Longtemps raillées, ces chaussures viennent pourtant d'être sacrées les plus influentes du siècle par les experts mode
Elles ont traversé les décennies, sont devenues de véritables classiques et ont fait taire les plus sceptiques.
Certaines pièces marquent les esprits de leur décennie. D'autres traversent les années et s'inscrivent dans l'histoire de la mode à tout jamais, devenant de véritables classiques. Elles sont non seulement emblématiques de l'époque dans laquelle elles naissent, mais elles reviennent inlassablement, portées par les générations suivantes - parfois même un siècle après. Elles cassent les codes des tendances d'antan, recréent une esthétique à part entière (comme la mode déconstructiviste), sont encensées ou fortement critiquées ; bref, elles ne laissent personne indifférent. C'est le cas de ces souliers qui ont (de nouveau) fait le buzz ces dernières années. Apparus en 1989, les jeunes de la Gen Z s'en sont finalement emparés, contribuant à les populariser auprès d'une génération qui ne les connaissait pas jadis. D'après un panel de cinq experts de la mode réunis par nos confrères du New York Times, ils font partie des "25 chaussures et sacs les plus influents des 100 dernières années."
Ces chaussures atypiques, inspirées de traditions japonaises datant du XVe siècle, sont les premières à avoir fait l'unanimité parmi les spécialistes : "C'est définitivement la chaussure la plus reconnaissable" ; "Elle est de ces chaussures qui montent la barre de ce qui est possible" ; "Elle a ouvert la voie à des créateurs comme Phoebe Philo et toutes ses chaussures au design beau-moche"... Vous l'aurez compris, les chaussures les plus influentes du siècle ne sont autre que les Tabis de la maison Margiela. Emblématiques de la griffe, cette dernière leur a même consacré un documentaire entier à la fin de l'année 2025.
Il faut dire que leur esthétique a bouleversé les codes des souliers tels qu'on les connaissait en Occident : si les chaussures traditionnelles arborent un bout carré, pointu ou rond qui rassemble tous les orteils ensemble, les souliers en question créent une démarcation visible entre le gros orteil et les quatre autres, un peu comme un pied vêtu d'une chaussette apparaîtrait dans une tong.
Une silhouette signature que Margiela déclinera sous toutes les formes possibles et imaginables. Si le premier modèle consistait en des bottines en daim ou en cuir froissé, la marque les proposera plus tard en version ballerines, baskets ou mules. Le succès du soulier grandissant avec le temps, la maison belge collaborera même avec d'autres pointures du luxe pour des itérations encore plus couture.
En 2024 et en 2025, Margiela propose ainsi une ligne entière avec le génie du soulier Christian Louboutin : les souliers de cette collaboration, hybrides à souhait, mixent les codes des deux maisons : le bout fendu du Belge et la semelle rouge du Français. Le meilleur des deux mondes.