Pendant que la mode tremble, ce nouveau temple du shopping mise sur un atout inattendu

Crise du textile, boutiques qui ferment… et pourtant, un projet hors norme à Bordeaux s'apprête à rafler les enseignes les plus convoitées. Le pari fou qui défie la morosité.

Pendant que la mode tremble, ce nouveau temple du shopping mise sur un atout inattendu
© Journal des Femmes avec Reve art

Le secteur de l'habillement n'en finit plus d'encaisser les coups. Plans sociaux à répétition, enseignes historiques qui baissent le rideau, centres-villes qui se vident de leurs boutiques : le prêt-à-porter français traverse l'une des zones de turbulences les plus rudes de son histoire récente. Dans ce climat morose, on n'attendait personne pour rebattre les cartes. C'est pourtant ce qui vient de se produire.

À Bordeaux, un projet à contre-courant s'apprête à bousculer toute la géographie commerciale de la métropole. Loin de raser les murs, ses promoteurs voient grand, très grand : 70 000 mètres carrés, une centaine de boutiques, des flagships records et un sanctuaire du bien-être venu tout droit d'Italie. De quoi faire tourner les têtes, à l'heure où la plupart des acteurs du retail serrent les boulons.

Son nom ? Canopia. Le développeur urbain Apsys qui a repensé le centre Beaugrenelle, vient d'en dévoiler l'offre commerciale, à un peu plus d'un an d'une ouverture programmée pour le second semestre 2027, à deux pas de la gare Saint-Jean. Et la liste des signatures donne le vertige. Le géant espagnol Inditex y déploiera quatre flagships, dont le plus grand Zara de la métropole, sur une surface XXL de 4 500 mètres carrés, accompagné de Bershka, Stradivarius et Pull&Bear. Le japonais Uniqlo prendra ses quartiers dans un bâtiment habillé de façades en pierres de verre, tandis que Nike profitera de l'occasion pour signer, enfin, sa toute première implantation bordelaise.

La parade se poursuit avec le premier flagship régional de Mango, mais aussi Only, Celio, Ba&sh, Maison 123 ou encore Figaret. Côté beauté, les amatrices retrouveront Sephora et Oh My Cream, complétés par le lunetier Jimmy Fairly, le chausseur Jonak et le joaillier Agatha. Mais la véritable surprise se niche ailleurs. Le leader italien du tourisme bien-être, QC Spa of Wonders, occupera à lui seul les 4 000 mètres carrés d'un pavillon avec vue sur la Garonne, transformant la virée shopping en parenthèse cocooning.

canopia
© Canopia

Reste une question que cette débauche d'enseignes ne peut masquer : la métropole peut-elle absorber 30 000 mètres carrés de commerces supplémentaires sans fragiliser un hypercentre déjà sous tension ? " Canopia s'annonce déjà comme un grand succès ", veut croire Céline Poix, directrice générale de la foncière, qui mise sur les 34 millions de voyageurs attendus en gare Saint-Jean d'ici 2032 et les 50 000 nouveaux habitants du quartier Euratlantique.

L'équation séduit sur le papier. Mais ouvrir un mastodonte physique quand le commerce de centre-ville s'essouffle reste un pari audacieux. Rendez-vous en 2027 pour savoir si Bordeaux a trouvé la formule qui résiste, ou simplement déplacé le problème.