Interrogés en prison, des cambrioleurs révèlent les 3 choses qui les font vraiment fuir
Pour comprendre ce qui dissuade le plus les cambrioleurs, quoi de mieux que de les questionner directement ? C'est ce qu'ont fait des chercheurs en criminologie, auprès de centaines de voleurs incarcérés.
Face au risque de cambriolage, les Français cherchent tous les moyens pour protéger leurs habitations : car ce n'est pas seulement des biens matériels qui disparaissent, c'est tout le sentiment de sécurité que l'on ressent dans sa maison qui s'envole en quelques minutes. Et pour savoir ce qui dissuade vraiment les voleurs, quoi de mieux que la parole des principaux concernés ?
En 2012, des chercheurs en criminologie de l'Université de Caroline du Nord, aux États-Unis, ont mené une enquête auprès de véritables cambrioleurs pour déterminer les critères qui les faisaient abandonner une cible. 422 d'entre eux, hommes et femmes choisis aléatoirement dans trois États du pays, ont été interrogés depuis leur cellule de prison, où ils purgeaient des peines pour violation de domicile.
Déjà, l'étude met à mal une idée reçue bien ancrée : en réalité, très peu de cambrioleurs font du repérage avant d'agir. "Un peu moins d'un tiers des auteurs d'infractions ont déclaré avoir recueilli des informations sur une cible potentielle avant de tenter un cambriolage, ce qui suggère que la plupart des cambrioleurs sont, dans une certaine mesure, impulsifs", notent les chercheurs. En revanche, devant le fait accompli, certains critères sont de véritables forces dissuasives qui les poussent à renoncer.
D'abord, "la proximité d'autres personnes", qu'il s'agisse de circulation routière, de piétons, de voisins immédiats, ou de personnes présentes dans la maison, ou bien sûr de policiers patrouillant aux alentours. C'est le principal frein pour les cambrioleurs. Autre critère d'exclusion majeur lors du choix de leur cible : "l'absence d'issues de secours" pour fuir rapidement après les faits, ou s'ils ont été repérés. Et enfin, "les indicateurs de sécurité renforcée" jouent un rôle essentiel. Cela passe autant par des panneaux d'alarme que les alarmes elles-mêmes, mais aussi la présence d'un chien de surveillance, de caméras extérieures ou n'importe quel autre dispositif de surveillance visible. 83 % des cambrioleurs tentent de vérifier la présence d'une alarme ou de caméras avant même d'essayer de s'introduire dans une propriété, et 60 % indiquent que cela les inciterait à chercher une autre cible.
Là encore, une idée reçue s'effondre : "les alarmes sont considérées comme un moyen de dissuasion plus efficace que les chiens", d'après l'étude. En réalité, à peine un tiers des détenus interrogés ont déclaré que la présence d'un chien les inciterait à changer de cible, qu'il s'agisse d'un chien de garde ou non. Quant au panneau "attention au chien" que beaucoup choisissent d'apposer sur le portail ou à l'entrée de la maison en guise d'avertissement, c'est particulièrement inutile : 76 % des cambrioleurs, soit les trois quarts, n'y prêtent aucune attention.
Pour protéger son foyer pendant les vacances, rien de mieux donc qu'une alarme ou une caméra, bien visibles de l'extérieur. Mais surtout, pas la peine d'investir dans des serrures sophistiquées : seulement un cambrioleur sur huit prend le temps de la crocheter, la plupart passant simplement par une fenêtre mal fermée. Enfin, l'une des astuces les moins chères consiste à installer du gravier autour de vos points d'entrée. C'est une recommandation officielle et très efficace de la Gendarmerie nationale française, qui détruit l'atout principal du cambrioleur : le silence. Le crissement des pas sur les cailloux agit comme un signal d'alarme naturel et dissuade immédiatement les intrus qui craignent d'éveiller les soupçons du voisinage.