Plus de 98% de son salaire : c'est dans ce pays qu'on gagne le plus à la retraite
Pour beaucoup, départ à la retraite rime avec baisse du niveau de vie, car les pensions versées ne sont jamais équivalentes aux salaires perçus pendant la carrière. Mais dans ce pays européen, les seniors continuent de gagner presque autant que lorsqu'ils travaillaient.
La retraite est source de soulagement pour certains, mais aussi d'angoisse pour d'autres. Va-t-on s'ennuyer ? Va-t-on s'isoler ? Va-t-on pouvoir garder son niveau de vie ? Outre les débats qui animent l'espace public autour de l'âge de départ ou des cotisations salariales, la question du montant de la pension est l'une des plus préoccupantes pour les Français. Surtout quand on sait que 60 % des retraités touchent moins qu'un SMIC, selon les chiffres de la Drees en 2024.
En réalité, raisonner en terme de montant n'a pas beaucoup de sens : c'est l'écart par rapport aux revenus qu'on percevait pendant la vie active qui compte le plus. Et surtout quand on compare aux différents pays, où les niveaux de vie sont très disparates. Ainsi, en France, on gagne en moyenne un peu moins de 72 % de son salaire net. Mais d'autres pays nous dépassent largement. Sur les 38 États membres de l'OCDE, nous ne sommes que 13e au classement des meilleurs taux de remplacement des pensions, chiffre qui témoigne de "la manière dont un système de retraite assure un revenu aux retraités en remplacement de leur salaire". Pour comparer équitablement les pays, malgré des fonctionnements radicalement différents, l'OCDE additionne tout ce que touche obligatoirement un retraité. Cela prend en compte aussi bien les pensions versées directement par l'État, comme en France par exemple, que l'argent mis de côté par les entreprises pour leurs salariés, comme aux Pays-Bas.
En réalité, c'est au Portugal que l'on touche le plus par rapport à ce que l'on gagnait avant de s'arrêter. Les retraités continuent ainsi de percevoir pas moins de 98,8 % de leur salaire ! Bien sûr, les travailleurs portugais sont sensiblement moins bien rémunérés que les Français, mais ce taux permet de maintenir un pouvoir d'achat quasiment inchangé après le départ à la retraite. Autrement dit, le pourcentage est gigantesque, mais la somme finale en euros n'est pas forcément supérieure à une pension française.
Le même constat s'applique en Turquie (avec une légère disparité entre les hommes et les femmes) et aux Pays-Bas, où les retraités gagnent un peu plus de 93 % de leur salaire. La Grèce, l'Autriche, le Luxembourg, l'Espagne, l'Italie, la Hongrie, le Danemark, la Colombie ou encore la Slovaquie offrent aussi des pensions proportionnellement plus élevées qu'en France, avec des taux de remplacement allant de 90 à 72,5 %.
À l'inverse, parmi les pays de l'OCDE, c'est la Lituanie qui propose la pire rémunération à ses seniors, avec seulement 28,9 % de leur salaire d'origine maintenu à la retraite. Chez nos voisins directs comme la Belgique, l'Allemagne ou le Royaume-Uni par exemple, la situation est également un peu moins favorable avec respectivement 60,9 %, 55,3 % et 54,4 %. Idem aux États-Unis, où le régime de retraite est foncièrement différent du nôtre et repose en majeure partie sur la capitalisation individuelle : la pension versée par l'État ne couvre en moyenne que 50,5 % des revenus salariaux, ce qui oblige les travailleurs à mettre de l'argent de côté tout au long de leur carrière pour s'assurer un niveau de vie convenable.
En fin de compte, ce panorama mondial montre qu'un taux de remplacement élevé reste le meilleur bouclier pour aborder la retraite sans perdre son niveau de vie. Si le score presque parfait du Portugal fait rêver, la France s'en sort tout de même honorablement, au-dessus de la moyenne de l'OCDE (61 %) ou de l'Union Européenne (67,8 %). Toutefois, même dans notre pays, le montant des pensions diffère d'un département à l'autre.