Dans ce pays, laisser son chat seul toute la journée est interdit : ce qu'en pense une comportementaliste

Un pays a instauré une loi imposant aux détenteurs de chats de s'assurer qu'ils vont bien au moins deux fois par jour. Une mesure qui peut en surprendre en certains, mais qui fait sens. On en a parlé avec une comportementaliste félin.

Dans ce pays, laisser son chat seul toute la journée est interdit : ce qu'en pense une comportementaliste
© 123RF / melis

En Suède, il n'est pas possible de laisser son chat seul une journée entière. Une loi locale oblige en effet les détenteurs de chats à vérifier (ou faire vérifier par quelqu'un) que leur animal va bien au moins deux fois par jour, rapporte Le Figaro. Le site de Bozita, une marque suédoise de nourriture pour animaux, ajoute que la loi ne prévoit pas seulement de passer vérifier que le chat a à boire et à manger, mais aussi lui apporter du contact social.

Cela peut surprendre, car les chats sont généralement vus comme des animaux indépendants, voire distants. "Le chat est effectivement souvent perçu comme un animal indépendant qui "fait sa vie", avec de l'eau et des croquettes à disposition", nous confirme Juliette Puy, comportementaliste félin. Mais "ses besoins sont souvent sous-estimés. Au-delà des simples besoins primaires, il garde un fort besoin de jouer et d'être stimulé par des nouveautés : une routine stable, certes, mais suffisamment renouvelée pour ne pas qu'il s'ennuie. D'autre part, beaucoup tissent un lien d'attachement fort avec leur adoptant, ce qui peut causer un stress en cas d'absence prolongée." L'experte ajoute que les litières doivent être nettoyées "au minimum" une fois par jour, et qu'il y a toujours un risque d'accident domestique, de blessure ou de maladie. Quant à l'eau à laquelle il a accès, elle doit être propre et changée régulièrement. Autant de choses plus qu'importantes à avoir en tête.

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Quand on lui demande ce qu'elle pense de cette loi suédoise, Juliette Puy nous répond donc : "Il est difficile de me positionner précisément sur un texte de loi étranger que je ne peux lire au mot près, mais il est important de noter qu'il s'inscrit dans la continuité d'une législation suédoise déjà évoluée au sujet du bien-être animal. Ce qui me semble surtout intéressant, c'est sa portée symbolique : elle acte que le bien-être d'un chat ne se résume pas à l'accès à l'eau et à la nourriture. En imposant ce contact régulier, elle donne une existence légale à quelque chose qu'on néglige souvent : l'état émotionnel du chat. Elle envoie aussi selon moi un signal au-delà des seuls propriétaires suédois, en contribuant à faire évoluer une représentation encore très ancrée : celle du chat autonome, qui "se garde tout seul" plusieurs jours. Au final, ce que cette loi essaye probablement de contrer, c'est cette situation encore trop récurrente : celle de demander à un voisin de passer remplir la gamelle, un peu comme on lui demanderait d'arroser les plantes. Un chat n'est pas une plante verte ! La personne qui visite doit pouvoir constater un éventuel problème, mais également veiller au bien-être émotionnel de l'animal".

Concernant l'obligation de s'assurer que son chat va bien au moins deux fois par jour, Juliette Puy nous indique qu'il ne faut pas forcément faire sa pause déjeuner à la maison. "Pour une journée de travail classique, rentrer à midi est bien entendu bénéfique, mais pas forcément essentiel : ce qui rentre aussi en ligne de compte, c'est la qualité du lien avec l'humain lorsqu'il est présent ainsi que les occupations à disposition du chat lors des absences. Un chat adulte en bonne santé, dans un environnement stimulant, bien entouré le matin et le soir, peut généralement rester seul la journée".

 

Concernant les absences, "s'il s'agit d'un départ en week-end ou en vacances, deux passages par jour, c'est idéal. En dessous d'un passage quotidien, en revanche, cela devient, à mon sens, problématique". Ce rythme peut convenir pour "une semaine, parfois plus", à condition "que "le chat ne montre pas de signe de stress". Au-delà, il est peut être judicieux "de laisser son chat dans une pension de qualité, tenue par une personne bien formée en comportement félin", ou de l'emmener avec soi. Dans tous les cas, il faut bien sûr s'adapter au caractère et à la santé de l'animal.