"570 euros pour 10 minutes de trajet" : attention à ces faux taxis qui piègent les clients
Alors que vous pensez régler une somme dérisoire à la fin de votre trajet, un geste invisible du chauffeur peut transformer votre course de taxi en gouffre financier. Un piège qui cible actuellement les touristes à Paris et à l'étranger.
Imaginez : vous êtes en vacances à Paris, vous sortez de l'aéroport ou de la gare, ou d'un monument touristique que vous rêviez de visiter. Vous montez dans un taxi, direction votre hôtel, situé à seulement 12 minutes de là. Le trajet se passe sans accroc et à l'arrivée, le compteur affiche une somme tout à fait banale de 9 euros. Vous sortez votre carte bancaire pour régler la course, mais en consultant votre relevé de compte quelques jours plus tard, c'est la douche froide : vous n'avez pas payé 9 euros, mais plusieurs centaines, voire des milliers d'euros. Une mésaventure effrayante qui n'a rien d'un cas isolé.
C'est ce qui est arrivé à Anna, touriste britannique venue découvrir la capitale française pour ses vacances. "Le compteur affichait 9,70 euros [...] et à mon retour à l'hôtel, j'ai constaté qu'il m'avait facturé 570 euros", raconte-t-elle dans les colonnes du Guardian. Et malheureusement, elle n'est pas la seule à n'avoir rien vu. Ce fléau a récemment donné lieu au démantèlement d'un réseau de taxis clandestins à Paris. Preuve que le piège est massif et cible particulièrement les vacanciers, ce sont près de 80 voyageurs qui ont porté plainte, pour un préjudice total de près de 700 000 euros, en l'espace d'un an.
Mais comment ces faux taxis s'y prennent-ils ? En réalité, tout se passe au moment du paiement. "Le chauffeur m'a demandé de descendre du taxi et de payer par carte à travers la vitre, car la connexion internet était mauvaise. Pendant que je payais, il a discrètement modifié le montant affiché", explique la touriste anglaise. Et c'est exactement ce mode opératoire qui a permis aux chauffeurs arrêtés à Paris d'escroquer leurs victimes. Auprès du Parisien, certaines racontent avoir été débitées de 2 500 euros au lieu de 38,50 euros convenus avec le taxi, ou encore de 1 900 euros au lieu de 19 euros. Une simple virgule déplacée, et c'est toutes les vacances qui virent au cauchemar.
Le pire ? Leurs banques refusent de les rembourser. La carte bleue n'ayant pas été volée, la banque considère qu'il y a eu consentement de la part du client. "J'ai immédiatement déposé une plainte pour fraude auprès de ma banque, qui a rejeté ma réclamation faute de preuve du prix convenu", déplore de son côté Anna.
Bien sûr, cette arnaque ne se limite pas à la capitale française. Sur les forums de voyage, de nombreux signalements font état de techniques similaires dans les taxis de Lisbonne par exemple, où les chauffeurs modifient le montant affiché directement depuis leur smartphone, connecté en Bluetooth au TPE. Même hors des taxis, cette méthode est très répandue : selon le Guardian, les vendeurs à la sauvette sur les plages brésiliennes prétextent parfois un reflet du soleil ou une absence de papier dans la machine pour ajouter quelques zéros à la dernière seconde.
Si cette escroquerie est si redoutable à travers le monde, c'est parce qu'elle joue sur l'essor du paiement sans contact : la transaction s'effectue en un éclair, sans qu'on ait besoin de taper son code PIN, et donc d'être face au TPE. Vous l'aurez compris, pour se prémunir de cette arnaque, il n'y a pas 36 solutions : la seule chose à faire est de ne jamais lâcher le terminal de paiement des yeux. Aussi, passez uniquement par des taxis officiels ou des applications de VTC, qui facilitent déjà un peu plus les recours en cas de fraude.