Désir : pourquoi se sent-on plus excité en ce moment ?
Avec ses jours qui s'allongent, ses après-midis ensoleillés et ses corps à demi dénudés, le Printemps est associé au réveil de la libido. Mythe collectif ou réalité scientifique ? On fait le point avec la sexothérapeute Mathilde Fleygnac.
La fameuse "saison des amours" existe-t-elle chez les humains, comme c'est le cas chez les animaux ? Ou en d'autres termes, a-t-on davantage envie de faire l'amour en avril qu'en décembre ? Si les études ne sont pas unanimes, de nombreuses recherches montrent qu'indirectement, oui, il y aurait bien un effet "Printemps" sur notre sexualité. C'est le cas d'une étude de l'Université de Tromso, en Norvège, qui avait démontré un pic du désir féminin autour d'avril et mai. D'où vient cette envie bien plus forte d'intimité ?
Cette hausse serait essentiellement due au retour du soleil, nous explique Mathilde Fleygnac, sexothérapeute : "Notre exposition à la lumière naturelle augmente, et cela a un impact direct sur certaines hormones comme la sérotonine et la dopamine, qui jouent un rôle clé dans la régulation de l'humeur. On se sent souvent plus léger, plus énergique que pendant l'hiver. Et forcément, cet état influence le désir sexuel." Il faut dire que l'hiver est particulièrement rude question libido, certaines études montrant ainsi que la dépression saisonnière, en incluant les formes légères, peut toucher jusqu'à 24% des Français chaque année. Et qui dit dépression dit… moins d'excitation. "Le printemps, c'est un peu comme si le corps sortait d'une forme de "mise en veille" hivernale, à l'image de la nature qui se réveille", complète la sexothérapeute, suivie par près de 30 000 personnes sur les réseaux.
Une nouvelle question se pose alors : cette hausse de l'excitation sexuelle implique-t-elle des relations moins sérieuses ? Ou en d'autres termes, doit-on avoir se méfier des amourettes de printemps ? C'est ce que les Anglo-saxons appellent le "Spring Fling", soit une envie de papillonner plus que se poser, propre à cette saison. "C'est vrai qu'il peut y avoir plus de désir de séduire, d'explorer, sans forcément chercher à se projeter tout de suite", constate Mathilde Fleygnac dans ses consultations. Mais elle nuance : "Je ne parlerais pas forcément de "papillonner" au sens négatif, mais plutôt d'une envie de vivre quelque chose de plus spontané, plus dans l'instant."
Pour la spécialiste, pas de raison particulière de se méfier du Printemps donc, du moment que l'on sait "communiquer clairement sur ce que l'on veut, comme à toutes les saisons !" Mais il ne faut pas non plus "fétichiser" cette saison et projeter sur elle des effets magiques. "Une rencontre ne dépend pas uniquement de la saison, mais aussi de ce que l'on vit à ce moment-là, de sa disponibilité, de ses envies, et de la manière dont on entre en relation." Car qui dit hausse de l'excitation, ne dit pas qu'il faut foncer sur toutes les occasions qui se présentent.
Au contraire, la sexologue recommande de "prendre un moment pour se demander ce que l'on cherche vraiment, et surtout, de se sentir disponible. Pas seulement physiquement, mais aussi émotionnellement." Et si vous ne l'êtes pas, ou que vous êtes seulement l'un, ou seulement l'autre, aucun drame. Car "ce n'est pas la saison qui crée la rencontre, c'est le moment où l'on est prêt à la vivre !"
