Dès 50 € je payais tout en 4X : après avoir cumulé 17 paiements fractionnés, elle raconte comment elle est sortie de cette spirale
Ses deux jobs ne lui suffisaient plus. Accro au shopping, Clara a basculé dans la spirale du paiement fractionné de façon inattendue. "Je ne sais pas comment, mais à un moment donné, automatiquement, je faisais tous mes paiements en quatre fois." Elle témoigne.
À l'origine destinés à nous faciliter la vie, ils se transforment en spirale infernale lorsqu'on ne sait pas en faire bon usage. Les paiements en plusieurs fois, aussi appelés "crédits", ont pourri la vie de Clara ces derniers mois. En exclusivité pour le Journal des Femmes, elle se confie.
À 26 ans, Clara (@claralighter00 sur TikTok) est ce qu'on appelle une accro du shopping. Pour elle, "impossible de faire les magasins sans repartir avec quelque chose" ensuite. Elle a admis passer au moins "une heure par jour à regarder, à faire des paniers, à comparer" les produits sur les e-shops. À d'autres moments, cela peut passer à "deux, trois heures facilement."
Une passion anodine qui l'a poussée dans des situations financières difficiles. En 2026, la Bretonne a cumulé près de 17 paiements fractionnés en même temps, soit plus de 500 € par mois. Son addiction au shopping s'est alors muée en addiction au paiement fractionné ; à un tel point qu'elle en a perdu le chemin des magasins : "À la fin, ça m'embêtait d'aller faire les magasins parce que je savais que je ne pourrai pas payer en plusieurs fois." Aujourd'hui, au-delà de 50 €, elle paye tout en 4 fois.

Pourtant, son premier paiement fractionné n'était pas si engageant en termes de montant : "C'était des vêtements sur SheIn pour les vacances. Je n'avais pas l'argent sur le moment. Ça devait être 100 ou 120 €, un truc comme ça." Mais du dépannage ponctuel à un réflexe vital, il n'y a qu'un pas.
Alors qu'on aurait tendance à penser qu'un petit montant n'a rien de grave, c'est précisément là que réside tout le côté pervers du paiement en plusieurs fois. "À chaque fois que j'en faisais un nouveau, je me disais c'est pas grave, c'est que 20 € tous les mois. Sauf qu'en fait, cumulé, ça fait 500 € au final." Paradoxalement, Clara n'a recours au paiement fractionné que pour des sommes qui paraissent dérisoires. "Il m'est déjà arrivé de payer des draps IKEA en plusieurs fois."
Selon elle, c'est le fait que le crédit soit accessible à des montants si peu élevés qui favorise ce cercle vicieux. Même les experts marketing, qui connaissent bien les techniques, tombent dans le piège. Chef de projet dans le digital, Clara sait de quoi elle parle : "C'est nous qui mettons en place ces techniques marketing. On sait mais on y va quand même."
Elle a tout arrêté il y a un mois. Le déclic ? "J'ai un tableau Excel où je note toutes mes dépenses mensuelles. J'étais en train de faire mes comptes et en fait j'avais oublié d'en rentrer. J'ai tout recalculé. Il y en avait 17. D'habitude, je tournais autour de 5 à 7 paiements en même temps (...) Je me suis dit 'Stop.' J'ai pris 500 € mis de côté et j'en ai bouclé 14 sur 17."
Pour autant, elle ne diabolise pas ce type de paiement : "Ça aide quand même. Mais il faut le faire pour des choses de première nécessité comme un emménagement. Pas pour de la mode." Celle qui a déjà "tout essayé" - Alma, Klarna, Scalapay - apprécie qu'il y ait beaucoup d'"obstacles" avant validation. "Sur certaines plateformes, c'est long. Il y a plus de pages qui s'ouvrent. Il faut rentrer son numéro de téléphone, un code." De quoi permettre au consommateur d'y réfléchir à deux fois avant de sauter le pas.