Victimes de leur succès, ces fournitures scolaires sont interdites dans des écoles
Certaines écoles ont décidé d'interdire des stylos au sein des classes pour éviter les conflits entre les élèves.
L'été, les parents anticipent la rentrée des classes en achetant la liste des fournitures scolaires. Si certains s'y prennent dès la fin de l'année scolaire pour partir en vacances l'esprit léger, d'autres préfèrent attendre le mois d'août. Entre le nouveau cartable, la trousse, les cahiers et les vêtements, la facture s'alourdit et la liste s'allonge au fur et à mesure que l'enfant grandit. Mais au-delà du coût global, un nouveau phénomène bouscule les préparatifs : certaines fournitures stars ne sont plus les bienvenues en classe. En cause ? Un succès planétaire qui transforme les cours de récréation en lieu de tensions entre les élèves.
Pour éviter "la surenchère et la jalousie", plusieurs établissements ont ainsi pris la décision radicale d'interdire la célèbre marque italienne Legami dans leurs enceintes. "Nous vous invitons à revenir aux stylos basiques, étiquetés au prénom de votre enfant", précise un message envoyé par une direction d'école à des parents d'élèves. Une interdiction qui frustre parfois, tant le produit plaît. "Je l'avoue, j'aime beaucoup ces stylos et j'en ai beaucoup offerts. Un petit message fun accompagne la mascotte et, élément très important pour moi, ils sont rechargeables", témoigne Laetitia, une maman qui a partagé la note reçue de l'école sur Linkedin.

Il faut dire que la marque, fondée à Bergame en 2003, a opéré un véritable coup de maître marketing en surfant sur le concept du "happy shopping" et du collectionnable. Au total, "cent milliards de stylos sont vendus chaque année dans 70 pays, et les stylos effaçables sont extrêmement populaires et prisés des collectionneurs, notamment des écoliers" nous précise la marque. D'ailleurs, les stylos effaçables à encre thermosensible surmontés de petits animaux (koala, ourson, dinosaure ou licorne), dotés chacun d'un nom et d'un mantra humoristique à collectionner sont les modèles les plus appréciés des enfants.
Cependant, à près de 3 euros l'unité, ces stylos ne sont pas à la portée de toutes les bourses, surtout lorsqu'ils sont achetés par dizaines. Ce coût élevé attise la convoitise et crée des clivages sociaux visibles dès la salle de classe. En se transformant en objets de collection, de troc et parfois de vol, ces outils de travail deviennent une source majeure de distraction et de conflits pendant les cours, poussant les enseignants à sévir. À l'approche de la rentrée, le mot d'ordre reste donc la modération : les parents pourront toujours en acheter pour les devoirs à la maison, mais dans le doute, mieux vaut aussi prévoir des fournitures scolaires basiques pour l'école.