C'est le parc d'attractions le plus écologique au monde, et on aurait jamais parié dessus
Quand on pense transition écologique, on pense rarement parc d'attractions. Pourtant, un célèbre géant du divertissement figure en tête du classement des lieux touristiques les plus "green" du monde, devant certains sites naturels.
Dans notre imaginaire collectif, parc d'attractions rime rarement avec éco-responsabilité. On pense plutôt à des montagnes russes aussi gigantesques qu'énergivores, à des millions de visiteurs qui génèrent tout autant de déchets, à des néons et de la climatisation illimités... Pourtant, contre toute logique apparente, le champion du monde de la transition écologique est un titan de l'industrie du loisir. Un mastodonte du divertissement que l'on imaginait volontiers au sommet du classement de la surconsommation, mais certainement pas en exemple de vertu climatique. Car ce complexe géant ne serait pas seulement le parc d'attractions le plus "eco-friendly" du monde : il devancerait carrément tous les autres sites touristiques de la planète, y compris les chutes du Niagara.
Une étude, menée par le comparateur d'énergie Uswitch et le spécialiste de la fréquentation touristique AECOM en 2020, a passé au crible les 27 lieux les plus visités au monde selon des critères environnementaux très précis : énergie renouvelable, recyclage des déchets, économies d'eau, réduction des émissions de CO2, transport durable, et effort de régénération de la biodiversité. Et le grand vainqueur a de quoi faire tomber nos préjugés : il s'agit de Walt Disney World Resort, en Floride, aux États-Unis. Avec un score presque parfait de 56 sur 60, le gigantesque parc américain – aussi grand que la ville de Paris ! – surpasse tous ses concurrents. Une position de leader qu'il doit à la stratégie "Disney Planet Possible".
À l'heure actuelle, le parc situé à Orlando possède une ferme de 600 000 panneaux photovoltaïques, d'une capacité totale de 212 mégawatts. Sur une journée ensoleillée – loin d'être rare en Floride, surnommée le "Sunshine State" – ces installations sont capables de "couvrir jusqu'à 100 % des besoins en électricité diurnes du complexe", selon un récent rapport d'avril 2026. Disney World agit aussi du côté de la gestion de l'eau, avec 80 % de l'eau utilisée pour l'irrigation de ses espaces verts qui est recyclée et retraitée. Le parc possède, via une filiale, sa propre usine de traitement des eaux usées et de valorisation des déchets. Au total, l'eau recyclée couvre 30 % des besoins globaux du complexe.
Mais ce qui pèse le plus dans la balance, c'est surtout l'action de Disney pour la préservation de la biodiversité. Depuis sa création en 1995, le Disney Conservation Fund a réinvesti plus de 140 millions de dollars pour financer des ONG écologiques à travers le monde. En Floride, l'entreprise a aussi racheté plusieurs milliers d'hectares de nature sauvage, qui sont devenus la réserve naturelle Disney Wilderness Preserve.
Deux des parcs Disney se classent dans le Top 5 mondial des sites touristiques les plus écologiques (celui de Floride donc, et celui de Hong Kong), ainsi qu'un autre qui arrive à la 7ème position : notre Disneyland Paris. Aujourd'hui, Disney indique que 48 % de l'électricité qu'il utilise à l'échelle mondiale provient d'énergie décarbonée ou renouvelable. Entre 2012 et 2020, le géant américain a réussi l'exploit de diviser par deux ses émissions nettes de gaz à effet de serre. Loin de s'arrêter en si bon chemin, la firme a durci ses règles de calcul pour s'aligner sur les exigences de l'Accord de Paris. Depuis 2019, Disney a encore diminué ses émissions de 36 % supplémentaires, avec l'intention d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2030. Un objectif ambitieux, mais qui concerne avant tout ses émissions directes (énergie, exploitation des sites) et non l'ensemble de sa chaîne de valeur, dont les déplacements des millions de visiteurs reste de loin le poste le plus lourd.
C'est là qu'il est essentiel de nuancer ce classement "vert" : les entreprises comme Disney font surtout de l'écologie "corrective", qui sert à compenser leur impact environnemental indéniablement surdimensionné. De par leur taille et leurs moyens financiers, ces énormes pollueurs peuvent plus facilement déployer des mesures pour "réparer" leurs erreurs initiales et donc se positionner en champions de la transition écologique.
À l'inverse, d'autres parcs d'attractions sont pensés sous un prisme éco-responsable dès leur construction, comme c'est le cas de GreenWood Family Park au Pays de Galles par exemple. C'est l'un des rares parcs au monde alimenté à 100 % par des énergies renouvelables, et où l'on retrouve les premières montagnes russes à "propulsion humaine" : c'est le poids des visiteurs, installés dans une cabine descendante, qui tire le train du grand huit vers le sommet. En France, on peut notamment citer les efforts du parc Nigloland, le premier à obtenir le label "Divertissement durable". Depuis, d'autres parcs français l'ont aussi reçu, parmi lesquels le Parc Astérix, Walibi Rhône-Alpes, Festyland, Vulcania ou encore le Puy du Fou, par ailleurs le seul à avoir la certification "Green Globe" sur notre territoire. D'autres complexes de loisir s'engagent de plus en plus en faveur de l'environnement dans leurs actions internes, comme c'est le cas du Futuroscope, d'Efteling aux Pays-Bas ou encore de PortAventura World en Espagne. Preuve que le divertissement de demain ne se mesurera plus seulement à la hauteur des loopings, mais à la légèreté de l'empreinte carbone.