Des milliers de mères ignorent que la CAF peut cotiser pour leur retraite pendant qu'elles élèvent leurs enfants
Pendant que certains pensent déjà aux vacances d'été, beaucoup de mères réduisent leur activité professionnelle pour gérer les enfants sans savoir que, dans certains cas, la CAF peut continuer à cotiser pour leur retraite.
En France, les interruptions de carrière restent très majoritairement une affaire de femmes. Temps partiel après une naissance, congé parental, arrêt temporaire pour gérer un enfant malade ou handicapé : ces périodes-là laissent souvent des traces sur la pension future. Les chiffres de la Drees le montrent encore aujourd'hui : les femmes touchent des retraites bien plus faibles que les hommes. Et ce n'est pas seulement une histoire de salaire. C'est aussi une accumulation de petites pauses professionnelles qui finissent par coûter cher au moment du départ.
Le problème, c'est que beaucoup pensent encore qu'une retraite se construit uniquement quand on travaille. Donc quand l'activité ralentit ou s'arrête quelques années, la panique commence doucement à pointer le bout de son nez. Certaines mères découvrent même très tard qu'elles auraient pu continuer à valider des droits pendant toute cette période. Pourtant, les informations existent bel et bien sur les sites officiels. La CAF explique notamment que certains parents peuvent continuer à bénéficier de droits à la retraite même en réduisant fortement leur activité pour élever un enfant grâce à son aide baptisée l'Assurance vieillesse du parent au foyer, l'AVPF.

Sur son site, l'organisme précise que ce mécanisme "garantit une continuité dans la constitution des droits à la retraite des personnes cessant ou réduisant leur activité professionnelle pour s'occuper d'un enfant". Le plus surprenant, c'est que beaucoup de parents concernés ignorent totalement qu'ils bénéficient déjà du dispositif. Parce que l'affiliation peut être automatique. La CAF l'écrit clairement sur sa foire aux questions : "Vous n'avez aucune démarche à faire si vous remplissez toutes les conditions. La Caf vous inscrit automatiquement et cotise pour vous à l'assurance vieillesse." Résultat, certains découvrent des années plus tard que des trimestres ont bien été validés pendant leur congé parental.
À noter que l'AVPF dépend notamment des ressources du foyer et des aides perçues. Elle peut par exemple être accordée à un parent qui touche la PreParE après une naissance et qui a réduit ou arrêté son activité professionnelle. D'autres familles peuvent aussi y avoir droit via le complément familial, une aide réservée aux parents d'au moins trois enfants. Dans ce cas, les revenus du foyer ne doivent pas dépasser certains plafonds fixés par la CAF. En 2026, un couple avec trois enfants et un seul salaire ne doit par exemple pas gagner plus de 44 735 euros par an. Le plafond monte à 54 724 euros pour un couple dans lequel les deux parents travaillent ou pour une famille monoparentale avec trois enfants. Ces montants augmentent ensuite pour chaque enfant supplémentaire.
Le dispositif peut également concerner des parents qui s'occupent d'un enfant en situation de handicap ou gravement malade. Le fait de percevoir certaines aides, comme l'allocation journalière de présence parentale (AJPP) ou l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH), peut permettre de continuer à valider des droits à la retraite, même sans exercer d'activité professionnelle. C'est justement ce mélange de critères qui explique pourquoi autant de personnes passent à côté du dispositif.
La CAF conseille malgré tout de vérifier régulièrement sa situation sur le site de l'Assurance retraite, afin d'éviter les oublis ou les erreurs. Si vous constatez effectivement une erreur ou un élément manquant, il est possible de demander une régularisation en fournissant plusieurs justificatifs, comme les attestations de versement des prestations familiales ou les périodes de congé parental.