent plus serein, plus solide et pleinement disponible. Le temps fait son œuvre, Vanessa Seve estimant à au moins "un an avant de se remettre vraiment après un divorce" (selon les cas), vers une coparentalité enfin plus humaine et apaisée pour le bien-être des enfants et des parents.