"Tout est à l'envers" : son fils passe des concours d'écoles d'ingénieurs alors que le programme n'est pas terminé
Marion a dû payer des cours de soutien en mathématiques à son fils pour lui permettre de passer ses concours. Il n'a pas eu le temps de tout aborder en classe, mais espère bien être admis et décrocher son baccalauréat.
C'est un paradoxe qui rythme chaque année le printemps des élèves de Terminale et met les nerfs des parents à rude épreuve. Alors que les épreuves finales du baccalauréat débutent au mois de juin, des milliers de lycéens sont déjà plongés dans le grand bain des concours d'entrée pour l'enseignement supérieur.
En effet, selon le calendrier officiel dicté par la plateforme Parcoursup, les écoles post-bac (écoles d'ingénieurs, de commerce ou instituts spécialisés) organisent leurs épreuves écrites et leurs entretiens oraux entre la mi-avril et le début du mois de mai, afin de pouvoir publier leurs résultats début juin. "Mais tout est à l'envers", nous confie Marion, maman de Théo, âgé de 18 ans. "Il n'a pas encore le bac et passe déjà des concours pour des écoles d'ingénieurs, alors que le programme en mathématiques n'est même pas terminé", déplore cette mère de famille.
En effet, les sujets de ces concours (qui évaluent des matières denses comme les mathématiques, la physique ou l'anglais) portent sur l'intégralité du programme de Terminale. Or, à cette période de l'année, les professeurs n'ont pas encore eu le temps de boucler tous les chapitres. "On a dû lui payer des cours de soutien pour lui donner toutes les chances de réussir ses examens, à 30 euros l'heure". Sans parler du fait qu'il manque des jours de cours pour se rendre aux centres d'examen.
Aussi, selon le profil et le dossier de l'élève, celui-ci est convoqué à un entretien oral, soit placé sur liste d'attente. De son côté, Théo ne semble pas angoissé à l'idée de passer ses concours pour l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées), EPITA, l'École Polytechnique, ou encore l'ESILV (École Supérieure d'Ingénieurs Léonard de Vinci). "Ca va, je me ne me sens pas trop stressé", nous confie-t-il. Si ces concours nécessitent tout une organisation logistique et du sérieux pour ne pas perdre le fil en classe, "l'avantage, c'est qu'ils permettent de réviser le baccalauréat en amont, puisqu'il s'agit du programme de Terminale. Finalement, ça le force à réviser et même s'il loupe des jours de cours, il reste confiant pour ses épreuves du bac à venir en juin" ajoute Marion.
Un mal pour un bien, donc, pour ce futur étudiant. Le parcours de Théo illustre parfaitement le marathon printanier que vivent de nombreuses familles, une course contre la montre qui concerne d'ailleurs tout autant les candidats aux écoles de commerce. Reste désormais à franchir la ligne d'arrivée : découvrir les fameuses réponses d'admission sur la plateforme Parcoursup au début du mois de juin, avant de se concentrer sur l'ultime étape de cette année décidément bien chargée : décrocher le précieux sésame du baccalauréat !