Places "famille" sur les parkings : que risque-t-on à s'y garer quand on est seul ?

Plus larges, plus proches des entrées… Les places "famille" fleurissent depuis plusieurs années sur les parkings de supermarchés et de centres commerciaux. Mais sont-elles vraiment réservées aux parents accompagnés d'enfants ? Entre cadre légal flou et colère grandissante des familles, la réalité est bien plus surprenante qu'il n'y paraît.

Places "famille" sur les parkings : que risque-t-on à s'y garer quand on est seul ?
©  tonygers

Largement démocratisées au début des années 2000, les places de stationnement dites "famille" sont devenues un standard sur les parkings des grandes surfaces et des centres commerciaux. Reconnaissables à leur marquage au sol, à leur pictogramme représentant une poussette ou une silhouette d'enfant, et à leur emplacement stratégique près de l'entrée des magasins, elles répondent à un besoin très concret. Plus larges que les emplacements classiques, elles permettent aux parents d'ouvrir grand les portières pour installer bébé dans son siège auto, sortir une poussette du coffre sans heurter la voiture voisine, ou encore aider un jeune enfant à grimper dans l'habitacle en toute sécurité. "Ce n'est pas facile de sortir la coque bébé quand on n'a que quelques centimètre pour ouvrir la portière", confirme Léa, jeune maman. Pour les femmes enceintes, ces quelques centimètres supplémentaires sont aussi indispensables pour entrer et sortir du véhicule sans difficulté. 

Sauf que ces places, pourtant explicitement signalées, sont régulièrement occupées par des automobilistes seuls, sans enfant à bord. Une situation qui exaspère de nombreux parents à la recherche d'une place de stationnement adaptée, comme en témoignent les nombreux échanges sur les réseaux sociaux. Sur le forum Reddit, une jeune mère partage son agacement : "Je déteste que des gens se garent sur ces places sans enfant. C'est tellement égoïste et inconsidéré. Avant d'avoir mon fils, je ne m'y garais jamais", écrit-elle. Certains internautes dénoncent quant à eux le manque de civisme des automobilistes sans enfant, tandis que d'autres s'interrogent, plus pragmatiquement, sur la légalité réelle de ces emplacements.

Alors, que dit la loi ? Contrairement aux places réservées aux personnes en situation de handicap, qui sont strictement encadrées par le Code de la route et dont l'occupation abusive est sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 euros, les places "famille" ne disposent, elles, d'aucun cadre légal officiel. En effet, ces emplacements sont mis en place de façon volontaire par les enseignes elles-mêmes, sur des parkings privés qui leur appartiennent. Concrètement, cela signifie qu'un automobiliste qui stationne sur une place famille sans enfant ne risque, aux yeux de la loi, ni amende, ni procès-verbal, ni mise en fourrière. Le marquage au sol, aussi explicite soit-il, n'a pas davantage de valeur juridique qu'une simple recommandation. Tout au plus, le supermarché peut afficher un règlement intérieur ou demander à un agent de sécurité d'intervenir, mais la sanction reste, dans les faits, inexistante.

Au-delà du strict cadre juridique, l'usage de ces emplacements relève donc avant tout du civisme et du bon sens. Si la loi française ne prévoit aucune sanction, certains parkings privés peuvent toutefois mettre en place leurs propres dispositifs de dissuasion, comme la vidéosurveillance ou des contrôles ponctuels par des agents. À noter également : ces places n'étant pas légalement protégées, elles ne sont pas non plus garanties pour les familles qui en ont vraiment besoin.

Mieux vaut donc, lorsqu'on est parent, anticiper en arrivant un peu plus tôt ou se diriger directement vers une place classique en cas d'affluence. Et pour les automobilistes sans enfant ? Un simple réflexe suffit : se rappeler qu'une place famille libre peut faire toute la différence pour une mère, une femme enceinte, un père seul avec ses enfants, ou un parent pressé un dimanche matin. Un petit geste de courtoisie qui ne coûte rien… et qui évite bien des regards noirs au retour des courses.