Le diagnostic du syndrome du bébé secoué remis en question

L'association Adikia, qui regroupe plusieurs parents "accusés à tort de maltraitance suite à des erreurs de diagnostic" saisit le Conseil d'Etat pour réclamer l'abrogation des recommandations de la Haute autorité de santé.

Le diagnostic du syndrome du bébé secoué remis en question
© dolgachov-123rf

Le syndrome du bébé secoué a des conséquences terribles sur l'enfant. Chaque année, près de 200 bébés seraient concernés et ceux qui parviennent à survivre à ce choc traumatique provoqué par de violentes secousses risquent malheureusement de conserver des séquelles à vie. Pour permettre aux médecins de mieux diagnostiquer le syndrome du bébé secoué, la Haute Autorité de santé avait actualisé ses recommandations. La HAS a notamment pris en compte "le mécanisme causal et la datation des lésions", la version de l'adulte qui accompagne l'enfant, et a affiné le reste des critères. Rappelons qu'en cas de doute, l'enfant est hospitalisé en soins intensifs pédiatriques, tandis que les médecins ont pour obligation de signaler le cas de bébé secoué auprès du procureur de la République, et de demander l'avis d'un autre médecin.

Des erreurs judiciaires et des parents accusés à tort

Selon l'association Adikia, qui regroupe plus de 130 familles accusées à tort de maltraitance infantile, ces recommandations relatives au syndrome du bébé secoué seraient responsables de nombreuses erreurs judiciaires. Car d'autres cas comme les chutes accidentelles, ou encore les maladies génétiques ne sont pas toujours pris en compte. Résultat : les parents sont accusés d'avoir secoué leur bébé. L'avocat Grégoire Etrillard et l'association Adikia saisissent le Conseil d'Etat pour réclamer l'abrogation des recommandations de la Haute Autorité de santé. Selon Grégoire Etrillard, "les excessives certitudes exprimées par ces recommandations ont envahi la sphère judiciaire au point d'en être régulièrement le fondement unique". En 2019, il rappelait que les conséquences sont souvent terribles, car "à cause d'un diagnostic présenté comme "certain" et que nul ne peut remettre en cause", les décisions de justice conduisent "au placement d'enfants, à la séparation d'avec la famille et à la condamnation d'innocents à de lourdes peines". En effet, les parents sont nombreux à témoigner sur le site de l'association Adikia, comme Denise, dont le fils a été diagnostiqué à tort "bébé secoué" après une chute, ou Bella, innocentée lorsqu'un expert a enfin reconnu l'hydrocéphalie de son fils.