José Adolfo, ce (petit) banquier écologique qui change le monde

A 14 ans, José Adolfo est en train de marquer l'Histoire de son pays, le Pérou, et celui du monde entier. Il est à l'initiative d'une banque écologique destinée aux plus jeunes. Gilles de Maistre en a fait l'un des héros de son documentaire "Demain est à Nous", en salles le 25 septembre. Portrait.

José Adolfo, ce (petit) banquier écologique qui change le monde
© Apollo Films

Quand il entre dans la pièce, José Adolfo Quisocala Condori arbore un immense sourire. Sa poignée de main est franche. Il s'installe et nous regarde droit dans les yeux après s'être présenté avec politesse et bienséance. A 14 ans, c'est une icône dans son pays, le Pérou. L'année dernière, il remportait à Stockholm le Children's Climate Prize (doté par Telge Energi) pour son combat impressionnant en faveur de l'environnement. C'est sur lui que s'ouvre d'ailleurs le documentaire Demain est à nous de Gilles de Maistre, sur sa voix inspirante et mâtinée d'une sagesse d'un autre temps. Son fait de gloire ? La création d'une banque écologique à Arequipa, laquelle compte aujourd'hui 3600 adhérents entre 6 et 29 ans. "Cette année, on compte ouvrir un nouveau point à Lima, la capitale, et dans une autre ville du Pérou. Et l'an prochain, on vise l'Amérique latine et pourquoi pas l'Europe et les Etats-Unis", explique-t-il avec un aplomb ahurissant.

José Adolfo à Paris pour la promotion de "Demain est à Nous". © Mehdi Omaïs

Un horizon vert

Flash-back. Né le 6 décembre 2004, José Adolfo est le benjamin d'une fratrie de trois enfants. Son père est ingénieur statisticien et sa maman secrétaire. Ce sont eux qui lui ont permis de construire sa pensée et d'imposer ses convictions. "Ils m'ont toujours laissé donner mon opinion sur la politique, la société, l'environnement.... Je n'ai jamais été muselé et ce, devant qui que ce soit. Petit à petit, je me suis forgé une vision du monde grâce à cette liberté-là."

Il y a environ sept ans, il est exaspéré par la façon dont ses camarades d'école dépensent leur argent, sur les friandises notamment, et se demande comment faire pour les aider à générer des sous.

La solution arrive rapidement : il fondera une éco-banque. Pour y souscrire ? Récolter 5 kilos de déchets recyclables, et ensuite au moins un kilo par mois. "Mensuellement, on en recueille entre 4 et 6 tonnes", clame-t-il, fièrement. Ces quantités sont ensuite vendues à des entreprises. Les recettes qui en découlent sont reversées aux enfants pour leur contribution citoyenne à un monde plus propre.

"Tout le monde sait le mal qu'on fait à l'environnement. La Terre a besoin d'être protégée mais les gens n'agissent pas. Ils jettent un truc dans la rue en se disant : 'qu'est-ce que ça change après tout ?' Il y a un vrai travail de sensibilisation à faire. Au même titre que plusieurs entreprises polluantes, on a tous une grande part de responsabilité", estime-t-il, en regrettant que l'Etat, qui ne lui accorde aucune aide, ne s'investisse pas davantage sur ce terrain.

Personne ne saurait pourtant ignorer l'existence de José Adolfo. Chacun de ses déplacements, locaux ou internationaux, est en effet scruté avec la plus grande attention. "J'ai besoin d'aide. Je n'en ai ni de la municipalité, ni de la région. J'ai le soutien d'entreprises privées locales et internationales sous la forme de sponsorship, avec par exemple la mise à disposition de camions qui récupèrent les déchets collectés".

Très présent sur Facebook et récemment inscrit sur Instagram, l'adolescent de 14 ans voudrait étudier plus tard à Paris ou à Londres, tout en continuant à aider son pays. Il n'exclut pas un avenir politique. D'ailleurs, son emploi du temps parisien est ministériel. Il n'a toujours pas eu le temps "de voir Disneyland, le Louvre et la Tour Eiffel".   

José Adolfo, ce (petit) banquier écologique qui change le monde
José Adolfo, ce (petit) banquier écologique qui change le monde

Quand il entre dans la pièce, José Adolfo Quisocala Condori arbore un immense sourire. Sa poignée de main est franche. Il s'installe et nous regarde droit dans les yeux après s'être présenté avec politesse et bienséance. A 14 ans, c'est...