Pourquoi la petite Vanille a-t-elle été confiée seule avec sa mère ?

Nathalie Stéphan, la mère de Vanille, a été placée en détention pour avoir étouffé sa fille âgée d'un an, retrouvée morte dans un conteneur à vêtements. Pourtant atteinte de troubles psychiatriques, elle était autorisée à voir sa fillette quelques heures par semaine dans un foyer où elle était placée.

Vanille, âgée d'un an, a été tuée par sa mère le jour de son premier anniversaire, le 7 février 2020. Après le lancement du dispositif Alerte Enlèvement, dont le dénouement s'avère, pour la première fois, être un échec tragique, la fillette a été retrouvée morte dans un conteneur à vêtements, dans un parc près d'Angers. Nathalie Stéphan qui a avoué l'avoir étouffée, a été mise en examen pour meurtre sur mineur et placée en détention provisoire ce mardi 11 février. Mais comment se fait-il que la fillette se soit retrouvée seule avec sa mère, pourtant atteinte de troubles psychiatriques ? En effet, la petite Vanille était placée dans une famille d'accueil, tandis que sa mère était hébergée depuis un an dans un centre maternel, qui accueille les femmes enceintes et les mères isolées. Par ailleurs, elle pouvait voir sa fille quelques heures par semaine dans le foyer maternel qui l'accueillait. "Il y a une question de fond qui est : comment a-t-on pu décider de confier un enfant à une mère dont le profil psychiatrique semble effectivement compliqué ?" reconnaît Adrien Taquet, secrétaire d'État en charge de la protection de l'enfance, qui rappelle que chaque année, près de 80 enfants meurent sous les coups de leurs parents.

Des visites encadrées pour protéger l'enfant

La mort de Vanille pose aussi la question de l'intérêt supérieur de l'enfant et notamment du lien biologique entre le parent et l'enfant qui est, dans certains cas, privilégié au détriment de sa sécurité ou de sa santé. Pour Lyes Louffok, dont la mère était elle aussi atteinte de troubles psychiatriques, si les visites n'avaient pas été encadrées lorsqu'il était petit, il "serait mort", a-t-il déclaré dans l'émission C à vous. "Ce n'est pas quelque chose qu'on découvre, beaucoup d'enfants placés ont des parents psychotiques. Cela ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas avoir une place auprès de leurs enfants. Cela veut simplement dire qu'il faut mettre en place toutes les précautions à la fois pour la mère, mais surtout pour l'enfant", a ajouté l'auteur du livre "Dans l'enfer des foyers"

"Il n'y a pas eu de négligence de l'ASE"

Selon Eric Bouillard, procureur d'Angers, "aucun signe ne nous permettait de penser que ce passage à l'acte était envisagé par la maman, au contraire". De plus, "à aucun moment la mère n'avait par le passé mis en danger l'un ou l'autre de ses enfants". Lors d'une conférence de presse, il insiste d'ailleurs sur "l'évolution positive" de la mère, son investissement pour maintenir le lien avec son enfant... Des attitudes qui avaient semble-t-il rassuré les éducateurs. Il s'avère donc que"la maman avait prévu un plan, a caché ce plan et a dissimulé aussi sa situation réelle" a ajouté le procureur. "Il n'y a eu absolument pas de négligence de l'ASE, je suis formel", a quant à lui déclaré le président du département du Maine-et-Loire Christian Gillet.